Dans bon nombre d’esprits, le siège d’Alésia et la reddition de Vercingétorix en 52 av. J.C. marquent le point final de la sanglante guerre des Gaules. Les hostilités continuèrent pourtant durant toute l’année 51 et ne s’achevèrent qu’avec la prise de la place d’Uxellodunum.

Dernière année de conflit :
Le VIIIe livre des « Commentaires de César sur la guerre des Gaules » n’est pas écrit de la main du célèbre conquérant, mais attribué à Aulus Hirtius, l’un de ses légats en Gaule.  Hirtius nous raconte notamment que passé le choc d’Alésia, les Gaulois reprirent un peu partout le flambeau de la lutte et se soulevèrent contre l’occupant romain. Afin de ne pas laisser d’espoir aux vaincus, César reprit la tête de ses légions et les entraîna dans une ultime série de campagnes militaires. Il soumit d’abord les Bituriges (autour d’Avaricum, Bourges), puis tourna ses armes vers les Carnutes (région d’Autricum, Chartres), soumit les Bellovaques (région de Beauvais), investit le territoire des Pictons et assiégea Lemonum (Poitiers). Les meneurs gaulois se nommaient Comnios l’Atrébate (peuple installé autour de Nemetacon, Arras), Corréos le Bellovaque, Drappès le Senon (autour d’Agendicum, Sens), Luctérios le Cadurque (de Divona Cadurcorum, Cahors) … Le territoire du vieil ennemi de César, l’insaisissable éburon Ambiorix (région de Liège, Belgique), fut soumis à un traitement particulier : « César partit lui-même pour mettre à feu et à sang le territoire d’Ambiorix ; car, ne conservant plus l’espérance de réduire en son pouvoir cet ennemi frappé de terreur et fuyant au loin, il croyait devoir à son propre honneur de ne laisser dans les états de ce prince ni hommes, ni habitations, ni bestiaux, afin que, si par hasard quelques habitants échappaient à ce massacre, de si grands désastres leur fissent prendre Ambiorix en une telle haine, que tout retour en son pays lui devînt impossible. (Livre VIII, 24.) »

Uxellodunum :
Vaincus et traqués, Drappès et Luctérios se réfugièrent sur le territoire des Cadurques, dans l’oppidum d’Uxellodunum. Le légat Caius Caninius les y poursuivit et investit la place : « Elle était de tous côtés défendue par des rochers si escarpés, que, même quand elle aurait été sans garnison, l’accès en eût été difficile pour une armée. » Drappès et Luctérios tentèrent vainement de se ravitailler en perspective d’un siège long et difficile. Drappès fut alors fait prisonnier et Luctérios contraint à la fuite. César arriva au pied d’Uxellodunum peu après. Sa première décision fut de couper l’approvisionnement en eau à la population rebelle et de bloquer tous les accès à la forteresse. La ville se rendit après quelques passes d’armes seulement, mais son châtiment fut terrible. Il fallait un exemple : « César sachant combien était établie sa réputation de clémence, ne craignait pas qu’on lui imputât d’être plus cruel que ne l’exigeait la nature des circonstances ; considérant d’ailleurs qu’il ne viendrait jamais à bout de ses projets, s’il éclatait plusieurs rébellions de la même espèce en divers lieux, estima convenable d’intimider les autres nations par l’exemple d’un grand supplice : il fit donc couper les mains à tous ceux qui avaient porté les armes, et leur laissa la vie, pour qu’ils devinssent eux-mêmes le témoignage évident des peines réservées aux méchants. »
Ainsi s’acheva la résistance des Gaulois à l’invasion romaine. La localisation d’Uxellodunum a fait couler beaucoup d’encre. Nombre d'historiens s’accordent désormais pour la localiser sur le puy d’Issolud, un impressionnant  éperon rocheux situé non loin de la commune de Vayrac (Lot). Mais d'autres communes revendiquent le privilège d'avoir servi de cadre à cette ultime bataille de la guerre des Gaules : Capdenac, Luzech, Cantayrac.

Stéphane Gondoin