Le Blog de RichesHeures.net

dimanche, 13 mai 2012

Histoires de cheveux

Première énigme du patrimoine : Richesheures vous propose de répondre à diverses questions liées à l'histoire et au patrimoine. Faites fonctionner vos méninges et puisez dans vos connaissances. Consultez vos ouvrages, dictionnaires et accessoirement moteurs de recherche... N'hésitez-pas à partager avec vos amis !

Petite erreur dans l'énigme, que j'ai reformulée :

Que ne ferait le Ciel pour protéger la virginité de celles qui se sont consacrées à lui ? Menée nue en une maison close, une femme échappa au sort funeste qu'on lui réservait grâce à une soudaine poussée capillaire. Les cheveux jouent également un rôle majeur dans la vie d'une autre sainte. On retrouve aussi une histoire de nudité cachée par une abondante chevelure en Angleterre. Mais voici une troisième sainte, souvent représentée avec une abondante chevelure.


Voici les questions :

1/ Qui donc est la femme représentée sur cette fresque et que pouvez-vous nous dire de son histoire légendaire ?
2/ Où cette fresque est-elle visible ?
3/ Quelle sainte erra des lustres dans le désert, seulement habillée par sa chevelure ?
4/ Quel personnage célèbre de l'histoire anglaise couvre sa nudité grâce à son abondante chevelure ?

5/ Quelle sainte enfermée dans une maison close vit sa nudité cachée par sa chevelure ?

Les réponses sont en ligne ici.

samedi, 4 février 2012

La France des plans-reliefs

Jusqu'au 17 février prochain, le Grand Palais propose une exposition temporaire de quelques-uns des plus beaux plans relief.

Habituellement conservées au musée des plans-reliefs, situé dans une aile de l'Hôtel des Invalides,  seize des plus belles maquettes sont actuellement présentées sous la nef du Grand Palais. Initialement conçus à des fins militaires, les plus anciens de ces plans reliefs remontent à l'année 1668, et donc au règne de Louis XIV. Les plus récents remontent à 1873, à l'aube de la IIIe République. C'est donc une photographie 3D de deux siècles d'histoire de France, que nous offrent l’Association de préfiguration de la Maison de l’histoire de France, la Réunion des musées nationaux – Grand Palais et le musée des Plans-Reliefs.

Les sites présentés sont : Montmélian (Savoie), Embrun (Hautes-Alpes), Briançon (Hautes-Alpes), Montdauphin (Hautes-Alpes), Grenoble (Isère), Fort Barraux (Isère), Exilles (Italie), Fenestrelles (Italie), Besançon (Doubs), Neuf-Brisach (Haut-Rhin), Strasbourg (Bas-Rhin), Luxembourg, Berg-op-Zoom (Pays-Bas), Saint-Omer (Pas-de-Calais), Cherbourg (Manche), Brest (Finistère).

Pour en savoir plus : http://www.rmn.fr/la-france-en-relief/

samedi, 19 novembre 2011

Meaux : Les combattants de la Grande Guerre à l'honneur – L'arbre qui cache la forêt.

Le 11 novembre dernier a été inauguré à Meaux, en présence du président de la République, un nouveau musée dédié à la Grande Guerre. Les objets présentés ont été à l'origine réunis par un collectionneur privé. Une initiative salutaire, dans un contexte difficile pour l'enseignement de l'Histoire.

Depuis la fin des années 1960, Jean-Pierre Verney, autodidacte passionné par le premier des deux suicides collectifs du XXe siècle, s'emploie à réunir des objets liés à cette période tellement difficile de notre Histoire. Affiches, journaux, uniformes, armes, rien ne lui échappe. Pas même le matériel lourd... Au total, près de 50 000 objets sont ainsi patiemment accumulés.
En 2005, la communauté d'agglomération de Meaux se porte acquéreuse de l'intégralité de la collection et envisage la création d'un musée pour lui servir d'écrin. Cet espace de visite vient d'ouvrir ses portes au public, après avoir été inauguré en grandes pompes le 11 novembre dernier.



Du positif dans un océan de désolation

En ces temps où l'Histoire de France est tellement malmenée, particulièrement dans les programmes hallucinants proposés aux collégiens et aux lycéens, il est bon qu'une initiative favorisant la perdurance du souvenir historique voit de temps à autre le jour. Nos enfants, auxquels on n'apprend plus grand chose sous prétexte de vouloir tout enseigner, ne conserveront absolument rien dans leurs mémoires des Dogons ou du Monomotapa, malgré l'intérêt légitime que l'on peut porter à de telles civilisations. Les heures passées à écouter -distraitement- le professeur d'histoire-géo rejoindront les extases somnolentes des sémillants cours d'art plastique, de technologie et de musique, dont des générations d'écoliers n'ont retenu que le chahut permanent, les massacres musicaux à la flute et la clef de sol. Je parle d'expérience. Maigre bilan...

