Le Blog de RichesHeures.net

samedi, 17 janvier 2015

Le pont Séjourné et le chemin de fer

Le XIXe siècle est celui du chemin de fer et c’est l’un des thèmes de notre nouveau DVD, « Le temps de la Révolution Industrielle ». Le pont Séjourné, dont nous proposons une maquette, est bâti dans les années 1900.

Ce viaduc représente un investissement considérable pour une ligne qui ne dessert finalement qu’un peu plus de 10 000 habitants. Il est le parfait symbole du triomphe de ce mode de transport qui bouleverse le monde de cette époque. Long de 236 mètres, il surplombe la rivière qu’il franchit de 65 mètres. Il est construit en pierre selon des méthodes traditionnelles. Sa grande originalité réside dans l’arche inférieure qui porte une des piles de l’arcade supérieure. Cette arche est réalisée en ogive pour mieux résister à la charge importante qu’elle supporte. C’est un motif rare dans les ponts du XIXe siècle qui préfèrent l’arc en plein cintre.

En France l’histoire du chemin de fer commence en 1827 à St Etienne avec l’inauguration de la première ligne continentale. La Grande Bretagne est alors légèrement en avance. 

La création des premiers chemins de fer a suscité de nombreuses réactions qu’on juge aujourd’hui ridicule. Ainsi le train aurait gâté le lait des vaches regardant trop passer les convois, les voyageurs seraient morts étouffés dans les tunnels ou écrasés par les accélérations… Certaines villes vont même refuser d’accueillir une gare avant de raviser tardivement. En vérité beaucoup s’inquiètent de la concurrence supplémentaire qu’amène le chemin de fer. Ce n’est pas sans rappeler les manifestations contre différentes innovations que nous connaissons actuellement.

C’est donc à partir des années 1840 que l’on commence à construire massivement un réseau qui va finir par couvrir tout le pays en 1870. Les lignes et surtout les ponts marquent fortement le paysage. On n’a pas vu pareil travaux d’infrastructure depuis les aqueducs romains. 

Toutefois il ne s’agit là que des grands axes et le réseau est densifié progressivement jusqu’à la fin du siècle. Le plan Freycinet, établi en 1879, vise à donner un accès ferroviaire à toutes les communes de France.
A partir de 1900 on entreprend la construction massive d’axes secondaires pour desservir les communautés les plus isolées. La ligne de Cerdagne ou du Train Jaune fait partie de cette génération de train à voie étroite. Elle est très semblable techniquement avec la ligne de la vallée de Chamonix. Toutes deux utilisent la traction électrique avec prise de courant sur un 3ème rail latéral issue de la technologie des métros parisiens. Elle permet de gravir sans crémaillère des pentes jusqu’à 8% (6% maxi sur la ligne de Cerdagne).

De nouvelles lignes sont construites jusque dans les années 1930 alors même que la concurrence de l’automobile se fait de plus en plus vive. Finalement la crise de 29 a raison des avatars du plan Freycinet et des lignes sont abandonnées en plein chantier. 

Le viaduc d’Urbès, situé sur la ligne Mulhouse / Epinal abandonnée en 1935, se dresse ainsi toujours isolé et inutile au milieu du paysage. Les talus en terre encadrant l’ouvrage n’ont pas été réalisés. On remarque d’ailleurs que sous un habillage de pierre, le pont est en béton armé.

C’est aussi à cette époque qu’une loi est votée pour freiner la concurrence des autocars qui aurait été immédiatement mortelle pour les petites lignes. C’est cette réglementation dans années 1930 que l’actuelle loi Macron doit abolir. La guerre 39-45 donne un répit au chemin de fer mais les lignes secondaires commencent à fermer massivement dans les années 1960. Le train s’avère trop rigide, trop cher et trop lent. La ligne du Train Jaune ne doit sa survie qu’à son intérêt touristique.

jeudi, 6 novembre 2014

DVD « Le temps de la révolution industrielle », le Great Eastern

Le DVD « Le temps de la révolution industrielle » sera disponible au début de l’année prochaine. En attendant voici un aperçu de la plus complexe des modélisations 3D, le Great Eastern.

