L’armistice devant mettre un terme à la première guerre Mondiale, fut signé en forêt de Compiègne, dans le wagon-bureau du maréchal Foch, le 11 novembre 1918. Afin de laver ce qu’il considère comme une humiliation infligée à l’Allemagne, Hitler exige de signer l’armistice avec la France au même endroit et dans le même wagon.
On a pour cela ressorti la voiture ferroviaire N°2413 de la Compagnie Internationale des Wagons-lits et des Grands Express Européens, du musée qui l’abritait depuis 1927 et on l’a installée à l’emplacement exact qu’elle occupait dans la nuit du 10 au 11 novembre 1918. Les plénipotentiaires français ne seront pas en mesure de redire quoi que ce soit devant l’affront. Tenter (vainement) d’adoucir les terribles conditions imposées par le Führer, suffira largement à leur peine. La France a les deux genoux à terre : « Vae Victis » (« Malheur au vaincu »).
Le prix de la défaite :
Le 21 juin 1940, Hitler arrive dans la clairière de Rethondes, notamment entouré d’Herman Goering, de Rudolf Hess, de Joachim von Ribbentropp et du général Keitel. C’est à ce dernier que reviendra le privilège de mener l’affaire. Hitler passe ses troupes en revues en multipliant les saluts. Il s’arrête devant la dalle commémorative et se fait traduire par Ribbentrop l’inscription géante : « Ici, le 11 novembre 1918, succomba le criminel orgueil de l’empire allemand vaincu par les peuples libres qu’il prétendait asservir. » Un peu plus loin, le monument érigé en mémoire des libérateurs de l’Alsace-Lorraine a été recouvert d’un drapeau nazi, que le vent tente timidement de soulever.
Hitler grimpe dans le wagon et prend place autour de la table. La délégation française emmenée par le général Huntzinger arrive et s‘installe à son tour. Huntzinger fait face à Hitler. A 15h30 Keitel se lève et lit les conditions d’Armistice. Les discussions vont durer presque toute la journée du 22. Huntzinger est en contact permanent avec le général Weygand, ministre de la défense réfugié à Bordeaux avec le gouvernement. En fin d’après-midi, Huntzinger reçoit l’autorisation de signer. A 18h50, « Ite missa est » (la messe est dite).
Un symbole profané :
La clairière de Rethondes fut pendant l’occupation allemande l’objet de bien des outrages. Les allées furent labourées, les monuments démontés et emportés en Allemagne, de même que le wagon. L’abri musée fut rasé. Seule la statue de Foch échappa au carnage. Le wagon avait une valeur symbolique trop forte pour les Nazis. Ils l’exposèrent comme un trophée à Berlin, puis le remisèrent dans une gare de triage et tentèrent enfin de le dissimuler dans un village du centre du pays. A l’approche des troupes américaines, un groupe de soldats allemands obéit aux ordres et mit le feu à la relique.
Dès le 11 novembre 1944, les autorités françaises organisèrent la première commémoration de la Victoire de 1918 depuis cinq ans. On recueillit la flamme sacrée sous l’arc de Triomphe et des relayeurs portèrent le flambeau jusqu’à la forêt de Compiègne, « pour purifier, ce lieu où l’Allemagne avait cru prendre sa revanche. » Des brasiers illuminèrent la nuit, pour la cérémonie d’exaltation patriotique d’un peuple trop longtemps humilié.
Les pièces des différents monuments furent découvertes en Allemagne et rapatriées. On reconstruisit un abri-musée dans lequel on plaça un wagon identique à l’original, fabriqué dans la même série, en 1913. Il fut meublé avec le mobilier authentique, caché entre 1940 et 1944. Le 11 novembre 1950, la clairière avait entièrement été remise en état.
