Le Blog de RichesHeures.net

dimanche, 22 janvier 2012

Claude des Armoises, ou le mystère de la fausse Jeanne (2e partie)

Voici notre amie Claude de retour en la bonne ville d'Arlon. Elle y épouse le sire Robert des Armoises, ce qui ne maque pas de piquant pour une jeune femme ayant promis de conserver sa virginité jusqu'au départ des Anglais du sol de France. Le bourgeois de Paris prête au couple deux enfants. Mais pour la jeune femme, la quête de richesses passe obligatoirement par Orléans.

Dans la ville autrefois délivrée par la Pucelle, on se prend à rêver. En 1437 et 1438, les livres de comptes ne contiennent aucune dépense pour les rituelles fêtes de Jeanne d'Arc. La nouvelle s'est répandue dans toute la France : un pari sur la mort ou la vie de Jeanne entre deux habitants d'Arles, est enregistré devant notaire vers 1437.

En 1439, Claude réapparaît dans la région du Mans. Une rémission accordée par le roi Charles VII en juin 1441 à un certain Jehan de Siquenville, nous apprend que deux ans plus tôt il a remplacé à la tête de l'armée de Gilles de Rais « une appelée Jehanne, qui se disoit Pucelle ». Le sire de Rais, autrefois compagnon de Jeanne d'Arc, a depuis longtemps sombré dans la folie et multiplie les sacrifices humains en espérant obtenir le secret de la fabrication de l'or. Il sera exécuté à Nantes en octobre 1440. Piètre garant de moralité...

Orléans à nouveau

Les livres de comptes d'Orléans se montrent de nouveau bavards à l' été 1439. On y note dès le 18 (28 ?) juillet des dépenses pour « dame Jehanne des Armoises ». Elle est sur place le 28 ou le 29. On descend ferme les pintes de vin agrémentées de belles viandes. Claude ressemble à l'évidence beaucoup à Jeanne et maintient l'illusion quelques temps. Rappelons que les Orléanais n'ont connu  leur héroïne qu'une poignée de jours et que dix ans ont passé. Les corps et les visages changent. Le 1er août, Claude des Armoises reçoit 210 livres « pour le bien qu'elle a fait à la ville durant le siège. » Le soir même, alors qu'un banquet va être donné en son honneur, Claude s'est volatilisée « plus tost que ledit vin fust venu ». Le 4 septembre, du vin est encore payé pour Jehanne. Sa présence dans la ville y semble pourtant peu probable. Espère-t-on encore à Orléans ou s'agit-il d'un reliquat de créance du fournisseur ?

Démasquée

Nous retrouvons notre chère aventurière dans les « Hardiesses des grands rois et empereurs » de Pierre Sala au début du XVIe siècle. L'auteur n'est pas un témoin direct, mais il a connu un valet de Charles VII qui lui a raconté la visite d'une « Pucelle affectée, qui moult ressembloit à la première ». Le nom de Claude/Jeanne des Armoises n'est pas avancé, mais la date semble correspondre : « dix ans après » (le couronnement de Reims ou la mort de Jeanne ? Impossible de trancher). Sous la plume de Pierre, le roi se méfie et se cache parmi ses courtisans, rejouant le coup de la rencontre de Chinon. Mais il est reconnu par la jeune femme parce qu'on lui a dit qu'il portait une bottine de cuir spéciale. Charles lui réserve finalement bon accueil : « Dieu sçait le secret qui est entre vous et moy ». Alors la fausse Jeanne craque « et sur le champ confessa toutes les traysons ».

