Le Blog de RichesHeures.net

dimanche, 23 septembre 2012

Aristote chevauché par la courtisane Phyllis – Cloître de l'abbaye de Cadouin (Dordogne)

Quatrième énigme du patrimoine : Richesheures vous propose régulièrement de répondre à diverses questions liées à l'histoire et au patrimoine. Faites fonctionner vos méninges et puisez dans vos connaissances. Consultez vos ouvrages, dictionnaires et accessoirement moteurs de recherche... N'hésitez-pas à partager avec vos amis sur les réseaux sociaux : cela contribue à améliorer notre référencement !

Que voilà une bien étrange manière de traiter un brave homme. Mais au fait :

1/ Qui sont les deux personnages représentés ?
2/ De quel texte s'inspire cette scène étonnante ?
3/ Où peut-on admirer cette splendide œuvre d'art ?

Toutes les réponses le week-end prochain.

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Voici les solutions à cette énigme. L'une des questions n'a cependant pas reçu de réponse :

1/ Qui sont les deux personnages représentés ?

Il s'agit d'Aristote et de la courtisane Phyllis (parfois aussi nommée Campaste ou Pancaste).

2/ De quel texte s'inspire cette scène étonnante ?

Du Lai d'Aristote, attribué au poète normand Henri d'Andeli au XIIIe siècle. En deux mots, Aristote, précepteur d'Alexandre, conseille à son pupille de se débarrasser de sa maîtresse parce qu'il délaisse trop les affaire de l'État à cause d'elle. La belle ne l'entend pas de cette oreille et, pour se venger, séduit le vieux philosophe. Dans l'espoir d'obtenir ses faveurs, Aristote accepte de se transformer en monture : «La damoiselle fait monter / Sor son dos, et puis si la porte. La damoiselle se deporte / En lui chevauchier et deduit / Parmi le vergier le conduit ». Il s'agit donc là d'une allégorie de l'homme sage gouverné par ses pulsions.

3/ Où peut-on admirer cette splendide œuvre d'art ?

Dans le cloître de l'abbaye de Cadouin (Dordogne)

dimanche, 26 août 2012

Manoir mystère : manoir dit d'Agnès Sorel, au Mesnil-sous-Jumièges

Troisième énigme du patrimoine : Richesheures vous propose de répondre à diverses questions liées à l'histoire et au patrimoine. Faites fonctionner vos méninges et puisez dans vos connaissances. Consultez vos ouvrages, dictionnaires et accessoirement moteurs de recherche... N'hésitez-pas à partager avec vos amis sur les réseaux sociaux : cela contribue à améliorer notre référencement !

Si aucune réponse n'est trouvée, nous donnerons un indice mercredi soir.

Voici une bien jolie demeure, fort ancienne, perdue dans la verte campagne de l'une des belles provinces de France. Il y a bien des siècles de cela, un personnage fameux de l'Histoire, réputé pour sa splendeur, y fit une halte fatale.



1/ Quel est donc ce manoir et où est-il implanté ?
2/ Qui est le personnage en question ?
3/ Quel était le surnom de ce personnage et quelle était l'origine du surnom en question ?
4/ Quel auteur, contemporain des faits, est le seul à rapporter l'anecdote dans le détail ?
5/ Où a été inhumé ce personnage mystérieux  ?

Toutes les réponses le week-end prochain.

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Voici les réponses aux questions de l'énigme « Manoir mystère ». Bravo à Paul Tolck, qui a bien vite trouvé toutes les bonnes réponses.

1/ Quel est donc ce manoir et où est-il implanté ?

Il s'agit du manoir dit « d'Agnès Sorel », au Mesnil-sous-Jumièges (Seine-Maritime). Il se situe à quelques hectomètres au sud de l'abbaye de Jumièges.

2/ Qui est le personnage en question ?

Agnès Sorel bien sûr, maîtresse du roi Charles VII, décédée ici au mois de février 1450 des suites d'un accouchement difficile.

3/ Quel était son surnom et quelle était l'origine de ce surnom ?

On la surnommait la Dame de Beauté, non en raison de son physique avantageux souligné par les contemporains, mais parce qu'elle était propriétaire du manoir de Beauté (Seine-et-Marne).

