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Château de Chenonceau, XVIe siècle.


Textes et photos ©

Fondation :
  • A partir de 1512 pour le palais Renaissance.
Sous le règne de :
  • Louis XII (1498-1515)
Grandes dates :
  • XIe siècle : Première mention du village de Chenonceaux.
  • 1414 : Ordre royal de détruire le manoir de Chenonceaux.
  • 1432 : Début de la construction de la nouvelle forteresse médiévale.
  • 1512 : Thomas Bohier maître de Chenonceaux.
  • 1521 : Fin de la première tranche des travaux (le logis rectangulaire).
  • 1524 : Mort de Thomas Bohier.
  • 1535 : Antoine Bohier est contraint de céder Chenonceaux à François Ier pour acquitter les dettes de son père, mêlé à l'affaire Semblançay.
  • 1547 : Henri II donne Chenonceaux à Diane de Poitiers. Elle lance peu après la construction d'un pont sur le Cher.
  • 1559 : Mort de Henri II. Sa veuve Catherine de Médicis oblige l'ex-favorite à échanger Chenonceaux contre Chaumont-sur-Loire. Catherine complète le château où elle aime à séjourner.
  • 1577 : Inauguration en présence de Henri III de la salle de bal sur le pont galerie.
  • 1589 : Mort de Catherine de Médicis. Chenonceaux passe à Louise de Vaudémont, femme du roi Henri III.
  • 1624 : Chenonceaux à César de Vendôme, fils légitimé de Henri IV et de Gabrielle d'Estrée.
  • 1733 : Chenonceaux à la famille des fermiers généraux Dupin.
  • 1789 : A la Révolution, selon une tradition tenace, le château de Chenonceau perd son " x " final afin de marquer la rupture avec le passé royal de la demeure.
  • 1914/1918 : Le château devient hôpital militaire.
  • 1940/1942 : Le château est à cheval sur la ligne de démarcation, entre zone libre et zone occupée.

Principal intérêt :
  • Planté dans un écrin de jardins à la française, Chenonceau présente la particularité de constituer une île au milieu du Cher. Chef-d'œuvre de la Renaissance française, il témoigne de toute l'évolution architecturale connue entre 1512 et 1580. On y trouve notamment l'un des premiers escaliers à rampes droites connus sur notre sol.
Statut :
  • Classé Monument Historique en 1840. Propriété Privée.
Bibliographie :
  • Pas de référence pour le moment.

Les origines :

Le village de Chenonceaux est attesté dès le XIe siècle. Durant la majeure partie de la période médiévale, il est la propriété de la famille Des Marques. Un petit manoir, sans doute sommairement fortifié, y existe au XIIIe siècle, à proximité d'un moulin banal. En 1414, le roi Charles VI, ou plus exactement ceux qui exercent le pouvoir en lieu et place de ce souverain fou, ordonnent de détruire Chenonceaux pour rébellion à l'ordre et à la volonté royales.

Après un retour en grâce, Jean des Marques fait construire à compter de 1432 une forteresse plus vaste. Il en demeure le donjon cylindrique à l'avant de l'actuel palais Renaissance. Mais la famille se trouve bien vite dans des difficultés pécuniaires et est obligée de céder progressivement son domaine au financier Thomas Bohier (1512). Bohier a acquis une immense fortune au service des rois Charles VIII, Louis XII et plus tard François Ier. Il abat la forteresse médiévale, à l'exception du donjon, et lance à Chenonceaux, comme Gilles Berthelot à Azay-le-Rideau, l'édification d'un château conforme à l'esprit de la première Renaissance française. Les travaux durent jusqu'en 1521, dirigés en large partie par Catherine Briçonnet, épouse de Thomas Bohier. Les membres du couple ne profitent que très peu de leur nouvelle demeure, puisqu'ils décèdent respectivement en 1524 et 1526. Leur fils, Antoine Bohier, hérite de leurs possessions. Mais la mémoire de Thomas Bohier est mêlée à l'affaire Semblançay (1527) et Antoine, pour rembourser les dettes de son père à l'égard de la monarchie, se voit contraint de céder Chenonceaux à François Ier.

Le château des Dames :

L'avènement du roi Henri II (1547), marque un tournant dans l'histoire de Chenonceaux. Le roi est épris depuis de très longues années de la splendide Diane de Poitiers, de 20 ans son aînée. Il comble immédiatement sa favorite de dons somptueux, lui baillant notamment les fonds pour transformer Anet. Il lui octroie en outre le château de Chenonceaux avec ses dépendances. Diane n'aura de cesse d'embellir son domaine et son palais, destiné à abriter ses amours princières. Elle y fait notamment tracer un jardin par Pacello da Mercoliano et lance sur le Cher un pont (dans l'esprit de celui que l'on trouve à La Fère-en-Tardénois), dont elle confie la réalisation à Philibert Delorme (Fontainebleau et Anet). La mort accidentelle de Henri II en 1559, prive la duchesse de Valentinois de son royal soutien. La reine veuve, Catherine de Médicis, qui la considère comme une " catin ", selon ses propres termes, l'oblige à restituer Chenonceaux. Il est toutefois à noter qu'il ne s'agit pas là d'une spoliation pure et simple, puisqu'elle lui donne en échange le château de Chaumont-Sur-Loire. Catherine fait surmonter le pont d'une galerie à deux étages et lui donne son aspect actuel. La nouvelle salle de bal est inaugurée dans le faste en présence du roi Henri III en 1577.

Tous les grands du royaume passent un jour ou l'autre par Chenonceaux, à commencer par François II et son épouse, Marie Stuart, Charles IX et sa femme, Elisabeth d'Autriche, et donc Henri III. C'est entre ces murs que le prince de Condé nie sa participation à la conjuration d'Amboise de 1560. C'est aussi en ce lieu chargé d'histoire que Jeanne d'Albret, reine protestante de Navarre, vient négocier en 1571 le mariage de son fils Henri (futur Henri IV) avec la princesse Marguerite de Valois (la reine Margot), fille de Catherine et de Henri II.

Fin de l'époque royale :

Le château revient à la mort de Catherine de Médicis (5 janvier 1589) à Louise de Vaudémont-Lorraine, épouse de son unique fils survivant, le roi Henri III. Veuve après l'assassinat de son mari par le moine intégriste Jacques Clément (2 août 1589), Louise s'y enferme dans le deuil et la prière, jusqu'à son propre décès en 1601. Chenonceaux passe entre les mains d'une nièce de Louise, et c'est elle qui se chargera de le transmettre à ses descendants. Il échoira notamment à César de Vendôme, fils légitimé du roi Henri IV et de sa favorite Gabrielle d'Estrée. Le domaine est acquis en 1733 par la famille Dupin. Mme Dupin aime à recevoir les grands esprits de son temps : Voltaire, Montesquieu, Buffon ou encore Marivaux fréquentent son salon. Le philosophe Jean-Jacques Rousseau en personne est le précepteur du fils de la maison. De son expérience d'éducateur naîtra le fameux Emile, ou le traité de l'Education.

Une tradition tenace affirme que Madame Dupin ôta au nom de Chenonceaux son " x " final, afin de mieux marquer, sous la Révolution, la rupture avec l'Ancien Régime. Aujourd'hui encore, le village apparaît sur les cartes sous le nom de Chenonceaux et le château sous celui de Chenonceau. Hôpital militaire durant la Première Guerre Mondiale, il est situé sur la ligne de démarcation en 1940 : la moitié du pont galerie est en zone occupée par les Allemands, l'autre en zone libre. Le site (parc et château) est désormais l'objet de soins constants.



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