L'odyssée de Claude semble s'achever en 1440 à Paris. Selon le journal du bourgeois, elle est alors traînée « bon gré, mal gré, et fut montrée au peuple au palais sur la pierre de marbre de la grande cour. » L'affaire risque de fort mal tourner si elle ne s'explique pas. Elle devient alors intarissable, raconte que plus jeune elle avait battu sa mère et qu'elle s'était rendue pour expier à Rome. Là elle avait combattu « vêtue comme un homme, et fut comme soudoyer en la guerre du Saint Père Eugène ». Guerrière, cette Claude ! Par bien des aspects elle ressemble à Jeanne, mais elle n'est pas Jeanne. Nul n'est plus dupe dès les années 1450. Il faut attendre le XIXe siècle pour que certains reprennent au sérieux l'histoire de cette imposture.  

L'affaire de Claude des Armoises peut sembler surprenante et elle a fait fantasmer les propagateurs de mythe. Ces histoires d'usurpation d'identité sont pourtant fréquentes au XVe et même au XVIe siècle. Qu'on se souvienne, par exemple, du cas de Martin Guerre.

samedi, 17 décembre 2011

600e anniversaire de la naissance de Jeanne d'Arc

Le 6 janvier 1412 est la date la plus fréquemment avancée pour fixer la naissance de la Pucelle d'Orléans. Nous préparons d'arrache-pied un dossier spécial pour commémorer l'évènement.

Depuis quelques décennies déjà, le personnage de Jeanne d'Arc n'a plus vraiment la cote dans les médias et auprès des éditeurs. Récupérée sans scrupules à des fins politiques, elle a été vouée aux gémonies et brûlée -symboliquement- une seconde fois sur l'autel de la bienséance, au nom du combat politique. C'est à croire que la volonté d'exorciser les maux de la société contemporaine, passe nécessairement par l'éradication pure et simple de certaines figures historiques... Que l'on rassure les foules cependant : Jeanne n'a jamais été encartée à aucun parti et ne s'est pas réincarnée sous le front d'un(e) autoproclamé(e) sauveur(se) national(e).
Jeanne fait tout simplement partie de l'Histoire, de notre Histoire et donc de notre patrimoine. Elle n'appartient à personne en particulier et à tous en général. Après l'avoir laissée aux mains des extrêmes, certaines figures modérées commencent à se soucier de sa postérité. Ainsi Laurent Fabius, président de la toute puissante communauté d'agglomération de Rouen, se fait-il l'avocat d'un projet intéressant : la création d'un historial qui lui sera entièrement dédié, dans la ville même où elle fut suppliciée. Voilà qui est heureux et salutaire !
Plus modestement, avec des moyens sans commune mesure, notre humble portail lui rendra hommage à sa manière, les 7 et 8 janvier prochains.

Stéphane William Gondoin

dimanche, 9 octobre 2011

Une nouvelle « Histoire Normande » : Terreur sur la Seine

Mai 841. L'empereur Louis le Pieux s'est éteint un an plus tôt et ses fils se disputent son héritage. Pendant que leurs partisans fourbissent leurs armes pour s'entretuer, d'étranges navires s'engouffrent dans l'estuaire de la Seine.

Nul ne sait où ils vont, ni ce que veulent leurs équipages. Ornés de têtes de dragons, ils remontent à force de rames les paresseux méandres du fleuve, glissant sur les eaux comme des serpents. Cela ne laisse rien augurer de bon. Presque tous les guerriers francs sont au loin, mobilisés sous la bannière du roi Charles le Chauve en partance pour la guerre. La région reste donc sans protection. Les paysans abandonnent leurs champs et se cachent dans les buissons près des berges, pour mieux constater la progression de l'inquiétante colonne navale. La flotte dépasse tranquillement les monastères de Fontenelle (aujourd'hui Saint-Wandrille) et de Jumièges. La veille des ides de mai (14 mai), tous les bateaux accostent au pied de la vieille muraille gallo-romaine de Rouen. Après plusieurs lustres de paix, son entretien a sans doute été jugé superflu et partout elle tombe en ruine. Des centaines de guerriers casqués, armés de haches, de boucliers ronds et d'épées, se ruent à l'intérieur de la ville et la passent au pillage avant de l'incendier.