4/ Quel auteur, contemporain des faits, est le seul à rapporter l'anecdote dans le détail ?

Il s'agit du chroniqueur Jean Chartier, auteur d'une précieuse chronique du règne de Charles VII : « Puis après qu'elle eust fait un fort hault cry, réclamant et invoquant la benoiste vierge Marie, se sépara l'âme du corps, le lundy onziesme jour de février, l'an mil quatre cent quarante-neuf, sur les six heures après midy. »

5/ Où a été inhumé ce personnage mystérieux ?

Son cœur a été déposé à l'abbaye voisine de Jumièges. Son corps fut inhumé en la collégiale Notre-Dame (aujourd'hui Saint-Ours), de Loches, où l'on peut toujours admirer son prodigieux gisant.

vendredi, 15 juin 2012

Énigme du patrimoine : Samson enlève les portes de Gaza à l'abbaye de la Sauve-Majeure (Gironde)

Seconde énigme du patrimoine : Richesheures vous propose de répondre à diverses questions liées à l'histoire et au patrimoine. Faites fonctionner vos méninges et puisez dans vos connaissances. Consultez vos ouvrages, dictionnaires et accessoirement moteurs de recherche... N'hésitez-pas à partager avec vos amis !

Donner ici trop d'indices, ouvrirait indubitablement la voie à une rapide compréhension de la scène représentée ici. Certains détails de l'image parlent d'eux-mêmes.

À vos méninges donc :

1/ Qui est ce personnage ?
2/ Que fait-il ?
3/ Quel texte exact évoque cette affaire ?
4/ Où peut-on contempler ce magnifique chapiteau ?

N'hésitez-pas à partager vos réflexions dans les commentaires du blog.

Les solutions, mises en ligne le 23/07 :

Cette nouvelle énigme n'aura pas résisté bien longtemps, grâce notamment à la sagacité de Virginie. Voici donc les réponses :

1/ Samson.

2/ Il emmène sur ses épaules les portes de Gaza.

3/ Juges, 16.3 : "Samson demeura couché jusqu'à minuit. Vers minuit, il se leva; et il saisit les battants de la porte de la ville et les deux poteaux, les arracha avec la barre, les mit sur ses épaules, et les porta sur le sommet de la montagne qui est en face d'Hébron."

4/ Il s'agit effectivement de l'un des magnifiques chapiteaux de l'abbaye de la Sauve-Majeure (Gironde), dont voici l'autre face : Dalila coupant les cheveux de Samson.

samedi, 7 janvier 2012

Jeanne d'Arc est-elle morte sur le bûcher de Rouen ? Claude des Armoises, ou le mystère de la fausse Jeanne (1e partie)

Le 20 mai 1436, une nommée Claude apparaît à la Grange-aux-Ormes (Moselle) au sud de la ville de Metz. Bien vite, certains reconnaissent en elle la Pucelle d'Orléans, réputée brûlée vive à Rouen cinq ans plus tôt.

Parmi les témoins qui l'identifient se trouvent Pierre et Jehan du Lis, les propres frères de Jeanne. Depuis 1431, les deux hommes courent de désillusion en désillusion. Ils pensaient sans doute que les hauts faits de leur cadette leur vaudrait la reconnaissance royale et une position sociale privilégiée. Charles VII les a cependant oubliés et ils vivent maintenant dans la gêne. Faut-il voir dans cette indigence et ce sentiment d'abandon les origines d'une mystification ? C'est très plausible. Mais en l'absence de preuves nous ne dépasserons pas le stade de l'hypothèse. Difficile de faire ce que nous reprochons à d'autres et de bâtir des théories sur du vent. Les faits, rien que les faits.

