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Le château fort : les origines


Textes et photos ©

L’histoire de la fortification se confond avec celle de l’humanité. Depuis des temps immémoriaux, les hommes ont pris l’habitude de protéger biens et personnes en dressant des palissades, en élevant des murailles et en creusant des fossés. Le château médiéval, que nous appelons « château fort », s’inscrit dans cette longue lignée de constructions défensives. La France compte encore des milliers de vestiges qui constituent autant d’emblèmes du « Moyen Age ».



La butte d'Omont (Ardennes). Dès les premiers temps de la féodalité, peu après 900, elle fut couronnée d'une forteresse certainement en terre et en bois. Cette dernière servit de refuge à un potentat local particulièrement remuant. Il s'agit de l'un des premiers " châteaux forts " de l'histoire. Diaporama...

Etymologie :

Le terme château provient de l'ancien français castel, dérivé du latin castellum. Les textes anciens évoquent parfois de fors chastiaux, mais la locution d'usage courant château fort ne semble pas antérieure à la fin du XVIIe siècle ou au début du XVIIIe siècle. Elle a par ailleurs une connotation pléonastique : le château médiéval est fort par définition.

La naissance du château fort :

Sous les premiers rois carolingiens (VIIIe-IXe siècles), le droit de fortifier est une prérogative strictement régalienne, c'est-à-dire que seul le monarque peut donner l'autorisation de construire ou de détruire une fortification. La désorganisation du pouvoir central liée aux invasions scandinaves et aux violentes querelles dynastiques, favorise l'émergence progressive de pouvoirs locaux presque indépendants. Le droit de fortifier tend alors à être confisqué par des officiers subalternes. Dès 864 et le capitulaire de Pîtres, le roi Charles le Chauve (840-877) doit rappeler les règles du droit et demander la destruction des points fortifiés dressés sans son accord. Le processus se poursuit malgré tout et s'accélère même au Xe siècle. Le terme castrum, jusqu'alors employé pour désigner des camps importants, voire de petites villes fortifiées, est désormais utilisé pour qualifier des fortifications de faible importance.

Le rôle du château fort :

Le château a plusieurs fonctions. Il est à la fois un centre de pouvoir, un symbole d'autorité, un outil de sécurité militaire et une demeure familiale. Posséder un point fortifié est le meilleur moyen, pour un lignage, d'apposer son sceau sur un secteur géographique. Le château est intimement lié à son détenteur et à la terre qui l'environne. Le seigneur y exerce son autorité, y perçoit les taxes ou y rend la justice, lorsque cela fait partie de ses prérogatives (seigneurie dite " banale "). Ce château doit également constituer un refuge sûr pour ceux qui y vivent et fournir le cas échéant un abri aux populations riveraines.

Il s'agit surtout, en ces premiers temps de la féodalité, de se prémunir d'un coup de main perpétré par un voisin mal intentionné. Mais ce château est également le lieu de résidence du seigneur et de ses proches. On distingue derrière les remparts deux ensembles distincts : l'aula (désigne notamment la cour d'un prince en latin), la pièce de vie , l'endroit où l'on reçoit du public et où l'on prend les repas en commun ; la camera (signifiant d'abord " pièce voûtée ", puis " chambre "), la partie privative à laquelle seuls le seigneur et ses proches ont accès. Viendra ensuite s'ajouter la capella (la chapelle), oratoire privé du maître des lieux.

Terre et bois :

La pierre est rare et chère et les maçons compétents ne courent pas les rues. La terre et le bois sont en revanche des matériaux partout présents en abondance. Leur manipulation ne requiert pas de compétences spécifiques. Il faut certes un œil expert pour superviser les travaux, mais les paysans du cru servent de main d'œuvre gratuite. On creuse des fossés que l'on garnit éventuellement de buissons épineux. La terre excavée est utilisée pour élever des talus. Ces talus sont surmontés de palissades en bois. Les forteresses ainsi élevées peuvent prendre des formes multiples. La plus fameuse est la motte artificielle tronconique, sur laquelle se dresse une tour de bois. La motte peut recevoir à ses pieds une basse-cour cernée d'un rempart palissadé. La vie quotidienne dans un tel castrum se déroule dans cette basse-cour et la tour ne sert que de refuge en cas d'attaque.

 


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