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Château de Chambord, XVIe siècle.


Textes et photos ©

Fondation :
  • Sans doute un ancien pavillon de chasse des comtes de Blois avant 1498. Totalement reconstruit à partir de 1518 par le roi François Ier.
Sous le règne de :
  • François Ier (1515-1547)
Grandes dates :
  • 1559 : Mort du roi Henri II. Le chantier est définitivement arrêté.
  • 1626 : Gaston de Blois, frère de Louis XIII, est comte de Blois et propriétaire de Chambord.
  • 1670 : Molière donne une représentation du Bourgeois gentilhomme à Chambord, pour Louis XIV.
  • 1745 : Le maréchal de Saxe propriétaire de Chambord.
  • 1792 : Chambord échappe par miracle à la destruction.
  • 1809 : Napoléon Ier donne Chambord au maréchal d’Empire Berthier.
  • 1871 : Henri de Chambord publie son « Manifeste aux Français » depuis le château.
  • 1930 : L’Etat devient propriétaire du château.
Principal intérêt :
  • Chef-d'oeuvre de la première Renaissance française, Chambord constitue un ensemble remarquablement homogène construit en une petite quarantaine d'années à peine (1518-1559). Les occupants successifs y ont laissé leur trace, témoignant d'une évolution permanente du site au travers des âges.
Statut :
  • Classé Monument Historique en 1840. Propriété de l’Etat.
Bibliographie :
  • Denis Anne, Le château de Chambord, Editions Complexe et Caisse Nationale des Monuments historiques, Bruxelles, 1992.

Il existait un pavillon de chasse à Chambord - sans doute une petite forteresse - avant 1518, propriété des comtes de Blois. André Félibien, sieur des Avaux et historiographe des bâtiments du roi Louis XIV, rapportait en 1681 : " le chasteau de Chamborg est situé à quatre lieues de Blois, dans une plaine où passe la petite rivière du Cosson qui vient de la Sologne et va se rendre dans la Loire. C'estoit autrefois une maison où les anciens comtes de Blois alloient prendre le divertissement de la chasse. "

Le roi François Ier (1515-1547) adorait l'endroit et décida d'y faire édifier une somptueuse résidence à compter de 1519. Les plus prestigieux architectes se penchèrent sur ce projet, au premier rang desquels, bien qu'il n'en existe aucune preuve formelle, se tenait certainement le fameux Léonard de Vinci. Le chantier pharaonique débuta par la construction de la partie centrale appelée " donjon ".
Dans un étonnant paradoxe, alors que son trésor était en permanence à sec, le dispendieux souverain ne lésina guère sur la dépense lorsqu'il s'agissait d'embellir Chambord. Il songea même un instant à détourner le cours de la Loire (à quatre kilomètres de là !) pour amener l'eau au pied de son rêve de pierre. Sans doute dissuadé par ses ingénieurs effrayés par le défi technique, il se contenta de faire dévier l'un des petits affluents du grand fleuve, plus proche et moins capricieux : le Cosson.
Les travaux se poursuivirent durant tout le règne du prince à la salamandre. Ils ne furent interrompus qu'en 1524 et 1525, après sa défaite de Pavie (Italie) et sa captivité - dorée - madrilène. Son fils Henri II (1547-1559) poursuivit l'œuvre paternelle, mais le château de Chambord ne fut jamais achevé.

Pratiquement inoccupé après 1576, il tombait en ruine dès les premières années du XVIIe siècle. Louis XIII l'octroya avec le comté de Blois en 1626 à son frère Gaston d'Orléans, également bâtisseur d'une aile splendide du château de Blois. Gaston s'attacha à restaurer la vieille demeure. Un devis daté de 1641 atteste d'un état de délabrement assez avancé : " Les plafonds sont ruinés, pourris et corrompus par les eaux gelées. " A la mort de Gaston en 1660, le domaine rénové revint derechef dans l'escarcelle de la monarchie. Louis XIV appréciait visiblement le séjour et s'y fit aménager de magnifiques appartements. Molière donna notamment dans la salle des gardes la première représentation de son " Bourgeois Gentilhomme " (1670).
Le palais passa ensuite de mains en mains au gré de la volonté royale. Il fut successivement octroyé par Louis XV à son beau-père Stanislas Leszcynski (de 1725 à 1733), roi déchu de Pologne, puis au Maréchal de Saxe (de 1745 à 1750), en récompense pour sa victoire de Fontenoy du 11 mai 1745. Abandonné après la mort de Hermann Maurice de Saxe, Chambord délaissé se dégrada à nouveau rapidement.

La Révolution Française le déshabilla de ses derniers oripeaux et certaines voix s'élevèrent pour réclamer que ce symbole de la mégalomanie monarchique soit purement et simplement détruit. L'administration départementale demanda à la Convention en 1792 " de transformer ce repère de vautours en habitations de bons patriotes. " La pétition préconisait " que le cy devant château de Chambord soit rayé et démoli en entier et que l'acquéreur des matériaux soit tenu de bâtir cinquante habitations composées de deux chambres, une écurie et un grenier. " Seul au bout du compte le mobilier sera pillé et dispersé.

Miraculeusement sauvé de la disparition, Napoléon Ier offrit la grandiose ruine au maréchal d'Empire Berthier, vainqueur de la bataille de Wagram (1809). Mai celui-ci n'eut guère les moyens financiers nécessaires à la remise en état des lieux et sa veuve le vendit en 1820. Une souscription nationale fut lancée et la somme recueillie permit de l'acheter pour l'offrir au petit-fils de Charles X, le jeune comte Henri de Bordeaux. La chute des Bourbons en 1830 (les Trois Glorieuses) le contraignit à l'ostracisme avec sa mère et le château fut abandonné pour la troisième fois.

Chambord fut une dernière fois mêlé à l'Histoire de notre pays après la défaite française de 1870-1871 et la chute du Second Empire. La question de la restauration monarchique se posa alors, encouragée par un fort parti royaliste emmené par le maréchal Mac-Mahon. On rappela en France le duc de Bordeaux et comte de Chambord, exilé depuis 1830 au château autrichien de Frohsdorf. Henri de Chambord choisit aussitôt de vivre dans la demeure dont il portait fièrement le nom. Il y publia en 1871 un " Manifeste aux Français " dans lequel il refusait de reconnaître le drapeau tricolore et proclamait haut et fort son attachement à la bannière blanche de ses ancêtres : " Henri V, écrivit-il, ne peut abandonner le drapeau blanc d'Henri IV. " Cette intransigeance lui coûta le trône qui s'offrait pourtant à lui et la France choisit définitivement la voie républicaine (1873). La " Gueuse " (Ainsi les royalistes qualifiaient-ils la République) triomphait heureusement et Henri de Bordeaux reprit définitivement le chemin de Frohsdorf, où il mourut en 1883. Chambord fut à nouveau abandonné à la forêt.

L'État racheta le château et son domaine aux héritiers du comte Henri, en 1930. Et c'est paradoxalement La Gueuse tant décriée qui restaura heureusement ce joyau de la première Renaissance française.




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