La résurrection :

Le plus ancien document évoquant le « retour » de Jeanne est la chronique d'un religieux de la ville de Metz, détenteur de la cure de Saint-Eucaire. Il existe deux versions de son texte. La première, probablement rédigée à chaud, laisse entendre qu'il n'y a aucun doute sur l'identité de la revenante : « Icelle année, le XXe jour de may, vint la Pucelle Jehanne qui avoit esté en France […] et se faisoit appeler Claude ». La seconde, sans doute  modifiée peu après, parle -déjà- d'une supercherie :  « En celle année vint une jeune fille, laquelle se disoit la Pucelle de France, et jouant tellement son personnage que plusieurs en furent abusez. » Quelques potentats locaux lui offrent armes, chevaux et vêtements. Elle part alors pour Arlon (Belgique), où elle rencontre le comte de Virnenbourg qui  l'emmène avec lui à Cologne (Allemagne). Elle apparaît sur un registre de cette ville sous le nom « Pucelle de France » à la date du 6 août.
Dans le même temps des messagers ont galopé jusqu'à Orléans pour annoncer l'incroyable nouvelle. On découvre dans les comptes de la ville à la date du 9 août 1436, la somme de 48 sols « pour bailler à Fleur-de-lilz […] pour ce qu'il avoit apportées lectres à la ville de par Jehanne la Pucelle. » Le 21 août, c'est Jehan du Lis, frère de Jeanne qui passe en val de Loire. En octobre enfin, les comptes nous apprennent le retour du héraut Cœur-de-Lis, que la ville a envoyé à Arlon pour vérifier la crédibilité de l'affaire.

Drôle de luronne :

Pendant ce temps, à Cologne, Claude/Jeanne s'est singulièrement illustrée. Le « Formicarium » de Jean Nider (1437), décrit une femme dévergondée, qui fréquente les bals, les banquets et effectue des tours de magie. Elle affirme même pouvoir faire un archevêque de Trèves, comme « elle avait auparavant fait de Charles le roi des Francs. » Deux concurrents se disputent alors le prestigieux siège archiépiscopal. Dans le sillage de son ami le comte de Virnenbourg, Claude soutient le candidat proche des Bourguignons contre celui du pape. Étrange revirement... Nous avions une Jeanne armagnac, d'une bigoterie insondable et priant sans cesse... Nous voici avec une Claude bourguignonne, forte en gueule, fêtarde et un brin paillarde...
L'affaire tourne mal pour elle. Excommuniée par l'inquisiteur local, elle file discrètement de Cologne et regagne Arlon. 

À suivre...

Exemple de « déformation » de pièces historiques

Dans « L'affaire Jeanne d'Arc », Roger Senzig et Marcel Gay évoquent certains textes  en y décelant d'étonnantes extensions, ou en en retranchant quelques mots cruciaux. C'est par exemple le cas avec le témoignage de Jean Morel.

Voici ce qu'ils écrivent (p. 116) à propos de cette pièce : « Le témoignage de Jean Morel, un de ses trois parrains, interrogé le 28 janvier 1456 lors du procès en nullité, fait état (article VI) de « rencontres » entre Jeanne et des gentes dames à l'hermitage de Notre-Dame de Bermont, à côté de Domrémy ». Ces rencontres avec de « gentes dames » sont importantes pour justifier leur théorie.

Voici maintenant le passage du témoignage en question : « J'ai été témoin que Jeannette allait volontiers et souvent à la chapelle dite l'Hermitage de la bienheureuse Marie de Bermont, près de Domremy. Tandis que ses parents la croyaient dans les champs, à la charrue ou ailleurs, elle était là. Quand elle entendait sonner la messe et qu'elle était aux champs, elle rentrait au village et gagnait l'église pour entendre la messe. Je puis l'attester pour l'avoir vu » (Source : Joseph Fabre, « Procès de réhabilitation de Jeanne d'Arc, raconté et traduit d'après les textes latins officiels », Tome I.- Paris p. 73).