Ce navire est à son lancement, en 1858, de loin le plus grand du monde. Il le reste jusqu’à son démantèlement en 1889 et n’est surpassé qu’au début du XXe siècle.

Il est l’œuvre d’Isambard Kingdom Brunel (1806-1859), célèbre ingénieur anglais. Brunel s’est fait une réputation dans les projets à la pointe des techniques d’alors. Ponts, tunnels, navires à vapeur, trains, toutes ses créations ont deux caractéristiques communes, le gigantisme et l’exploit technique.

Le Great Eastern est sa dernière œuvre, celle qui doit couronner sa carrière. Ce navire de 211 mètres de long est conçu pour relier l’Australie et revenir sans avoir à faire le plein de charbon. Conçu dans les années 1850, il présente de nombreuses innovations comme sa double coque qui le sauve d’une avarie pire que celle du Titanic.

Sa construction et son exploitation ont été pourtant une longue série d’épreuves et de malchances qui ont conduit à la faillite la plupart de ses exploitants. Le navire intimide la clientèle et la plupart des voyages commerciaux se font presque à vide. Brunel lui-même en sort ruiné et épuisé. Il meurt peu après son lancement.

La modélisation de cet énorme navire a été un travail de longue haleine. Les documents sont assez nombreux même si les différents plans disponibles sont plus ou moins fidèles. Ce qui surprend, c’est la place considérable qu’occupent les chaudières, les moteurs et les cales à charbon : un bon tiers du volume de la coque ! La machinerie des roues à aubes est gigantesque et jamais plus un navire n’accueillera un moteur aussi volumineux. L’extérieur ne comporte presqu’aucun décor. Les salons passagers sont au contraire somptueux, dans le style victorien assez chargé de l’époque.

dimanche, 9 mars 2014

Google maitre du monde (en 3D)

Google est à la pointe du progrès, ce n’est pas une surprise. Les plus curieux auront sans doute remarqué une nouvelle fonctionnalité de Google Earth. En activant la fonction « Bâtiments 3D » on fait apparaitre des représentations 3D de différents bâtiments.

Jusqu’ici ces modèles numériques, réalisés « à la main » et le plus souvent bénévolement, étaient grossiers. Depuis quelques mois une nouvelle technique est utilisée. Grâce à des caméras aéroportées, les modèles 3D sont générés automatiquement pour des villes entières. Le niveau de détail est en dessous du mètre ce qui permet d’avoir des représentations fidèles, pourvu que l’on ne s’approche pas trop. L’utilisation de photos pour les textures donne un grand réalisme à ces immenses modèles 3D.

Voici des captures d’écrans de Notre Dame de Paris, du Palais de Papes d’Avignon ou du château de Crussol. A l’étranger on peut aussi découvrir Rome ou New York. Ces vues permettent d’appréhender bien mieux un lieu. L’enchevêtrement des ruines Antiques à Rome devient ainsi bien plus compréhensible.

Des applications pour smartphones sont en préparations. On pourra dans un avenir proche reconstituer en 3D sa maison, ou n’importe quel objet, en baladant la caméra de son téléphone.
Voir un exemple ici : http://www.actinnovation.com/

Dans un avenir plus lointain l’ensemble de la planète pourra être reconstitué en 3D avec un niveau de détail très élevé.

Bien entendu ces techniques ne permettent pas la reconstitution de bâtiments disparus.

jeudi, 6 mars 2014

810ème anniversaire de la prise de Château Gaillard

Il y a maintenant 810 ans, jour pour jour, la place forte Plantagenet de Château Gaillard est prise par les forces du roi Philippe Auguste.

Pour verrouiller le cours de la Seine et couper aux troupes françaises les accès vers la ville de Rouen, le roi d'Angleterre et duc de Normandie Richard Cœur de Lion fait construire à partir de 1196 un énorme complexe fortifié aux Andelys (Eure) dominé par le célèbre et redoutable Château-Gaillard. La perte de la citadelle met un terme à l’ascension de la puissance dynastie angevine des Plantagenets qui règne alors sur la moitié de la France et sur l’Angleterre. C’est le triomphe des Capétiens.