Une fois le forfait accompli, les navires redescendent le fleuve en prenant leur temps, considérablement alourdis par le poids du butin et des prisonniers. Les Vikings savent bien que les Francs sont incapables de les atteindre dès qu'ils chevauchent leurs « étalons des vagues », comme les nomment parfois les Anglo-saxons. Le raid ne semble par ailleurs pas avoir causé beaucoup d'émoi et devant l'absence de réaction, ils décident de s'attaquer à une seconde cible. Ils ont clairement repéré les deux belles abbayes implantées en aval et les ont gardées pour plus tard. Le 24 mai, ils s'abattent sur Jumièges, terrorisent les moines de l'abbé Thierry, volent tous les objets précieux du sanctuaire et y boutent le feu. Pour éviter de subir le même sort, les religieux de Fontenelle préfèrent s'acquitter le lendemain d'une rançon de 6 livres d'argent.

« Le V des calendes de juin [28 mai], raconte un témoin contemporain, arrivent des moines de Saint-Denis [près de Paris] qui rachètent soixante-huit captifs contre une rançon de vingt-six livres. » Les Vikings destinaient à l'évidence ces malheureux à être revendus sur le marché aux esclaves de quelque place commerciale de l'Europe du Nord. Le 31 mai enfin, les pillards reprennent la mer et le cauchemar s'éloigne enfin. Un certain Vulfardus a entretemps levé de maigres troupes pour venir les affronter, mais il arrive trop tard et « les païens ne cherchent nullement le combat. »

Le raid de 841 est une parfaite illustration de la tactique qui sera employée par les Scandinaves : profiter de leur supériorité navale pour fondre à l'improviste sur un objectif mal défendu, amasser le maximum de butin, mettre le feu pour désorganiser la riposte et reprendre la mer avant d'avoir à affronter l'armée ennemie. Son succès constitue une invitation franche à revenir plus tard...

Stéphane William Gondoin

Ce texte est extrait de l'ouvrage « Histoires Normandes », par Stéphane William Gondoin

samedi, 24 septembre 2011

Le naufrage de la Blanche Nef

À l'occasion du XIe centenaire de la fondation de la Normandie ducale, Stéphane William Gondoin vient de faire paraître aux éditions In Quarto « Histoires Normandes, Au temps des Vikings et des ducs de Normandie (820-1204) ». Il contient 65 histoires qui se lisent indépendamment les unes des autres. Voici l'une d'entre-elles : Le naufrage de la Blanche Nef.

25 novembre 1120. Toute la noblesse anglo-normande est réunie à Barfleur, afin d'embarquer pour l'Angleterre où l'on célèbrera en grande pompe la fête de Noël. La mer est calme et rien ne laisse présager l'approche d'un drame.

Alors que le roi Henri s'apprête à grimper sur son bateau, un homme vient vers lui et se prosterne à ses pieds. Le moine Orderic Vital raconte qu'il se nomme Thomas et qu'il se présente comme fils d'Étienne : « [Il] était mon père et toute sa vie il servit le vôtre sur la mer. Ce fut lui qui, sur son vaisseau, le porta en Angleterre, quand il s'y rendit pour combattre Harold ». En conséquence, Thomas revendique l'honneur de compter le souverain parmi ses passagers. Mais Henri s'est engagé ailleurs et il ne veut pas se dédire : « J'ai choisi un navire qui me convient, je ne le changerai pas ; mais je vous confie mes fils, Guillaume et Richard, que j'aime comme moi-même, ainsi que beaucoup de nobles de mon royaume ». Guillaume Adelin (du vieil anglais Ætheling, prince) n'est autre que l'héritier légitime du trône d'Angleterre, et Richard l'un des nombreux bâtards du roi Henri.

Convoyer ainsi le futur roi d'Angleterre ne constitue pas un mince privilège et les matelots en tirent un certain orgueil. Pour fêter l'évènement, ils réclament haut et fort du vin et le prince, sans doute lui-même un peu gris, leur en fait bailler trois muids. Les gosiers se rincent à volonté et les esprits s'échauffent. Une jeunesse privilégiée et braillarde monte à bord de la Blanche Nef. On se moque des prêtres venus bénir le navire et on les chasse à coups de grands éclats de rire. Certains s'alarment de ce chahut et préfèrent prudemment descendre.