De Dames point ! « Mais ou sont les neiges d'antan ? »

Autre "erreur" de transcription

Cela ne s'arrête cependant pas là et je pourrais multiplier les exemples à l'envi. Je me contenterai donc d'un seul autre, particulièrement édifiant. Voyons ensemble le récit connu sous le nom de "Hardiesses de Pierre de Sala", évoqué largement aux pp. 254 et suiv. de l'ouvrage de MM. Gay et Senzig. Ce texte est présenté comme une pièce cruciale dans la thèse des auteurs : la survie de Jeanne au bûcher de Rouen et sa réapparition sous les traits de Claude des Armoises. Voici le texte original : "Alors miraculeusement, après avoir ouy ce seul mot, se mit à genoulz devant le roy celle faulce Pucelle, en luy criant mercy ; et sus le champ confessa toute la trayson, dont aulcuns en furent justiciez très asprement, comme en tel cas appartenoit " (Quicherat, Procès de condamnation et de réhabilitation de Jeanne d'arc, vol. IV, 1847, p. 271). Dans l'esprit de toute personne raisonnable, les regrets concernent logiquement l'usurpation d'identité.

Sous la plume de Marcel Gay, le même texte devient : "Alors, miraculeusement, après avoir entendu ce seul mot, elle se mit à genoux devant le roi en lui criant merci et sur-le-champ confesse toute la trahison dont quelques'uns furent justiciés très âprement comme en tel cas bien il appartient". Mais qu'est donc devenue la mention "celle faulce Pucelle" ? Selon M. Gay, les remords de la fausse Jeanne prennent une bien étrange forme :  elle s'en veut d'avoir attaqué Paris en 1430 en désobéissant à son roi. Mouais... "Fausse Pucelle" devient donc gênant. Qu'à cela ne tienne. Peu de gens iront vérifier aux sources, alors supprimons la mention... Bizarre, vous avez dit bizarre ? Désolé, je suis un "fondamentaliste de l'histoire officielle"...

SWG

samedi, 13 novembre 2010

France 1500 : Entre Moyen Age et Renaissance

Jusqu'au 10 janvier 2011, le Grand Palais à Paris sert d'écrin à une remarquable exposition consacrée à l'art en France au crépuscule du Moyen Âge. Elle s'envolera ensuite vers Chicago et y sera présentée au public américain à partir du 26 février prochain, dans les salles du prestigieux Art Institute.

L'organisation de cette exposition a nécessité le concours de plusieurs institutions de renom : la Réunion des Monuments Nationaux, l’Art Institute of Chicago, le musée du Louvre, le musée National du Moyen Âge (Thermes de de Cluny), le musée National de la Renaissance du château d’Ecouen, le concours de la Bibliothèque Nationale de France...
France 1500. Le roi Charles VIII s'est éteint deux ans plus tôt et a été remplacé par son cousin, Louis d'Orléans. Pour mieux s'inscrire dans la continuité dynastique, le nouveau souverain a épousé la veuve de son prédécesseur, la célèbre Anne de Bretagne. Durant cette période de reprise démographique et économique, un demi-siècle seulement après l'extinction des derniers brasiers de la guerre de Cent Ans, la France s'engage dans les sanglantes guerres d'Italie. Elle n'y remporte  que des succès militaires sans lendemain, mais découvre de nouvelles manières d'appréhender l'art. Le  style gothique va ainsi lentement s'imprégner des premières influences de la Renaissance.

Une exposition organisée suivant trois axes

Plus de 200 œuvres datant de cette époque charnière sont venues des quatre coins du monde. La première section est consacrée aux rapports entre les artistes et leurs commanditaires, mettant en perspective les collaborations étroites unissant créateurs et mécènes dans le processus de  production culturelle. L'image est au centre de la seconde partie. Alors que l'imprimerie tend à remplacer la main de l'homme, les artistes s'expriment sur tous les supports : incunables, livres manuscrits, médailles, émaux, peinture, sculpture, tapisserie... La dernière partie est dédiée aux échanges culturels entre le Nord et le Sud de l'Europe. Les artistes voyagent de plus en plus et certains n'hésitent pas à s'expatrier pour promouvoir leur talent. Les œuvres italiennes ou flamandes sont particulièrement prisées et des peintres tels que Fra Bartolomeo ou Leonardo da Vinci atteignent le sommet de leur gloire.
Des pièces d'exception jalonnent le parcours du visiteur, comme le célèbre dyptique Mathéron, représentant le roi René et Jeanne de Laval, la Tapisserie des Cerfs ailés, L'Annonciation de Jean Hey, le tombeau des enfants de Charles VIII...

SWG

Visite virtuelle de l'exposition : http://rmn.fr/france1500/

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