Épaules de géants

Pour tenter de colmater les brèches ouvertes depuis plusieurs décennies dans la « cohésion nationale », nos politiques rivalisent d' « audacieuses » propositions, depuis la lecture de la lettre de Gui Moquet en passant par l'apprentissage forcé de la Marseillaise et le serment aux armes. On croit rêver... On nous sortira sans doute bientôt le salut au drapeau dans la cour et les uniformes bleus, blancs, rouges à bretelles et culottes courtes. Plutôt que de nous gratifier de ces géniales trouvailles, nous préfèrerions de loin que toutes nos éminences daignent se pencher sur l'un des fonds du problème : ce que l'on enseigne à nos enfants. On évitera peut-être alors les copies de bacheliers aux contenus creux et criblés de fautes. On économisera aussi les cours de remise à niveau en grammaire et en orthographe à l'entrée à l'Université. On permettra enfin au souvenir des sacrifices de 14-18, de 39-45 et de toutes les générations précédentes de subsister. Encore faut-il en avoir le courage...

Au XIe siècle, Bernard de Chartres écrivait à propos des philosophes antiques : « Nous sommes des nains juchés sur les épaules de géants ». Il en concluait cependant qu'ainsi perchés, lui et ses contemporains voyaient plus loin que les Anciens. Nous ressemblons de plus en plus à ces nains. Mais nous, nous sommes en train de dégringoler des épaules de nos prédécesseurs. Jules Ferry, dont le rêve égalitaire avait mené à la création de l'école publique, laïque et gratuite pour tous, doit se retourner dans sa tombe ! Pour se construire leur identité culturelle que l'on s'acharne à leur confisquer, il restera à nos gosses des endroits comme le nouveau musée de la Grande Guerre de Meaux. Cela sera sans doute insuffisant, mais c'est tout de même une lueur d'espoir dans le néant qu'on nous prépare. L'arbre qui cache la forêt, donc...

SWG

http://www.museedelagrandeguerre.eu/

samedi, 5 novembre 2011

Longwood House, morceau de France en péril dans l'Atlantique sud

Août 1815. Le Navire anglais Northumberland s'éloigne toutes voiles dehors des côtes anglaises et met cap au sud. Sa destination ? Sainte-Hélène, une île volcanique perdue au milieu de l'Atlantique, à près de 2000 km des côtes africaines. 

À son bord, un passager hors du commun : Napoléon Bonaparte, empereur déchu des Français, le vaincu de Waterloo. Les Anglais ont décidé de se débarrasser une fois pour toute de cet encombrant personnage, en l'envoyant terminer ses jours à l'autre bout du monde, dans le climat chaud et humide de l'Atlantique sud. L'île est cernée d'impressionnantes falaises interdisant par avance toute tentative de débarquement pour le récupérer. Sainte-Hélène est une prison volcanique plantée « dans cette mer qui, il y a des millénaires et des millénaires, l'a vomi de ses entrailles » (André Castelot).
Napoléon, que ses geôliers prennent bien soin d'appeler général Bonaparte, va passer ici les six dernières années de sa remuante existence.

Les domaines français de Sainte-Hélène

Trois sites à Sainte-Hélène, rappellent le passage involontaire de Napoléon Ier dans l'île. Le pavillon des Briars d'abord, fut son premier lieu de séjour entre le 18 octobre 1815 et le 10 décembre 1815.  Il fut acheté en 1957 par Mme Babel Brooks pour être généreusement donné à la France. L'opération fut finalisée en 1959. Longwood House ensuite, fut son véritable lieu de captivité, jusqu'à sa mort le 5 mai 1821. Le domaine de la Tombe enfin, abrite la première sépulture de Napoléon. Le domaine de la tombe et Longwood House furent achetés en 1857 par Napoléon III à la reine Victoria.
Ces trois lieux de mémoire sont aujourd'hui gérés par le ministère des Affaires étrangères. Depuis quelques années, l'état de Longwood House inspire les plus vives inquiétudes. Les toitures se dégradent et les structures sont altérées. Des travaux sont envisagés pour 1,5 millions d'Euros, mais l'État ne prendra pas à sa charge plus de la moitié de cette somme. Le consulat et l'Empire sont désormais quasiment occultés des programmes du collège. Que Longwood House tombe en ruine, et nous aurons définitivement piétiné 15 années de notre histoire.
C'est pour éviter d'en arriver là que la fondation Napoléon et le souvenir Napoléonien lancent une souscription publique et font appel à la générosité de chacun. Ça doit pas mal se retourner dans le tombeau des Invalides...

