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Cité fortifiée de Carcassonne, IIIe, XIIIe siècle - site cathare.


Textes et photos ©

Fondation :
  • IVe ou IIIe siècle av. J.-C.
Sous le règne de :
  • Epoque celtique.
Grandes dates :
  • 121 : Les Romains écrasent dans la région une coalition de deux peuples gaulois : les Arvernes et les Allobroges.
  • Soumission probable de toute la contrée à leur autorité.
  • Vers 118 : Fondation de Narbonne.
  • Ier siècle av. J.-C. : Fondation d'une colonie romaine à Carcaso, sur l'emplacement d'un ancien oppidum celtique.
  • IIIe siècle : Construction d'une première enceinte urbaine.
  • Ve siècle : Les Wisigoths maîtres de la région.
  • 719 : Les Maures s'emparent de Carcassonne.
  • 759 : Pépin le Bref leur reprend la ville.
  • XIIe siècle : Nombre de Cathares s'implantent dans le secteur.
  • 1209 : Prise de Carcassonne par les croisés. Raymond-Roger Trencavel fait prisonnier meurt peu après.
  • 1224 : Son fils Raymond Trencavel reprend Carcassonne à Amaury de Montfort.
  • 1226 : Louis VIII s'empare de la ville.
  • 1229 : Par le traité de Paris, le comte de Toulouse Raymond VII reconnaît à la monarchie capétienne la propriété de Carcassonne.
  • 1659 : Annexion du Roussillon par la France. La ville perd tout intérêt stratégique.
  • XIXe siècle : Destruction programmée des remparts. Mérimée arrête le processus. Début du chantier de restauration sous la tutelle de Viollet le Duc.
Principal intérêt :
  • La démesure de l'ensemble ne peut laisser personne indifférent. Du IIIe siècle au XIIIe siècle, Carcassonne constitue un concentré de l'architecture militaire antique et médiévale. Unique en son genre !
Statut :
  • Classé Monument Historique en 1862. Propriété de l'Etat. Classé au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1997.
Bibliographie :
  • Pas de référence pour le moment.

Des Celtes aux Carolingiens :

Un oppidum celtique occupait l'actuel emplacement de la Cité de Carcassonne dès l'époque celtique. Il appartenait à la tribu des Volques Tectosages, dont la principale place était Tolosa (Toulouse). Les Romains pénétrèrent dans la région au IIe siècle avant notre ère et y fondèrent des colonies. Narbo Martius (Narbonne) devint la capitale d'une nouvelle province romaine : la Narbonnaise. A Carcasso stationna d'abord une garnison, vite remplacée par une nouvelle colonie avant le début de l'ère chrétienne. La ville n'obtint cependant jamais le statut de cité. Les premiers raids germaniques, dans la seconde moitié du IIIe siècle apr. J.-C., amenèrent les autorité locales à bâtir une enceinte urbaine comme un peu partout en Gaule.

Au Ve siècle, les Vandales, les Alains et les Suèves traversèrent et dévastèrent la région. Les Wisigoths s'en emparèrent après avoir pillé Rome (410). Ils établirent alors un immense empire s'étendant de la Loire au détroit de Gibraltar. Par sa victoire de Vouillé en 507, Clovis les refoula vers les Pyrénées. Il parvint l'année suivante à mettre la main sur Carcassonne qui, selon l'historien grec Procope, abritait le légendaire trésor des Wisigoths. La domination franque dans le secteur ne fut qu'éphémère. Les Ostrogoths les en chassèrent et les Wisigoths parvinrent à réoccuper une mince bande côtière s'étirant du Rhône au massif des Corbières, bordée au nord par les Cévennes et comprenant les villes de Nîmes, Lodève, Béziers, Narbonne et Carcassonne. On donne à ce territoire le nom de Septimanie. Les successeurs de Clovis tentèrent en vain de s'en emparer à plusieurs reprises. Un évêché apparaît à Carcassonne à la fin du VIe siècle.

