Il y a 70 ans de cela, au cours du mois de mai 1940, Les forces hitlériennes se jetaient à l’assaut de l’Europe de l’Ouest, violant au passage les neutralités du Luxembourg, de la Belgique et des Pays-Bas. L’attaque lancée au travers de l’imposant massif des Ardennes, réputé infranchissable pour les chars, surprit totalement l’état-major franco-britannique et entraina la défaite éclair de la France. Richesheures se souvient de cet événement et le commémore à sa façon, en vous proposant en mai et en juin plusieurs articles et suggestions de lecture liés à cet épisode tragique de notre histoire.

Depuis plusieurs jours, les Allemands massent sur leur frontière avec les trois états du Benelux, une colossale armada de chars, de camions et de pièces d’artillerie. Pour empêcher  les avions de reconnaissance ennemis de donner l’alerte, une impressionnante couverture aérienne est mise en place, composée de chasseurs Messerschmitt Bf 109 et de batteries de DCA. Le 10 mai, à 4 h30 du matin, les premiers Panzer commandés par le général Guderian pénètrent dans le grand duché du Luxembourg. C’est le signal de l’offensive. Plus au nord, d’autres attaques emportent les défenses belges et néerlandaises. Généraux français et anglais sont persuadés qu’il s’agit là de l’opération principale et font monter leurs armées stationnées dans le Nord de la France, vers les plaines du centre de la Belgique. Pendant ce temps, Guderian se faufile sur Bastogne, qu’il atteint dans la journée, puis bifurque au sud en direction de Neufchâteau et de Bouillon. Il s’empare de cette paisible petite ville dans la matinée du 12 et engage ses blindés sur les étroits chemins s’enfonçant dans la forêt de Sedan. Le plan allemand devient clair : les Ardennes, ventre mou du dispositif allié, constituent la cible.

La petite maison dans la forêt

La ligne Maginot, construite à grands frais au début des années 1930, s’arrêtait à une quinzaine de kilomètres au sud-est de Sedan, au fort de La Ferté. A partir de 1938, on avait essaimé dans son prolongement une vingtaine de maisons fortes, construites au cœur des bois situés entre la Meuse et la frontière belge. Elles avaient l’apparence de simples pavillons et pouvaient loger en permanence six hommes à l’étage. Le niveau inférieur était un bunker percé de meurtrières et doté d’un canon antichar.

Au début de l’après-midi du 12 mai, La forêt résonne d’un vrombissement sourd. Les chenilles éventrent le mauvais chemin, le sol se met à trembler et les Panzer de Guderian se présentent en file indienne devant la maison forte de Saint-Menges. Les occupants du petit édifice et les maigres troupes venues en renfort ne sont pas de taille à lutter. Le fossé antichar, les barbelés ou les chicanes ne se montrent d’aucune utilité. Un obus éventre l’étage et des salves de mitrailleuses visent les multiples orifices. A l’intérieur, les défenseurs sont terrassés par la puissance du feu ennemi et doivent finalement se rendre. Le lieutenant Boulenger, le brigadier Colette, le pointeur Guilbert et les canonniers Bellenou et Le Gleut ne se relèvent pas. Ils sont les premiers morts recensés sur le sol français pendant la bataille de France. Ils en annoncent malheureusement bien d’autres.

SWG