A voir :
- L’histoire du château
- L’histoire du siège (DVD)
- La visite 3D du château

dimanche, 16 février 2014

DVD « Le temps de la révolution industrielle »

Qu’est ce qui caractérise le mieux notre époque ? C’est la question que nous nous sommes posée pour notre nouveau DVD. La réponse est facile à trouver : le machinisme et toutes les nouvelles techniques qui sont liées.

Après un démarrage discret au XVIIe siècle, une lente montée en puissance au Siècle des Lumières, les techniques nouvelles s’imposent au XIXe. Les réalisations de cette époque changent radicalement les sociétés humaines. Quant au XXe siècle, il marque la disparition des derniers vestiges des sociétés préindustrielles. On imagine parfois mal l’émerveillement mais aussi le choc voire la peur qu’ont ressentis les gens qui ont vécu l’apparition de choses qui nous semblent aujourd’hui tellement banales.

L’architecture dite « moderne », datant des années 1920 en fait, illustre parfaitement la volonté de faire place nette de l’héritage historique. La villa Savoye, du célèbre architecte le Corbusier, se veut vierge de toutes références passées tout en utilisant au maximum les nouvelles possibilités du béton armé. Hélas les toits-terrasses de la villa, une technique alors encore mal maitrisée, souffrirent de problèmes récurrents d’infiltrations.

Le risque est toujours présent en innovation. C’est le cas des dirigeables, qui est dans les années 1920 semble une solution apparemment plus satisfaisante que l’aviation pour le voyage aérien. Le dirigeable anglais R100 est à son époque le plus grand et le plus confortable « skyship », littéralement vaisseau du ciel. Long de 219 mètres, large de 40, il peut emporter 100 passagers avec 37 hommes d’équipages. Sa cabine comporte 4 ponts qui totalisent 570 m2 de surface habitable soit plus que l’avion géant A380. En juillet 1930, il quitte l’Angleterre pour le Canada pour son voyage inaugural…

Pour suivre la sortie du DVD, s’inscrire à la lettre d’information.

dimanche, 23 septembre 2012

Aristote chevauché par la courtisane Phyllis – Cloître de l'abbaye de Cadouin (Dordogne)

Quatrième énigme du patrimoine : Richesheures vous propose régulièrement de répondre à diverses questions liées à l'histoire et au patrimoine. Faites fonctionner vos méninges et puisez dans vos connaissances. Consultez vos ouvrages, dictionnaires et accessoirement moteurs de recherche... N'hésitez-pas à partager avec vos amis sur les réseaux sociaux : cela contribue à améliorer notre référencement !

Que voilà une bien étrange manière de traiter un brave homme. Mais au fait :

1/ Qui sont les deux personnages représentés ?
2/ De quel texte s'inspire cette scène étonnante ?
3/ Où peut-on admirer cette splendide œuvre d'art ?

Toutes les réponses le week-end prochain.

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Voici les solutions à cette énigme. L'une des questions n'a cependant pas reçu de réponse :

1/ Qui sont les deux personnages représentés ?

Il s'agit d'Aristote et de la courtisane Phyllis (parfois aussi nommée Campaste ou Pancaste).

2/ De quel texte s'inspire cette scène étonnante ?

Du Lai d'Aristote, attribué au poète normand Henri d'Andeli au XIIIe siècle. En deux mots, Aristote, précepteur d'Alexandre, conseille à son pupille de se débarrasser de sa maîtresse parce qu'il délaisse trop les affaire de l'État à cause d'elle. La belle ne l'entend pas de cette oreille et, pour se venger, séduit le vieux philosophe. Dans l'espoir d'obtenir ses faveurs, Aristote accepte de se transformer en monture : «La damoiselle fait monter / Sor son dos, et puis si la porte. La damoiselle se deporte / En lui chevauchier et deduit / Parmi le vergier le conduit ». Il s'agit donc là d'une allégorie de l'homme sage gouverné par ses pulsions.

3/ Où peut-on admirer cette splendide œuvre d'art ?

Dans le cloître de l'abbaye de Cadouin (Dordogne)

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