En 711, les Maures mirent un terme à l'existence du royaume wisigothique et s'implantèrent dans la péninsule ibérique. Ils franchirent les Pyrénées et s'emparèrent de Carcassonne en 719. Charles Martel les arrêta à Poitiers en 732 et commença à les repousser vers le sud. A son fils Pépin le Bref revint la tâche de les rejeter au-delà des Pyrénées. En 759 il était maître de Carcassonne.

Une ville convoitée :

La place passa aux mains des comtes de Toulouse avant d'être inféodée aux vicomtes de Béziers. Elle fut alors l'enjeu d'âpres luttes diplomatiques et militaires entre la famille des Trencavel, propriétaire des lieux, et les comtes de Barcelone. Les premiers parviendront finalement à affirmer leur indépendance dans le courant du XIIe siècle.

Durant ce même siècle se répandit un peu partout en Europe une religion nouvelle appelée à une destinée tragique : le catharisme. Le comte de Toulouse fut bien vite accusé par les autorités pontificales de favoriser la propagation de cette foi nouvelle. Des foyers particulièrement importants d'hérésie se développèrent autour des villes de Béziers, Albi et Carcassonne. L'assassinat du légat pontifical Pierre de Castelnau en 1208 mit le feu aux poudres. Le pape Innocent III prêcha la croisade contre les Cathares et exposa en proie les terres des seigneurs méridionaux.

Dès 1209, une puissante armée croisée se dirigea vers le Languedoc. Béziers fut prise et ses habitants massacrés (22 juillet 1209). Elle se présenta ensuite sous les murs de Carcassonne. Le jeune vicomte Raymond-Roger Trencavel s'y était retranché. Bien vite la cité dut se rendre et Trencavel alla croupir dans une geôle. Il y trouva la mort peu après, sans doute assassiné ou victime de mauvais traitements. Son fils, Raymond Trencavel, parvint à reprendre la ville en 1224, mais se vit contraint de capituler devant les troupes du roi de France Louis VIII le Lion en 1226. Le traité de Paris, conclu au cours de l'année 1229 par Raymond VII de Toulouse et la régente Blanche de Castille, veuve de Louis VIII et mère de Louis IX (saint Louis), consacra définitivement la mainmise de la monarchie capétienne sur Carcassonne.

La ville devint dès lors sénéchaussée royale. Proche de la frontière avec le royaume d'Aragon, elle revêtit un rôle stratégique majeur. Louis IX, puis Philippe III le Hardi et Philippe IV le Bel s'efforcèrent de rendre la ville inexpugnable en complétant copieusement ses défenses.

De l'abandon à l'Unesco :

A la fin du XVe siècle, Carcassonne semblait solidement protégée par ses deux enceintes et ses épais remparts. Mais la ville cessa vite de jouer un rôle prépondérant dans les affaires du pays. On arrêta d'entretenir les anciennes murailles qui tombèrent lentement en ruine. L'annexion du Roussillon par la France en 1659 l'éloigna un peu plus de la frontière avec l'Espagne. Au début du XIXe siècle, la vieille ville servait de carrière de pierre aux habitants de la région. Prosper Mérimée la trouva dans un état de dégradation avancé lorsqu'il s'y rendit pour la première fois : " La vieille ville n'est guère habitée aujourd'hui que par de pauvres artisans. Ses rues sont irrégulières, ses maisons tombent en ruines […] Le couronnement des tours est en général très endommagé. " La destruction de l'ensemble avait d'ailleurs été programmée par le conseil municipal.

La valeur du monument incita le gouvernement français à lancer un immense chantier de restauration. Sa direction fut confiée à Eugène Viollet le Duc, déjà célèbre pour ses réalisations à Vézelay et Notre-Dame de Paris. Les travaux s'étendirent sur plus de trente ans après 1852. On a beaucoup glosé sur les interventions de l'architecte parisien, en oubliant souvent de mentionner que son dynamisme, allié à la volonté inflexible de Mérimée, permit de sauvegarder l'un des fleurons du patrimoine architectural français. Inscrite depuis 1997 au patrimoine mondial de l'UNESCO, Carcassonne connaît grâce à l'afflux touristique un nouvel âge d'or.
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