Le Blog de RichesHeures.net

dimanche, 5 février 2012

Résultat du sondage HD / Blu-ray

Chers lecteurs,

Notre sondage à rencontré un succès suffisant pour être représentatif.

Voici les résultats au 5 février 2012 :

- 66,4 % possèdent une TV HD.
- 14,5% possèdent uniquement un lecteur Blu-ray + TVHD.
- 8,2% possèdent uniquement un lecteur Blu-ray PC.
- 10% possèdent un lecteur Blu-ray PC + un lecteur Blu-ray TV.
- 2,7% ont prévu de s'équiper d'ici fin 2012.
- 27,3% vont peut être s'équiper d'ici fin 2012.

Donc au total :

- 32,7% peuvent lire un Blu-ray maintenant.
- 35,4% pourront lire un Blu-ray certainement d'ici fin 2012.
- 62,7% pourront peut être lire un Blu-ray d'ici fin 2012.

Conclusion :

Les deux tiers d'entre vous sont déjà équipés d'une TV HD, c'est déjà significatif car c'est l'équipement le plus coûteux.
Un tiers peut lire dès maintenant un disque Blu-ray (sur PC ou sur TV) et d'ici fin 2012 ce total montera peut être à deux tiers. On est donc sur la bonne voie.
Par contre le nombre de lecteurs Blu-ray sur PC reste faible.

Merci, chers lecteurs, d'avoir répondu à notre sondage.

Note : nos DVD actuels resteront des DVD et ne passeront pas en HD. Ce seront nos nouvelles productions qui seront en HD.

samedi, 4 février 2012

La France des plans-reliefs

Jusqu'au 17 février prochain, le Grand Palais propose une exposition temporaire de quelques-uns des plus beaux plans relief.

Habituellement conservées au musée des plans-reliefs, situé dans une aile de l'Hôtel des Invalides,  seize des plus belles maquettes sont actuellement présentées sous la nef du Grand Palais. Initialement conçus à des fins militaires, les plus anciens de ces plans reliefs remontent à l'année 1668, et donc au règne de Louis XIV. Les plus récents remontent à 1873, à l'aube de la IIIe République. C'est donc une photographie 3D de deux siècles d'histoire de France, que nous offrent l’Association de préfiguration de la Maison de l’histoire de France, la Réunion des musées nationaux – Grand Palais et le musée des Plans-Reliefs.

Les sites présentés sont : Montmélian (Savoie), Embrun (Hautes-Alpes), Briançon (Hautes-Alpes), Montdauphin (Hautes-Alpes), Grenoble (Isère), Fort Barraux (Isère), Exilles (Italie), Fenestrelles (Italie), Besançon (Doubs), Neuf-Brisach (Haut-Rhin), Strasbourg (Bas-Rhin), Luxembourg, Berg-op-Zoom (Pays-Bas), Saint-Omer (Pas-de-Calais), Cherbourg (Manche), Brest (Finistère).

Pour en savoir plus : http://www.rmn.fr/la-france-en-relief/

dimanche, 22 janvier 2012

Claude des Armoises, ou le mystère de la fausse Jeanne (2e partie)

Voici notre amie Claude de retour en la bonne ville d'Arlon. Elle y épouse le sire Robert des Armoises, ce qui ne maque pas de piquant pour une jeune femme ayant promis de conserver sa virginité jusqu'au départ des Anglais du sol de France. Le bourgeois de Paris prête au couple deux enfants. Mais pour la jeune femme, la quête de richesses passe obligatoirement par Orléans.

Dans la ville autrefois délivrée par la Pucelle, on se prend à rêver. En 1437 et 1438, les livres de comptes ne contiennent aucune dépense pour les rituelles fêtes de Jeanne d'Arc. La nouvelle s'est répandue dans toute la France : un pari sur la mort ou la vie de Jeanne entre deux habitants d'Arles, est enregistré devant notaire vers 1437.

