Avant la conquête romaine et la fondation de la ville d'Autun, la puissante nation celtique des Éduens avait colonisé le sommet du mont Beuvray et y avait installé une vaste ville fortifiée. César la visita en personne et il la désigne sous le nom de Bibracte dans sa Guerre des Gaules.

Avant de devenir président de la République en 1981, François Mitterrand fut pendant deux décennies le maire de la petite ville de Château-Chinon, capitale du Haut-Morvan. Une fois élu à la magistrature suprême, il n'oublia jamais cette région de France. En passionné d'histoire et en homme de culture, il se laissa notamment convaincre par les scientifiques de la richesse et de l'importance du mont Beuvray. L'ancienne Bibracte fut déclarée Site d'Intérêt National et l'on décida la création d'un musée pour y exposer les trouvailles archéologiques.

Un musée d'exception pour un site d'exception :

Le bâtiment construit au pied du mont Beuvray s'insère parfaitement dans le paysage et les vastes salles permettent d'exposer les riches collections dans un cadre agréable et lumineux. Le parcours est jalonné de maquettes, de vidéos, de panneaux explicatifs d'une très grande clarté. Les objets patiemment exhumés un à un de la terre de Bibracte, sont soigneusement présentés dans de belles vitrines.  Même le plus insignifiant d'entre-eux possède son histoire et nous éclaire un peu sur le quotidien de ceux qui vivaient ici, il y a plus de deux mille ans. Nous gardons notamment en mémoire ces deux étonnants bijoux en bronze, représentant pour l'un un loup, pour l'autre un sanglier.
À l'étage, une salle a été réservée pour abriter des expositions temporaires. Au cours de l'année 2010, les visages des Celtes étaient à l'honneur, avec la remarquable exposition intitulée « Les Gaulois font la tête ». On pouvait notamment y contempler des bustes en bois représentant des hommes ou des femmes, des cranes, des casques, des torques, ces fameux colliers métalliques que les Gaulois portaient fièrement autour de leur cou. Ces « têtes de Gaulois » ont plié bagage le 14 novembre dernier, mais elles ont pris leurs quartiers d'hiver au musée Joseph Déchelette de Roanne, où l'on peut encore aller les admirer jusqu'au 15 mai 2011.

Un site grandiose :

Après la visite du musée, le visiteur curieux doit absolument aller se perdre au sommet du mont Beuvray, dans une étrange forêt peuplée d'arbres torturés (les queules), de hauts lieux légendaires et semée d'immenses ruines. Là, sur ce promontoire battu par les vents, s'épanouissait autrefois l'une des plus grandes et des plus belles cités datant de l'époque de l'indépendance gauloise. 

Pour en savoir plus :

Site officiel de Bibracte http://www.bibracte.fr/
L'ouvrage « Bibracte, capitale gauloise sur le Mont Beuvray », guide de visite édité par Bibracte, Centre archéologique européen.

SWG