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Château d'Amboise, XVe, XVIe siècle.


Textes et photos ©

Fondation :
  • Premières mentions vers l'an mil pour la forteresse médiévale.
Sous le règne de :
  • Robert II le Pieux (996-1031)
Grandes dates :
  • Epoque gauloise : Existence d'un camp celtique.
  • 502 : Rencontre entre Clovis I et Alaric II sur une île de la Loire près d'Amboise.
  • IXe siècle : Passe dans la mouvance des comtes d'Anjou.
  • 1050 : Le seigneur d'Amboise fait allégeance au comte de Blois.
  • 1434 : Charles VII confisque la place d'Amboise, rattachée au domaine royal.
  • 1492 : Charles VIII lance le chantier du nouveau château d'Amboise.
  • 7 avril 1498 : Charles VIII se tue à Amboise en heurtant un linteau de porte.
  • 1501 : Louis XII installe le jeune François d'Angoulême (futur François Ier) dans le château d'Amboise.
  • 1560 : Conjuration d'Amboise et féroce répression à partir du 17 mars. Nombre de huguenots sont exécutés sur place.
  • 1631 : La forteresse est partiellement démantelée.
  • 1661 : Arrestation de Fouquet qui sera enfermé à Amboise.
  • 1848 : Abd el-Kader prisonnier au château.
Principal intérêt :
  • La monumentale forteresse-palais d'Amboise est le dernier grand château fort royal bâti en France. Pour une large part œuvre du roi Charles VIII (1483-1498), il comprend notamment deux étonnantes tours cylindriques abritant chacune une rampe en pente douce destinée à permettre aux chevaux ou charrettes d'accéder à l'éperon couronné. Amboise affiche un somptueux mélange de style gothique finissant et des premiers canons Renaissance, tout droit importés d'Italie. Depuis le promontoire, magnifique vue sur la Loire.
Statut :
  • Classé Monument Historique en 1840. Propriété privée.
Bibliographie :
  • Pas de référence pour le moment.

Les origines :

Le site est occupé depuis l'époque gauloise. Les Turons, peuple celte sédentarisé dans la région, y possèdent un oppidum. Saint Martin y établit une église au IVe siècle de notre ère. L'évêque Grégoire de Tours, dans son Historia Francorum (Histoire des Francs) évoque le vicus Ambaciensem, territorii urbis Turonicae (village d'Amboise, sur les territoires de la ville de Tours). Il place à proximité une entrevue entre Clovis I (476-511) et le roi des Wisigoths Alaric II (484-507). La Loire marque alors la limite entre leurs deux états. Dans le vocabulaire de ce temps, le terme vicus désigne une petite agglomération, un gros bourg sans fonction administrative précise.

La seigneurie d'Amboise est confiée par Charles le Chauve (841-877) à un certain Aymon, puis par son fils Louis II le Bègue (877-879) à Ingelger, ancêtre des comtes d'Anjou. Foulques III Nerra (987-1040), descendant de ce dernier, y bâtit au moins une forteresse, pour verrouiller la Loire en amont de la ville de Tours. Il semble cependant que plusieurs forteresses coexistent plus ou moins pacifiquement sur le site pendant la première moitié du XIe siècle. La maison de Blois, rivale de celle d'Anjou, obtient la suzeraineté de la place en 1050. Amboise demeure dans la même puissante famille, jusqu'à sa confiscation en 1434 par le roi Charles VII (1422-1461). Louis XI (1461-1483) boude quelque peu les lieux, préférant notamment son paisible manoir du Plessis-les-Tours.

L'âge d'or :

Son fils Charles VIII, en revanche, est né et a grandi à Amboise. Il décide dès 1489 la construction d'un palais conforme à son rang et aux nouveaux goûts, largement influencés par la Renaissance italienne. Plusieurs années s'avèrent nécessaires pour réunir les fonds et les travaux ne débutent qu'en 1492. Le jeune monarque trouve la mort dans son beau château encore en chantier le 7 avril 1498, en heurtant du front un linteau de porte. Philippe de Commynes raconte la fin peu glorieuse de celui qui prétendait régner sur la France et l'Italie du Nord : " Et entrerent ensemble en une gallerie, rompue a cause des ouvraiges, que on appeloit la gallerie de Hacquelebac, pour ce que cestui la l'avoit autrefoiz, eu en sa garde. Et estoit le plus deshonneste lieu de ceans, car tout le monde y pissoit et estoit rompue. Et a l'entree se hurta le front contre l'huys, combien qu'il fust bien petit. " Le roi poursuit comme si de rien, puis est pris d'un malaise vers deux heures de l'après-midi. Il reste étendu en cet endroit malodorant plusieurs heures et expire peu avant minuit.

Le château n'en a pas pour autant terminé avec les fastes princier. Louis XII, qui réside à Blois, le donne dès 1501 au jeune François d'Angoulême, son plus proche parent. Il est donc, en l'absence d'héritier, son successeur potentiel. François y passe une bonne part de son enfance, à jouer en compagnie de Robert de Marck, seigneur de Fleurange (le Jeune Aventureux), Philippe Chabot de Brion, Anne de Montmorency (voir Ecouen, La Fère-en-Tardénois ) et Marin de Montchenu. Il ne quitte Amboise que pour aller vivre à Blois, auprès du roi. Sa mère, Louise de Savoie, consigne dans son journal : " le 6 d'aoust 1508, du temps du roy Louis XII, mon fils partit d'Amboise pour être homme de cour, et me laissa toute seule. " François, devenu roi en janvier 1515, séjourne encore régulièrement à Amboise jusqu'en 1518. Le prince à la salamandre installe au Clos-Lucé, non loin de là, le vieux Léonard de Vinci qu'il a ramené après sa première campagne d'Italie en 1515. C'est là que le savant décède, le 2 mai 1519.

Bain de sang et décadence :

Amboise connaît un épisode particulièrement sanglant au commencement des guerres de Religion. Les premières persécutions contre les luthériens ont débuté au temps de François Ier, mais elles n'ont pas empêché la religion réformée de conquérir de nouveaux adeptes en France, même chez les plus hauts personnages du royaume. En mars 1560, le roi François II séjourne au château d'Amboise. Inspiré par Louis Ier de Bourbon, prince de Condé, un complot se noue dans les milieux protestants pour enlever le roi, et ainsi le soustraire à l'influence des ultra-catholiques Guise. La conjuration est emmenée par un obscur gentilhomme périgourdin nommé La Renaudie. Un certain Linière dénonce les projets des rebelles. Le 17 mars 1560, les conjurés mal préparés lancent un assaut sur Amboise, vigoureusement repoussé. La répression qui s'ensuit est féroce. Un témoin protestant déplore : " Plusieurs jours durant, pendant tout un mois, furent employés à couper des têtes, à pendre et à noyer. "

Le château n'est plus désormais qu'une résidence de second ordre. Donné par Louis XIII à son frère Gaston d'Orléans (voir Blois, Chambord), rebelle invétéré, il est pris en 1631 par les armées royales et partiellement démantelé. Il fait ensuite fonction de prison d'état et " héberge " notamment le célèbre surintendant Fouquet, après que Louis XIV l'ait fait arrêter. Le monument subit de nombreuses mutilations au XIXe siècle. Abd el-Kader y est enfermé de 1848 à 1852. Il revient tardivement à la famille de feu le comte de Paris. Henri de France le donne à la fondation Saint Louis qu'il a créée pour la sauvegarde du patrimoine français.




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