En 1439, Claude réapparaît dans la région du Mans. Une rémission accordée par le roi Charles VII en juin 1441 à un certain Jehan de Siquenville, nous apprend que deux ans plus tôt il a remplacé à la tête de l'armée de Gilles de Rais « une appelée Jehanne, qui se disoit Pucelle ». Le sire de Rais, autrefois compagnon de Jeanne d'Arc, a depuis longtemps sombré dans la folie et multiplie les sacrifices humains en espérant obtenir le secret de la fabrication de l'or. Il sera exécuté à Nantes en octobre 1440. Piètre garant de moralité...

Orléans à nouveau

Les livres de comptes d'Orléans se montrent de nouveau bavards à l' été 1439. On y note dès le 18 (28 ?) juillet des dépenses pour « dame Jehanne des Armoises ». Elle est sur place le 28 ou le 29. On descend ferme les pintes de vin agrémentées de belles viandes. Claude ressemble à l'évidence beaucoup à Jeanne et maintient l'illusion quelques temps. Rappelons que les Orléanais n'ont connu  leur héroïne qu'une poignée de jours et que dix ans ont passé. Les corps et les visages changent. Le 1er août, Claude des Armoises reçoit 210 livres « pour le bien qu'elle a fait à la ville durant le siège. » Le soir même, alors qu'un banquet va être donné en son honneur, Claude s'est volatilisée « plus tost que ledit vin fust venu ». Le 4 septembre, du vin est encore payé pour Jehanne. Sa présence dans la ville y semble pourtant peu probable. Espère-t-on encore à Orléans ou s'agit-il d'un reliquat de créance du fournisseur ?

Démasquée

Nous retrouvons notre chère aventurière dans les « Hardiesses des grands rois et empereurs » de Pierre Sala au début du XVIe siècle. L'auteur n'est pas un témoin direct, mais il a connu un valet de Charles VII qui lui a raconté la visite d'une « Pucelle affectée, qui moult ressembloit à la première ». Le nom de Claude/Jeanne des Armoises n'est pas avancé, mais la date semble correspondre : « dix ans après » (le couronnement de Reims ou la mort de Jeanne ? Impossible de trancher). Sous la plume de Pierre, le roi se méfie et se cache parmi ses courtisans, rejouant le coup de la rencontre de Chinon. Mais il est reconnu par la jeune femme parce qu'on lui a dit qu'il portait une bottine de cuir spéciale. Charles lui réserve finalement bon accueil : « Dieu sçait le secret qui est entre vous et moy ». Alors la fausse Jeanne craque « et sur le champ confessa toutes les traysons ».

L'odyssée de Claude semble s'achever en 1440 à Paris. Selon le journal du bourgeois, elle est alors traînée « bon gré, mal gré, et fut montrée au peuple au palais sur la pierre de marbre de la grande cour. » L'affaire risque de fort mal tourner si elle ne s'explique pas. Elle devient alors intarissable, raconte que plus jeune elle avait battu sa mère et qu'elle s'était rendue pour expier à Rome. Là elle avait combattu « vêtue comme un homme, et fut comme soudoyer en la guerre du Saint Père Eugène ». Guerrière, cette Claude ! Par bien des aspects elle ressemble à Jeanne, mais elle n'est pas Jeanne. Nul n'est plus dupe dès les années 1450. Il faut attendre le XIXe siècle pour que certains reprennent au sérieux l'histoire de cette imposture.  

L'affaire de Claude des Armoises peut sembler surprenante et elle a fait fantasmer les propagateurs de mythe. Ces histoires d'usurpation d'identité sont pourtant fréquentes au XVe et même au XVIe siècle. Qu'on se souvienne, par exemple, du cas de Martin Guerre.

samedi, 7 janvier 2012

Jeanne d'Arc est-elle morte sur le bûcher de Rouen ? Claude des Armoises, ou le mystère de la fausse Jeanne (1e partie)

Le 20 mai 1436, une nommée Claude apparaît à la Grange-aux-Ormes (Moselle) au sud de la ville de Metz. Bien vite, certains reconnaissent en elle la Pucelle d'Orléans, réputée brûlée vive à Rouen cinq ans plus tôt.

