Le Blog de RichesHeures.net

jeudi, 4 mai 2017

Elon Musk, un nouveau Brunel ?

A la suite de notre DVD « Le temps de la Révolution Industrielle », il a paru intéressant de faire un parallèle entre deux personnages marquants de leur époque.

A cette occasion, et jusqu'au 10 juin, nous proposons un lot de deux DVD pour le prix de 19,00 €, le DVD « le temps de la Renaissance » et le DVD « le temps de la Révolution Industrielle », le dernier formant la suite logique du premier.


Tout le monde à plus ou moins entendu parler d’Elon Musk. Cet entrepreneur américain âgé de 45 ans est né en Afrique du sud avant de s’installer en Amérique du nord.
Il va d’abord faire fortune à l’époque de la bulle Internet, à la fin des années 1990. Il l’est l’un des fondateurs de Paypal, un système de paiement en ligne très commun et qu’on utilise d’ailleurs sur ce site.

Après avoir revendu Paypal, il choisit de se lancer dans l’industrie spatiale en 2002 avec Space X. Ce secteur est alors uniquement dominé par de gros groupes militaro-industriels. Développer une fusée est alors considéré comme long, difficile et couteux.
Pourtant en un peu plus d’une décennie, en partant de rien, il va rattraper ses concurrents puis les dépasser. Tout cela avec des budgets bien inférieurs.
Il est en passe de réussir une ambition abandonnée dans les années 1980 : construire des fusées récupérables qui réduisent drastiquement le prix d’un vol. Ses compétiteurs sont totalement dépassés et la nouvelle fusée Ariane 6 est déjà périmée avant même d’avoir été construite.

Musk est aussi connu pour les voitures électriques Tesla dont il a pris la direction en 2008. Comme pour Space X, Musk dispose de ses propres usines. Il sous traite très peu, à la différence des autres constructeurs. Au lieu de proposer des véhicules sans charmes, Tesla vise le haut de gamme et vent bien plus que ses concurrents.
Toutefois cette entreprise, malgré une capitalisation boursière considérable et sans rapport avec sa production, ne gagne pas d’argent. Les voitures électriques restent toujours marquées par le prix élevé des batteries, une autonomie limitée et un temps de rechargement très long.

Mais les voitures Tesla ne sont pas que des voitures électriques, ce sont aussi des robots. Du moins c’est l’objectif prioritaire de Musk avec la généralisation de la conduite 100% autonome qu’il espère prochaine. Les dernières Tesla sont d’ailleurs totalement équipées pour cela, il ne manque plus que la validation des derniers logiciels nécessaires.

Elon Musk s’est engagé plus récemment dans le secteur de l’Intelligence Artificielle "forte" qui promet de changer radicalement l’avenir de l’Humanité – nous aurons l’occasion d’y revenir.


Isambard Kingdom Brunel (1806-1859) a un parcours qui ressemble beaucoup à celui d’Elon Musk. Ingénieur anglais mais né d’un père français, il arrive à une période ou la métallurgie et la machine à vapeur atteignent un niveau qui va permettre de nouvelles applications.

Avec son père il se rend célèbre en construisant dans des conditions extrêmement dangereuses, le premier tunnel sous la Tamise (1825-1843). Il faillit même y perdre la vie lorsque le chantier fut envahi par les eaux.

Il construit ensuite toute une série de ponts en maçonnerie, en fer, en bois, ou suspendus qui étaient tous très innovants et ambitieux.

Il s’intéresse aussi au chemin de fer avec le curieux Great Western Railway qui se caractérise par son très grand écartement de 2140 mm (au lieu de 1435 mm).

Citons enfin la construction navale avec trois navires. Le Great Western lancé en 1837 est alors le plus grand et plus rapide des transatlantiques. Le Great Britain (1843) est le premier grand bateau en fer et à hélice. Le Great Eastern (1859) est un navire énorme qui ne sera égalé qu’en 1901.