Pour participer à l'opération de sauvetage : http://www.napoleon.org/fr/fondation/devenir_partenaire/saintehelene.asp
Pour en savoir plus sur les domaines français de Sainte-Hélène : http://www.domfrance.helanta.sh/index.htm
Pour des repères chronologiques sur la captivité de Sainte-Hélène : http://www.lautresaintehelene.com/index.html

samedi, 22 octobre 2011

Sainte-Anne-d'Auray : le trésor dérobé.

7 mars 1625. Sainte Anne apparaît à un certain Yvon Nicolazic, humble agriculteur du hameau de Kerana. Elle lui demande de réunir ses voisins et d'aller creuser avec eux au champ de Bocenno.

Yvon est depuis deux ans le témoin d'apparitions multiples de la mère de Marie. La sainte lui a fait part de son désir de voir relever de ses ruines une chapelle qui existait là autrefois. La petite troupe s'enfonce dans la nuit, creuse à l'endroit indiqué et découvre une statue de sainte Anne, oubliée ici depuis neuf siècles. On crie alors au miracle. Après une enquête poussée, Monseigneur Rosmadec, évêque de Vannes, autorise la construction d'une nouvelle chapelle. La première pierre est posée le 26 juillet 1625. Bien vite, la rumeur se répand dans toute la Bretagne et les pèlerins commencent à affluer en comblant l'établissement de dons. On raconte qu'en 1638, la reine Anne d'Autriche (épouse de Louis XIII) offre une splendide chasuble, que l'on peut toujours voir parmi d'autres merveilles. Au XIXe siècle, l'humble sanctuaire est devenu trop étroit pour accueillir la foule toujours croissante des fidèles et l'on décide de le remplacer par une splendide basilique. De nos jours encore, le Grand Pardon de Sainte-Anne, chaque 26 juillet, est la principale fête religieuse bretonne.

Les nouveaux barbares

C'est à ce symbole de la tradition chrétienne et de la culture bretonne, cher au cœur de tous les Armoricains, et bien au-delà à celui de tous les Français, que se sont attaqués des pillards au soir du 13 octobre 2011. Les voleurs ont brisé plusieurs vitrines et ont subtilisé des objets en or ou en argent, très certainement soigneusement repérés à l'avance. Les casseurs recherchaient donc avant tout à amasser des métaux précieux, sans doute plus faciles à écouler que des pièces à haute valeur historique, comme la chasuble d'Anne d'Autriche. L'opération n'a duré que quelques minutes.
Au-delà du vol, qui reste un acte répréhensible en soi, s'ajoute un geste symbolique fort : les gens qui ont commis cela se moquent de la valeur historique et patrimoniale de leurs cibles et s'autorisent à piétiner sans gène, dans l'irrespect le plus total, les croyances et la foi d'autrui.
Nous dénonçons depuis quelques temps dans les colonnes de notre blog, les attaques de plus en plus fréquentes contre notre patrimoine, certains monuments historiques et parfois même des lieux de mémoire. Le sac du trésor de Sainte-Anne-d'Auray rejoint la dévastation de la chapelle du Cimetière des Martyrs et le vol du canon des Invalides. Les actes similaires sont malheureusement appelés à se multiplier. Les fidèles ou les simples amoureux du patrimoine, trouveront à l'avenir de plus en plus de portes d'églises closes, dans nos villes comme dans nos campagnes. Étrange époque...

SWG

N° 4 de Voyage et Histoire en kiosque

Ce nouvel opus du magazine dédié au tourisme de mémoire, contient notamment un  volumineux dossier sur les guerres de Vendée, rédigé par SWG.

Au sommaire également, on découvre avec intérêt les rubriques habituelles, ainsi que des articles sur Villers-Bretonneux (guerre 14-18), El Alamein (guerre 39-45), sur les batailles de Gravelotte et Mars-la-Tour (guerre de 1870) et sur la clairière de l'Armistice, à Compiègne (1918 et 1940). SWG signe aussi la rubrique « Un jour, un lieu », consacrée cette fois au château de Fontainebleau et à la cérémonie des Adieux de Napoléon à sa Garde (20 avril 1814). Quand les grands monuments nous racontent l'Histoire !

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