Parmi les témoins qui l'identifient se trouvent Pierre et Jehan du Lis, les propres frères de Jeanne. Depuis 1431, les deux hommes courent de désillusion en désillusion. Ils pensaient sans doute que les hauts faits de leur cadette leur vaudrait la reconnaissance royale et une position sociale privilégiée. Charles VII les a cependant oubliés et ils vivent maintenant dans la gêne. Faut-il voir dans cette indigence et ce sentiment d'abandon les origines d'une mystification ? C'est très plausible. Mais en l'absence de preuves nous ne dépasserons pas le stade de l'hypothèse. Difficile de faire ce que nous reprochons à d'autres et de bâtir des théories sur du vent. Les faits, rien que les faits.

La résurrection :

Le plus ancien document évoquant le « retour » de Jeanne est la chronique d'un religieux de la ville de Metz, détenteur de la cure de Saint-Eucaire. Il existe deux versions de son texte. La première, probablement rédigée à chaud, laisse entendre qu'il n'y a aucun doute sur l'identité de la revenante : « Icelle année, le XXe jour de may, vint la Pucelle Jehanne qui avoit esté en France […] et se faisoit appeler Claude ». La seconde, sans doute  modifiée peu après, parle -déjà- d'une supercherie :  « En celle année vint une jeune fille, laquelle se disoit la Pucelle de France, et jouant tellement son personnage que plusieurs en furent abusez. » Quelques potentats locaux lui offrent armes, chevaux et vêtements. Elle part alors pour Arlon (Belgique), où elle rencontre le comte de Virnenbourg qui  l'emmène avec lui à Cologne (Allemagne). Elle apparaît sur un registre de cette ville sous le nom « Pucelle de France » à la date du 6 août.
Dans le même temps des messagers ont galopé jusqu'à Orléans pour annoncer l'incroyable nouvelle. On découvre dans les comptes de la ville à la date du 9 août 1436, la somme de 48 sols « pour bailler à Fleur-de-lilz […] pour ce qu'il avoit apportées lectres à la ville de par Jehanne la Pucelle. » Le 21 août, c'est Jehan du Lis, frère de Jeanne qui passe en val de Loire. En octobre enfin, les comptes nous apprennent le retour du héraut Cœur-de-Lis, que la ville a envoyé à Arlon pour vérifier la crédibilité de l'affaire.

Drôle de luronne :

Pendant ce temps, à Cologne, Claude/Jeanne s'est singulièrement illustrée. Le « Formicarium » de Jean Nider (1437), décrit une femme dévergondée, qui fréquente les bals, les banquets et effectue des tours de magie. Elle affirme même pouvoir faire un archevêque de Trèves, comme « elle avait auparavant fait de Charles le roi des Francs. » Deux concurrents se disputent alors le prestigieux siège archiépiscopal. Dans le sillage de son ami le comte de Virnenbourg, Claude soutient le candidat proche des Bourguignons contre celui du pape. Étrange revirement... Nous avions une Jeanne armagnac, d'une bigoterie insondable et priant sans cesse... Nous voici avec une Claude bourguignonne, forte en gueule, fêtarde et un brin paillarde...
L'affaire tourne mal pour elle. Excommuniée par l'inquisiteur local, elle file discrètement de Cologne et regagne Arlon. 

À suivre...

Exemple de « déformation » de pièces historiques

Dans « L'affaire Jeanne d'Arc », Roger Senzig et Marcel Gay évoquent certains textes  en y décelant d'étonnantes extensions, ou en en retranchant quelques mots cruciaux. C'est par exemple le cas avec le témoignage de Jean Morel.

Voici ce qu'ils écrivent (p. 116) à propos de cette pièce : « Le témoignage de Jean Morel, un de ses trois parrains, interrogé le 28 janvier 1456 lors du procès en nullité, fait état (article VI) de « rencontres » entre Jeanne et des gentes dames à l'hermitage de Notre-Dame de Bermont, à côté de Domrémy ». Ces rencontres avec de « gentes dames » sont importantes pour justifier leur théorie.