Vidéos de l'INA :
Vidéo 1 :
La débâcle de l’année 1940, avec le tragique armistice de la forêt de Compiègne. La première partie de la vidéo n’a pas de bande son, mais les images parlent d’elles-mêmes : montée des extrémismes, déclenchement de la guerre, mobilisation, Dunkerque, la Wehrmacht défilant au pied de l’Arc de Triomphe et sur les Champs, Croix gammée flottant au sommet de la tour Eiffel, Compiègne avec le drapeau nazi recouvrant les monuments érigés à la mémoire des combattants de 1914-1918… La seconde partie est un journal d’actualité tentant de convaincre le peuple français que son armée tient bon dans la tourmente.
Vidéo 2 :
Commémorations de l’armistice 14-18 le 11 novembre 1944. Les troupes alliées défilent sur les Champs et la flamme prélevée sur la tombe du soldat inconnu galope de Paris à Compiègne, pour une scène de « purification » patriotique (en fin de vidéo).
Stéphane Gondoin

Les ordres du lieutenant Bourguignon étaient clairs : ordre formel de tenir la position coûte que coûte. Les Allemands débutèrent l’attaque par un intense bombardement d’artillerie. Puis des unités parvinrent à se faufiler sous le feu des bunkers et à neutraliser les cloches de tir. En fin de journée, Bourguignon, entra en contact téléphonique avec ses supérieurs et exposa le caractère désespéré de la situation. Le discours ne changea guère : interdiction d’évacuer le fort ou de capituler. Partout les foyers d’incendie se multiplièrent et les fumées s’insinuèrent dans les différents espaces. Les soldats mirent leurs masques à gaz. Mais les cartouches n’avaient qu’une durée de vie limitée et bientôt elles vinrent à manquer. Un à un les hommes s’éteignirent asphyxiés. Il n’y eut aucun survivant.
Depuis plusieurs jours, les Allemands massent sur leur frontière avec les trois états du Benelux, une colossale armada de chars, de camions et de pièces d’artillerie. Pour empêcher les avions de reconnaissance ennemis de donner l’alerte, une impressionnante couverture aérienne est mise en place, composée de chasseurs Messerschmitt Bf 109 et de batteries de DCA. Le 10 mai, à 4 h30 du matin, les premiers Panzer commandés par le général Guderian pénètrent dans le grand duché du Luxembourg. C’est le signal de l’offensive. Plus au nord, d’autres attaques emportent les défenses belges et néerlandaises. Généraux français et anglais sont persuadés qu’il s’agit là de l’opération principale et font monter leurs armées stationnées dans le Nord de la France, vers les plaines du centre de la Belgique. Pendant ce temps, Guderian se faufile sur Bastogne, qu’il atteint dans la journée, puis bifurque au sud en direction de Neufchâteau et de Bouillon. Il s’empare de cette paisible petite ville dans la matinée du 12 et engage ses blindés sur les étroits chemins s’enfonçant dans la forêt de Sedan. Le plan allemand devient clair : les Ardennes, ventre mou du dispositif allié, constituent la cible.
Pour commémorer les événements de mai et juin 1940 et le 70e anniversaire des combats de La Ferté (Ardennes), des reconstitutions historiques sont organisées au fort de La Ferté. De nombreuses associations vous présenteront les uniformes et matériels de l’époque. Venez nombreux pour vous replonger dans l’atmosphère de cette année terrible.

D’abord reconnu pour ses talents de dessinateur, Jacques Androuet du Cerceau (v. 1520 – v. 1586) reçut plusieurs commandes royales. Les guerres de Religion et son refus d'abjurer sa foi protestante limitèrent malheureusement l'expression de ses talents d'architecte. Il a toutefois participé à la conception de châteaux remarquables, comme Verneuil-en-Halatte, détruit au XVIIIe siècle, ou Charleval, palais démesuré imaginé pour Charles IX, mais abandonné à peine commencé. Le sort semble s’être particulièrement acharné sur ses réalisations et même sur l’image qu’il léga à la postérité. Alors que nous possédons généralement nombre de portraits contemporains d’artistes de ce beau XVIe siècle, notre malheureux architecte n’a bénéficié que de deux hypothétiques figurations posthumes. Androuet du Cerceau reste donc pour nous un illustre inconnu dépourvu de visage.
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