Le Blog de RichesHeures.net

samedi, 2 octobre 2010

Coup de gueule : Les grottes du Cornadore, le touriste et le miroir aux alouettes

La saison estivale est particulièrement propice à l’exploration du patrimoine. Des cohortes de citadins tentent d’oublier leur stress quotidien en se lançant en toute confiance à la découverte des perles de notre héritage. Certains petits malins profitent de l’aubaine pour vendre de la céramique au prix de la nacre.

La France est l’une des toutes premières destinations touristiques au monde. Ce constat sans cesse renouvelé nous donne des droits, à commencer par celui de nous montrer fiers de l’héritage légué par nos ancêtres. Mais il implique aussi une multitude de devoirs : assumer l’entretien de cet héritage pour sa transmission aux générations futures, bien accueillir nos visiteurs et ne pas les confondre avec de simples porte-monnaie. Notre patrimoine exceptionnel  génère une manne financière colossale et les convives sont peut-être trop nombreux à espérer se goinfrer sur le dos des touristes.

Un passé prestigieux…

Le département du Puy-de-Dôme compte une cathédrale somptueuse (Clermont), plusieurs églises romanes exceptionnelles (Orcival, ND du Port, Issoire, Saint-Saturnin, Saint-Nectaire, Mozac…), des châteaux extraordinaires (Murol, Tournoël, Château-Rocher…), des ensembles naturels uniques (la chaîne des Puy, le plateau de Gergovie…).  Le parc Vulcania, autrefois très décrié, est aujourd’hui devenu un lieu incontournable de divertissement et d’enrichissement culturel pour toute la famille, avec une politique tarifaire intelligente. Et nous ne parlerons même pas du patrimoine gastronomique, dont la seule évocation ravive chez nous des souvenirs délicieux… Et puis, il y a les grottes du Cordanore (ou de Cornadore ?), à Saint-Nectaire… Loin de nous l’idée de contester l’intérêt archéologique intrinsèque au site. Le lieu semble en effet chargé d’histoire. Après avoir vaincu les Arvernes, les Romains implantèrent peut-être ici un hôpital militaire et utilisèrent les vertus curatives d’une eau enrichie en substances cicatrisantes. C'est du moins ce que l'on nous y raconte.

Un présent moins flatteur…

La visite débute comme un gag, avec une légion de touristes en costume traditionnel (short, tongs et appareil photo), affublés d’un casque de chantier. De bonnes têtes de vainqueurs… Nous serpentons à la queue leu leu dans un long et étroit boyau très bas de plafond : Aïe la tête ! Ouf, le casque…  Nous traversons comme des comètes la brève « partie géologique » de la grotte, derrière un guide qui meuble par un discours savant et bien rôdé. C’est vrai qu’il n’y a pas là matière à tenir des heures… Puis on parvient dans la « partie historique » de la grotte (en plein air !) où l’on nous explique qu’ici les concrétions se forment plus vite que partout ailleurs et que nous nous trouvons dans les anciens thermes (Ah bon ?). Nous pénétrons à nouveau dans un espace fermé (sans doute l’endroit le plus intéressant), où subsistent encore deux belles baignoires, que l'on nous présente comme rescapées du caldarium (bain chaud) et en-dessous le frigidarium (bain froid). C’est minuscule là-dedans et on s’écrase mutuellement les orteils… Il y a là deux échelles en bois aux barreaux couverts de petits objets, sur lesquels coule une eau aux propriétés pétrifiantes. Face à nous se trouve une porte derrière laquelle on devine la lumière du jour. C’est pas déjà la sortie ? Bah si… Le Monsieur hollandais à côté de moi  me lance un regard interrogateur. Je hausse les épaules, navré…

La visite n’est pas terminée pour autant, mais l’affaire revêt maintenant un caractère surréaliste. Pendant 10 ou 15 minutes, notre guide entreprend de nous « séquestrer » dans « l’espace exposition », le mal nommé, d’abord parce qu’on y manque précisément d’espace et qu’il s’agit ensuite d’une simple boutique. « Rendez nous notre liberté M’sieur, par pitié ! » Entassés comme des sardines, nous recevons un cours accéléré et intensif sur la pétrification, la vitrification et tous les dérivés du suffixe « -tion », avec en toile de fond un message subliminal : tous les beaux petits objets autour de vous sont à vendre, alors n’hésitez-pas à faire chauffer votre carte bleue ! 

Une addition salée !

Si ce parcours de visite, « édifiant »  à plus d’un titre, nous avait coûté 2 € par tête, nous nous en serions sans doute accommodés en nous disant qu’après tout nous avions au moins appris quelque-chose. L’inconvénient majeur est que nous avons dû nous acquitter d’une trentaine d’Euros (au tarif été 2010) pour une famille de 5 personnes ! Pour une somme deux fois moindre, on peut visiter l’extraordinaire château de Montal (6,50 € par adulte et entrée gratuite pour les enfants mineurs en 2010, soit 13 € pour la famille) et pour approximativement le même montant (toujours une trentaine d’Euros en 2010), avoir le privilège de pénétrer dans les grottes de Pech Merle. A la sortie de la boutique (pardon, de « l’espace exposition ») des grottes du Cornadore, il y a un grand panneau rappelant de ne pas oublier le guide. C’est vrai que pour le touriste lambda, 90% de l’intérêt du site repose sur sa seule prestation. Mais je ne comprends pas : s’ils ne sont pas utilisés pour le rémunérer, ils  servent à quoi les 6,50 € du ticket d’entrée adulte ?

SWG

samedi, 28 novembre 2009

Bienvenu sur notre nouveau blog.

Bienvenu sur notre nouveau blog. Nous allons traiter de sujets très divers autour du patrimoine, de l’histoire, de l’actualité de l’art… Premier article dans les jours qui viennent. Vous pourrez y laisser vos commentaires.

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