On retrouve souvent l’adjectif "Great" dans le nom de ses projets. C’était sa marque de fabrique : toujours et encore plus grand.


Brunel savait se mettre en valeur médiatiquement et reste très célèbre au Royaume Uni. C’est aussi le cas de Musk qui fait d’ailleurs des caméos dans des films hollywoodiens. Les deux hommes font rêver les foules par leurs exploits techniques et assurent ainsi leur financement.

Si Musk n’a pas connu de déboires majeurs pour le moment, Brunel a subi plusieurs revers. Son dernier projet, le Great Eastern, fut un chemin de croix qui l’épuisa et ruina ses investisseurs.


Vous pouvez découvrir ici une vidéo extraite du DVD « le temps de la Révolution Industrielle » qui présente le Great Eastern et ses énormes machineries qui sont restées sans équivalents.

Musk connaitra-t-il son Great Eastern ? Son projet de colonisation de Mars, ou il souhaite implanter 1 millions de colons (!), repose sur l’Interplanetary Transport System (vidéo). C’est une classe de fusées géantes 100% réutilisables qui pèsent plus de 10 000 T au décollage et peuvent emporter une centaine de passagers. A titre de comparaison sa masse dépasse de trois fois celle de la plus grosse fusée jamais construite, Saturn V, qui emmena les américains sur la Lune en 1969. Ce système en cours de développement est annoncé pour 2024. A cette date Musk aura le même âge que Brunel lors des premiers essais du Great Eastern…

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lundi, 20 mars 2017

20 mars 1917 – Les 100 ans du dynamitage de Coucy


Il y a 100 ans, jour pour jour, les ruines imposantes du château de Coucy ont été dynamitées par l’armée allemande. Les destructions concernent les quatre tours d’angles, le donjon ainsi que la porte de Laon et quelques autres édifices de moindres importances.

Nous proposons une offre spéciale sur nos DVD et livres qui traitent du château de Coucy.


Le donjon de Coucy était le plus grand d’Occident. C’était un édifice à l’architecture monumentale pourvu de trois salles gigantesques de plus de 200 m2 chacune.


La reconstruction de la tour a été plusieurs fois envisagées et la restauration de la porte de Laon a été engagée mais avec des moyens pour l’instant limités.


Toutefois reconstruire le donjon de Coucy est un chantier d’une ampleur considérable que nous avons essayé de chiffrer ici en le comparant au chantier médiéval de Guédelon : Reconstruction Coucy.

On arrive à un devis de près de 100 millions d’Euros. C’est le prix d’un avion de ligne de type A320 ou la moitié du cout des travaux de suppression de la digue du Mont Saint Michel. On pourrait essayer de faire baisser le devis en utilisant des matériaux modernes (intérieur en béton et parement extérieur en pierre) mais il faudrait éviter de tomber dans certains excès.

A l’exception du terrassement et de la manutention, les techniques pour restaurer la tour n’ont pas tellement évoluées depuis le Moyen-âge. Le devis adressé à Enguerrand III ne devait pas être très éloigné de notre estimation ce qui démontre la richesse de ce personnage.

De par l’importance du chantier et par le fait que le château appartienne à l’Etat (contrairement à la porte de Laon), seule une initiative nationale pourrait faire avancer les choses. Le fait que cet anniversaire tombe en pleine campagne présidentielle le rend difficilement audible.

En attendant nous vous proposons une visite 3D du château dans son état du XIIIe siècle (nécessite un ordinateur avec une bonne carte graphique 3D).

dimanche, 27 novembre 2016

Nouvelle version 2016 du DVD « châteaux forts de Titans »

Suite à de nombreuses demandes, une piste DVD-Vidéo a été ajoutée à ce DVD.

Vous pouvez désormais visionner le contenu du DVD sur un lecteur DVD-Vidéo standard. Le film en HD est toujours présent sur le disque.

