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Château de Château-Gaillard, XIIe siècle.


Textes et photos ©

Fondation :
  • 1196-1197 par Richard Cœur de Lion, duc de Normandie et roi d'Angleterre.
Sous le règne de :
  • Philippe II Auguste (1180-1223)
Grandes dates :
  • 1196 : le traité de Gaillon offre au Capétien le Vexin Normand. Richard Cœur de Lion décide de verrouiller la route de Rouen en établissant une puissante forteresse au lieu dit " Roche Gaillard "
  • Mars 1204 : Philippe Auguste s'empare du Château-Gaillard.
  • 1314 : Deux des brus du roi Philippe IV le Bel sont enfermées dans le donjon.
  • 1591 : Henri IV s'empare de la place après deux ans de siège.
  • 1603 : Début du dépeçage du vieux château.

Principal intérêt :
  • Au-delà de la légende qu'incarne le site, le Château-Gaillard est sans doute l'exemple le plus homogène et le plus complet de l'architecture Plantagenêt en France. Construit en moins de deux ans, il constitue une véritable encyclopédie des techniques de fortification à la fin du XIIe siècle.
Statut :
  • Classé Monument Historique en 1862. Propriété de l'Etat.
Bibliographie :
  • Sochon Serge, Château-Gaillard, Editions Corlet, Condé-sur-Noireau, 1985.

La fille du Lion :

La petite rivière Epte, affluent de la rive droite de la Seine, marquait depuis 911 la frontière entre les possessions du roi de France et celles du duc de Normandie. Elle était bordée sur ses deux rives d'innombrables châteaux, formant un glacis protecteur pour chacune des deux entités territoriales.

En 1196, Richard Cœur de Lion et Philippe Auguste concluent un accord amputant la Normandie de sa façade orientale, en échange de la restitution de certaines forteresses du Berry dont Issoudun et de quelques concessions politiques. Mais le flanc de l'Empire Plantagenêt est désormais ouvert et le roi de France peut très vite devenir une menace pour Rouen. Afin de contenir ce péril, Richard décide dans le courant de l'année 1196 l'édification du Château-Gaillard au-dessus de la ville fortifiée d'Andeli.

Le chantier qui s'ouvre mobilise une masse incroyable d'ouvriers, carriers, charpentiers, menuisiers. Les défenses de la cité primitive font l'objet d'importantes réfections. Le cours de la Seine est barré. Des étendues cultivables sont inondées. Un nouveau bastion connu sous le nom de Petit Andeli jaillit du néant. L'île d'Andeli et la presqu'île de Bernières sont fortifiées. Enfin, au sommet de la Roche-Gaillard, à près de 100 mètres au-dessus des eaux du fleuve, s'élève un château défiant l'imagination par ses proportions et sa puissance. Les travaux sont terminés en une année. Contemplant son œuvre achevée, Richard se serait écrié : " Ah ! Qu'elle est belle ma fille d'un an ! " Son rival capétien aurait affirmé en retour : " Je la prendrai, fussent ses murs en fer ! ". Le Plantagenêt, jamais en reste de bons mots, aurait rétorqué : " Je la défendrai, fussent ses murs en beurre ! "

Durant les années 1197-1198, Philippe Auguste accumule les revers militaires. Richard, fidèle à sa légende, démontre ses talents guerriers hors de pair. En 1199, alors qu'il assiège le château de Châlus (Haute-Vienne) pour mater un vassal indocile, il reçoit un carreau d'arbalète à l'épaule. La blessure paraît d'abord superficielle mais finit par s'infecter : le roi est emporté en quelques jours. Il s'éteint au pied de la forteresse convoitée le 6 avril.

Château-Gaillard à Philippe Auguste :

A Richard succède son frère, Jean Sans Terre. D'un caractère pusillanime, ce prince démontre vite son inaptitude aux affaires. Ils possède un don particulier à s'aliéner ses meilleurs soutiens, à se susciter des ennemis. Philippe profite de cette faiblesse chronique et décrète en 1202 la confiscation (commise) de la Normandie, sur des arguments juridiques douteux mais d'une terrible efficacité.

Après quelques violentes escarmouches durant l'année 1202, le roi de France lance une expédition d'envergure au printemps 1203. En août, son armée campe au pied de la Roche-Gaillard. Elle s'empare très vite des bastions périphériques, de l'île sur la Seine et des deux Andelis. Il se dispose alors à attaquer la forteresse principale. Pour bloquer la place, on creuse des fossés, on élève des talus dominés par des tours de bois. Des machines de jet assurent un pilonnage permanent des remparts adverses.

Au pied du Château-Gaillard se déroule un épisode terrible. Pour éviter d'épuiser trop vite ses vivres, la garnison décide d'expulser toutes les bouches inutiles. Des hordes déguenillées, femmes, vieillards, enfants sortent des murs et se présentent devant les retranchements français. Ils sont impitoyablement refoulés. Pas question non plus de retourner au château. Les malheureux errent alors entre les deux camps ennemis, privés de toute nourriture. On meurt de froid et de faim. Des cas de cannibalisme sont rapportés. Le sort de ces misérables finit par émouvoir Philippe. Il autorise enfin leur passage, mais seule une poignée a survécu à l'épreuve. A la guerre, les plus vulnérables payent souvent le plus lourd tribut.

En mars 1204, après 6 mois d'un siège éprouvant, les Français lancent enfin l'assaut. Ils comblent les fossés, sapent les murailles du châtelet et parviennent à l'enlever. Une poignée d'hommes repère une fenêtre accessible par la tour des Latrines, escalade la muraille et boute le feu. La garnison acculée ne peut plus tenir et doit se rendre.

Le verrou forcé, les troupes royales filent vers Rouen et Caen, qui tombent sans coup férir. Après trois siècle d' " autonomie " au sens féodal du terme, la Normandie revient à la couronne de France.

Guerre et prison :

La forteresse devient ensuite une prison royale. Marguerite et Blanche de Bourgogne, épouses respectives des princes Louis de Navarre et Charles de la Marche, deux des fils du roi Philippe IV le Bel (1285-1314), en éprouvent la rigueur à partir de 1314. Telle est leur récompense pour avoir osé orner les têtes de leurs époux de belles paires de cornes. Une couronne s'accommode toujours fort mal de pareils attributs. Marguerite meurt de froid, de misère et de privations l'année suivante. Blanche quitte la place en 1325 pour entrer au couvent de Maubuisson (Val-d'Oise).

Château-Gaillard connaît encore à plusieurs reprises le feu des armes durant la Guerre de Cent Ans. Des sièges sont mentionnés en 1416, 1431 et 1449.

Pendant les guerres de Religion, Le roi Henri IV s'en empare en 1591 après deux années de siège et ordonne son démantèlement en 1603. Son fils Louis XIII achève l'œuvre paternelle en 1616. Les pierres du châteaux sont notamment utilisées par les Capucins du couvent du Grand-Andeli et les Pénitents de Saint-François du Petit-Andeli, pour restaurer leurs couvents respectifs.




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