Voici maintenant le passage du témoignage en question : « J'ai été témoin que Jeannette allait volontiers et souvent à la chapelle dite l'Hermitage de la bienheureuse Marie de Bermont, près de Domremy. Tandis que ses parents la croyaient dans les champs, à la charrue ou ailleurs, elle était là. Quand elle entendait sonner la messe et qu'elle était aux champs, elle rentrait au village et gagnait l'église pour entendre la messe. Je puis l'attester pour l'avoir vu » (Source : Joseph Fabre, « Procès de réhabilitation de Jeanne d'Arc, raconté et traduit d'après les textes latins officiels », Tome I.- Paris p. 73).

De Dames point ! « Mais ou sont les neiges d'antan ? »

Autre "erreur" de transcription

Cela ne s'arrête cependant pas là et je pourrais multiplier les exemples à l'envi. Je me contenterai donc d'un seul autre, particulièrement édifiant. Voyons ensemble le récit connu sous le nom de "Hardiesses de Pierre de Sala", évoqué largement aux pp. 254 et suiv. de l'ouvrage de MM. Gay et Senzig. Ce texte est présenté comme une pièce cruciale dans la thèse des auteurs : la survie de Jeanne au bûcher de Rouen et sa réapparition sous les traits de Claude des Armoises. Voici le texte original : "Alors miraculeusement, après avoir ouy ce seul mot, se mit à genoulz devant le roy celle faulce Pucelle, en luy criant mercy ; et sus le champ confessa toute la trayson, dont aulcuns en furent justiciez très asprement, comme en tel cas appartenoit " (Quicherat, Procès de condamnation et de réhabilitation de Jeanne d'arc, vol. IV, 1847, p. 271). Dans l'esprit de toute personne raisonnable, les regrets concernent logiquement l'usurpation d'identité.

Sous la plume de Marcel Gay, le même texte devient : "Alors, miraculeusement, après avoir entendu ce seul mot, elle se mit à genoux devant le roi en lui criant merci et sur-le-champ confesse toute la trahison dont quelques'uns furent justiciés très âprement comme en tel cas bien il appartient". Mais qu'est donc devenue la mention "celle faulce Pucelle" ? Selon M. Gay, les remords de la fausse Jeanne prennent une bien étrange forme :  elle s'en veut d'avoir attaqué Paris en 1430 en désobéissant à son roi. Mouais... "Fausse Pucelle" devient donc gênant. Qu'à cela ne tienne. Peu de gens iront vérifier aux sources, alors supprimons la mention... Bizarre, vous avez dit bizarre ? Désolé, je suis un "fondamentaliste de l'histoire officielle"...

SWG

samedi, 17 décembre 2011

600e anniversaire de la naissance de Jeanne d'Arc

Le 6 janvier 1412 est la date la plus fréquemment avancée pour fixer la naissance de la Pucelle d'Orléans. Nous préparons d'arrache-pied un dossier spécial pour commémorer l'évènement.

Depuis quelques décennies déjà, le personnage de Jeanne d'Arc n'a plus vraiment la cote dans les médias et auprès des éditeurs. Récupérée sans scrupules à des fins politiques, elle a été vouée aux gémonies et brûlée -symboliquement- une seconde fois sur l'autel de la bienséance, au nom du combat politique. C'est à croire que la volonté d'exorciser les maux de la société contemporaine, passe nécessairement par l'éradication pure et simple de certaines figures historiques... Que l'on rassure les foules cependant : Jeanne n'a jamais été encartée à aucun parti et ne s'est pas réincarnée sous le front d'un(e) autoproclamé(e) sauveur(se) national(e).
Jeanne fait tout simplement partie de l'Histoire, de notre Histoire et donc de notre patrimoine. Elle n'appartient à personne en particulier et à tous en général. Après l'avoir laissée aux mains des extrêmes, certaines figures modérées commencent à se soucier de sa postérité. Ainsi Laurent Fabius, président de la toute puissante communauté d'agglomération de Rouen, se fait-il l'avocat d'un projet intéressant : la création d'un historial qui lui sera entièrement dédié, dans la ville même où elle fut suppliciée. Voilà qui est heureux et salutaire !
Plus modestement, avec des moyens sans commune mesure, notre humble portail lui rendra hommage à sa manière, les 7 et 8 janvier prochains.

Stéphane William Gondoin

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