Cette nouvelle version du DVD est proposée avec une offre exceptionnelle pour cette fin d’année. Pour 1 € de plus vous pouvez avoir un DVD supplémentaire accompagné du livre « Tous les châteaux forts ».

Découvrir le nouveau DVD et l'offre Noël 2016

mardi, 25 octobre 2016

Riches Heures à Railexpo

Nous serons présents au selon Railexpo 2016. Notre stand est situé à l'emplacement 80 situé au milieu de l’allée D.
Voir plan : http://www.traversesdessecondaires.fr/re2016/RailExpo2016_Plan_2.pdf

Le salon se tient les 4, 5 et 6 novembre 2016 à Chartrexpo, rue Jean Mermoz, 28 000 Chartres.
Pour plus d'informations : http://www.traversesdessecondaires.fr/railexpo-2016/

Ce sera l'occasion de découvrir de visu nos réalisations. Il y aura aussi un petit stock de DVD.

Le salon en lui-même est consacré pour moitié aux artisans, revendeurs et autres professionnels et pour l'autre moitié à des maquettes d'amateurs en général de très belle facture.

dimanche, 15 novembre 2015

Ouverture de notre boutique impression 3D

Après plusieurs mois de silence consacrés à de nombreuses expérimentations, nous sommes heureux de vous présenter notre nouvelle rubrique consacrée à l’impression 3D : http://www.richesheures.net/3dprint/index.htm

Nous avons perçu que cette technique était particulièrement adaptée à la représentation de la maçonnerie traditionnelle même à une petite échelle (ici du N soit 1/160e). On peut ainsi créer des objets impossibles à réaliser avec d’autres techniques (plastique injecté, plâtre moulé, papier découpé au laser).

La tour en ruine est un bon exemple avec son intérieur complexe, son archère et sa voute sur croisée d’ogives. Contrairement à l’image de synthèse ou les détails comme les pierres sont souvent des textures, images 2D projetées sur les modèles 3D, il est nécessaire en impression 3D de modéliser tous les détails.

Actuellement nous avons un catalogue avec plus de 130 références « standardisées ». Beaucoup sont consacrées au modélisme ferroviaire qui souffre d’un manque d’offre à cette échelle.

Il est toutefois tout à fait possible de réaliser des maquettes sur demande à toutes les échelles souhaitées. Le prix de la modélisation 3D dépend de la complexité du modèle 3D, essentiellement du nombre de détails. Le prix de l’impression 3D est lui dépendant de la taille du modèle 3D et du volume de matière utilisée.

samedi, 28 février 2015

Le projet Orion, le rêve fou des savants atomistes

Pour notre DVD « Le temps de la Révolution Industrielle » il nous a paru intéressant de revenir sur ce projet fou des années 1950.
Cette décennie, dans la foulée de la précédente, est l’objet d’importantes recherches sur les bombes atomiques. La concurrence entre américains et russes est intense. A cette époque on n’hésite pas à faire des essais atomiques en extérieur.

Des ingénieurs atomistes américains, voulant créer des choses plus utiles que des bombes, imaginent des vaisseaux spatiaux à propulsion atomique.
Il faut bien comprendre l’avantage du nucléaire. Pour envoyer la navette spatiale américaine, pesant 100 tonnes, en orbite, il faut environ 2000 tonnes de carburant chimique. Avec un carburant nucléaire, il ne faudrait que quelques kilogrammes… Mais ça, c’est la théorie car il est en fait impossible de faire une réaction nucléaire progressive comme on le voit avec la fusée de Tintin dans « On a marché sur la Lune ». Il faut descendre à un niveau d’énergie beaucoup plus bas comme dans une centrale nucléaire. Le projet NERVA explore cette possibilité entre 1960 et 1972 mais le gain est alors infiniment moindre.