Déjà le bateau du roi a pris la mer. On veut le rattraper, montrer que l'on est plus rapide et se livrer à une course à travers la Manche. Dans la nuit éclairée par un mince rayon de lune, les marins saouls comme des barriques appuient fort sur les rames et Thomas le pilote surveille mal son cap. La Blanche Nef s'empale violemment sur un rocher que la marée montante vient juste de recouvrir et sombre aussitôt. « Dans un si grand danger, tout le monde ensemble poussa des cris affreux ; mais l'eau ne tarda pas à leur remplir la bouche, et ils périrent tous également. » À bord de la nef royale, on entend les hurlements sans bien comprendre ce qui se passe et l'on se ronge les sangs.

Parvenu en Angleterre, Henri attend dans l'angoisse l'arrivée de la Blanche Nef. Les heures s'égrènent et la nouvelle du drame gagne enfin la cour. Personne n'ose cependant annoncer au roi la mort de ses fils. Le lendemain matin, un enfant se jette à ses pieds en pleurant « et lui dit que la cause du deuil qu'il voyait provenait du naufrage de la Blanche Nef. » Le choc est rude : Henri vacille et s'effondre sans un mot.

Durant les jours qui suivent, on retrouve les corps méconnaissables de quelques-unes des victimes, mais pas celui de l'héritier de la couronne : « La pourpre et le lin vont pourrir dans le liquide abîme, et les poissons dévorent celui qui naquit du sang des rois. »

Au fil des semaines, nous vous proposerons plusieurs autres « Histoires Normandes »

dimanche, 19 juin 2011

Donges : un combat multiséculaire

Il y a quelques semaines de cela, nous vous parlions sur notre blog du combat que menait Viviane Bosse Perus pour sauver son manoir de la Hélardière menacé de destruction. Au XVIIIe siècle déjà, les Dongeois se battaient bec et ongle contre les visées d'autres puissants.

En effectuant des recherches préparatoires pour un autre projet, nous sommes tombés sur le cahier de doléances rédigé par les habitants de la paroisse de Donges, à la veille des états généraux de 1789. En préambule à sa retranscription moderne, figurent quelques éléments concernant un conflit de propriété du fond des âges. Il fait étrangement écho à la situation actuelle.

Une paroisse au XVIIIe siècle

À cette époque, Donges est une paroisse située au milieu des marécages, comptant cinq cents feux. 2112 habitants résident sur son territoire lors du dénombrement de 1790. Essentiellement composée de laboureurs, la population y vit chichement et exploite les marais pour la tourbe et la chaume. Le taux de mortalité conséquent est très certainement lié à l'insalubrité de la zone humide.
Le principal personnage de l'époque est le marquis Louis-Joseph de Querhœnt, qui réside à deux lieues de là dans son château de Savenay. On trouve cependant sur le territoire de la paroisse un certain nombre de maisons nobles et de droits seigneuriaux, ainsi que des droits appartenant au clergé.

Un air de déjà vu

Depuis 1771, les paroissiens de Donges se heurtent à la volonté du marquis de Querhœnt, qui souhaite concéder tout le marais à une certaine « compagnie Debray ». L'enjeu est ni plus ni moins l'asséchement de la zone humide et le tarissement pour les habitants d'une partie de leurs revenus. Ils se battent donc bec et ongles contre ce projet et entament un long combat judiciaire. En 1775, les États de Bretagne leur donnent raison et la même année, c'est au tour de la municipalité de Nantes d'apporter son soutien à la coalition paroissiale. En 1784 cependant, le présidial (tribunal royal du bailliage) juge en faveur des prétentions du marquis. La décision ne deviendra toutefois exécutoire qu'une quinzaine d'années plus tard.