D’où l’idée des savants atomistes de propulser un engin par une succession d’explosions atomiques. Les débris des bombes, transformés en plasma (gaz à haute température), vont frapper un bouclier qui va transmettre le mouvement à l’engin via une série d’amortisseurs. Il y a quand même une limitation, il est impossible de faire de petites explosions nucléaires, donc plus le vaisseau est gros, plus son rendement est meilleur.
En 1957, les Etats Unis se sentent humiliés et menacés par le lancement du satellite russe Spoutnik. L’ARPA (aujourd'hui DARPA) est créée avec la mission d’explorer et de supporter tous les projets les plus innovants. Les savants atomistes en profitent alors pour pousser leur projet de vaisseau atomique : le projet Orion est né. Rapidement des essais concluants sont réalisés avec des modèles réduits et des bombes chimiques.

En 1959 un rapport détaille trois engins possibles. Le premier a un bouclier de 20 m de diamètre, pèse 300 tonnes et est mis en orbite avec 540 bombes de 220 kg. Le second fait 40 m de diamètre, 2000 tonnes et nécessite 1080 bombes de 500 kg pour quitter la Terre. Le troisième fait 400 m de diamètre, 8 millions de tonnes et nécessite 1080 bombes de 3000 kg. On voit bien ici la progression du rapport carburant (bombes) / masse du vaisseau : 40% de la masse pour le premier, 27% pour le second et… 0,04% pour le troisième. A titre de comparaison la navette spatiale serait à 2000%.
L’engin le plus gros, conçu aux limites des techniques de l’époque, est baptisé Super Orion. Ses concepteurs le décrivent comme une arche spatiale. C’est une sorte de planète miniature capable d’abriter des milliers d’habitants en totale autarcie. Il mettrait plus de 1000 ans pour rejoindre l’étoile la plus proche. Son coût peut être estimé à au moins la moitié de celui de la guerre du Viêt-Nam côté américain soit autour de 300 milliards de dollars d’aujourd’hui. Le Super Orion est reconstitué en détail dans le DVD.

Aussi étonnant que cela puisse paraitre, nous disposons depuis plus de 60 ans de la possibilité de construire des engins dignes de films de science-fiction. Mais le projet Orion va buter sur deux problèmes.
Le premier est environnemental, le vaisseau décolle du sol dans une pétarade atomique qui génère des retombées radioactives. En utilisant des bombes H modernes et moins polluantes, les retombées seraient un peu près équivalentes quelques soit la taille du vaisseau. Elles représenteraient 4000 kg soit 17 fois les retombés hautement radioactives de la bombe d’Hiroshima. Rappelons qu’en tous, 520 bombes ont explosés dans l’atmosphère de 1945 à 1980. Les supporteurs du projet répliquent donc que les retombées seraient très dispersées et se mêleraient à la radioactivité naturelle pour être rapidement indécelables. L’argument est peut-être vrai mais a du mal à passer auprès du public.
La NASA, qui reprend le concept au début des années 1960, conçoit alors un vaisseau martien qui est assemblé en orbite par des fusées Saturn V. Les explosions se feraient dès lors dans l’espace, milieu déjà très radioactif.

Se dresse alors le second obstacle, d’ordre politique. Les USA comme l’URSS ne souhaitent pas lancer une ruineuse militarisation de l’espace (ce que Reagan menacera de faire dans les années 1980, mettant l’URSS à genoux mais c’est une autre histoire). Envoyer des milliers de bombes en orbite n’est donc pas considéré comme acceptable.
Mais la vrai raison est sans doute le manque de motivation. La course à la Lune des années 1960 n’avait qu’un but, prouver la supériorité des Etats Unis. L’échec des soviétiques met un terme aux autres projets ambitieux comme les missions martiennes prévues pour les années 1970/1980.
Le Super Orion aurait représenté pour les USA l’équivalent de la Grande Pyramide pour l’Egypte antique : une réalisation couteuse et sans utilité pratique mais apte à mobiliser tout un peuple dans un projet prestigieux sans équivalent. Hélas le rêve des étoiles laissera la place au cauchemar de la guerre du Viêt-Nam.

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