Il semble que les choses n'aient évolué qu'en apparence, depuis le XVIIIe siècle. Les puissants ont changé de nom, mais n'écoutent toujours que leur seul intérêt. Viviane et les autres administrés (sinistrés) de la commune moderne sont un peu les héritiers des Dominique Guigan, Jean Bréssihaud, Sébastien Pézeron..., réunis dans l'auditoire de la juridiction de la vicomté de Donges, le 5 avril 1789.

Les Archives départementales de Loire-Atlantique ont eu l'excellente initiative de numériser l'intégralité des cahiers de doléances et de les mettre gratuitement en ligne. Vous pouvez les consulter ici : http://www.loire-atlantique.fr/jcms/cg_53275/consulter-les-archives-numerisees (inscription obligatoire pour accéder aux documents).

samedi, 5 mars 2011

Hiver 1917, quand la Seine charriait des glaçons...

Janvier-février 1917. Voilà près de trois ans que les puissances européennes ont entrepris d'envoyer leur jeunesse s'étriper consciencieusement aux quatre coins du continent. Aux épreuves de la guerre vient bientôt s'ajouter la rigueur des éléments.

Le 1er février 1917, tous les grands quotidiens nationaux couvrent comme de coutume leur une de nouvelles de la guerre au front, ou de la situation politique en France et chez les alliés. On évoque notamment une tentative d'empoisonnement contre le premier ministre britannique Lloyd George. On parle avec enthousiasme des offensives allemandes arrêtées sur le front russe, sans savoir que le régime tsariste vit ses derniers jours et que la guerre cessera bientôt à l'Est. Et puis, on revient sans cesse sur ce froid terrible qui s'est abattu sur les tranchées et qui complique même les conditions d'existence à l'arrière. La neige perturbe la circulation des transports en commun, des rares automobiles et des attelages. L'approvisionnement des grandes villes en denrées alimentaires et en charbon se complique. La demande croissante en combustible génère des queues interminables devant les charbonniers. Le lait, les céréales se raréfient et les prix explosent. Comme toujours, les plus pauvres sont les premières victimes de l'inflation galopante.

Températures sibériennes

On relève un peu partout dans le pays des températures à peine croyables. On parle de – 15° à -16° en Ile-de-France, de – 13° à Lyon avec un plus bas enregistré à – 21° à l'observatoire de la Tête-d'Or. Bordeaux et Montauban sont sous la neige. À Cherbourg, « où d'ordinaire la température est relativement douce, le thermomètre est descendu à 8° au-dessous de zéro. Les ruisseaux sont gelés ; l'eau de mer elle-même se glace et l'arrière-bassin du commerce était hier tout à fait pris, ce que les Cherbourgeois déclarent n'avoir pas vu depuis trente ans » (Figaro du 01/02/1917). Dans le Massif Central, on a même repéré un grand loup rôdant par – 23° aux alentours du village de Viverols. À Paris, les eaux de la Seine ont gelé. Des bateaux, péniches ou remorqueurs sont prisonniers des glaces : « Le petit bras de la Seine, à la Monnaie, est complètement pris. Dans le grand bras, en plein courant,  les glaçons sont de plus en plus gros et plus nombreux » (Figaro du 01/02/1917).

On rassure les arrières...

Que chacun continue cependant à dormir sur ses deux oreilles. Poilus et Tommies font bonne garde face à l'ennemi, dans le froid et la tourmente : « La neige a fait son apparition sur presque tout notre front. Les secteurs de nos alliés britanniques en ont été particulièrement comblés. Un épais manteau blanc recouvre sur le sol bouleversé les traces de la guerre. Mais la vie au front reste aussi active. On s'y bat aussi bravement » (Pays de France N° 121, 8 février 1917).

Ainsi allait la vie de nos aïeux durant l'un des hivers les plus durs du siècle, ballotés entre la fureur des hommes et la colère des éléments.

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