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Château d'Harcourt, XIe, XVIIe siècle.


Fondation :
  • Vers 1078
Sous le règne de :
  • Philippe Ier (1060-1108)
Grandes dates :
  • 912 : Bernard le Danois reçoit le domaine d'Harcourt.
  • Vers 1078 : Errand d'Harcourt se retire en son château.
  • Vers 1175 : Robert II dit « le Fort » bâtit la seconde fortification.
  • XIIIe siècle : reconstruction probable de la forteresse dans l'esprit philippien.
  • Entre 1370 et 1380 : Jean VI la modifie considérablement.
  • 1418-1449 : les Anglais occupent Harcourt.
  • 1589-1591 : guerres de Religion. La place est disputée entre ligueurs et royaux.
  • 1695-1704 : Françoise de Brancas modernise le château.
  • 1802 : Louis Gervais Delamarre achète Harcourt et y développe l'arboretum.
Principal intérêt :
  • Le château d'Harcourt, malgré ses nombreux remaniements, a parfaitement conservé son plan d'origine du XIe siècle : motte et basse-cour. Le patrimoine végétal lui servant d'écrin est remarquable.
Statut :
  • Classé Monument Historique en 1862. Propriété du département de l'Eure.
Bibliographie :
  • Le château d'Harcourt, SAEP Éditions, 1994.

Naissance d'une forteresse

Harcourt du latin « Hariulfi Curtis » signifie « le domaine d'Harolf » ou « le domaine du loup ». Il s'agit peut-être là d'un indice d'une occupation à l'époque carolingienne.

Selon une tradition fort ancienne, c'est après le traité de Saint-Clair-sur-Epte (911) que Rollon, nouveau maître de la Normandie, octroie à un certain Bernard le Danois la terre d'Harcourt. Anchetil, quatrième seigneur des lieux, prend le nom du domaine dans le courant du XIe siècle (avant 1066). Errand, son fils aîné et successeur, accompagne Guillaume le Conquérant en Angleterre et participe à la bataille d'Hastings (14 octobre 1066). Vers 1078, il revient en Normandie auréolé de gloire et se retire à Harcourt. La forteresse daterait de cette époque selon certains historiens. Il s'agit sans doute à cette époque de l'un de ces châteaux en terre et en bois, si répandus au XIe siècle.

Le second château est bâti par Robert II le Fort dans la seconde moitié du XIIe siècle. Une charte de l’abbaye du Bec-Hellouin (Eure) le mentionne en 1173-1174 et une autre, de Notre-Dame-de-Barbery, date sa construction après 1175. Robert accompagne Richard Cœur de Lion en Terre sainte (1189) et le suit jusqu'en captivité.

 

Vassaux des rois de France

En 1204, après la chute du Château-Gaillard, le roi Philippe Auguste met la main sur la Normandie et les Harcourt deviennent rapidement de fidèles vassaux des Capétiens. Jean Ier accompagne saint Louis lors de ses deux croisades (1248 et 1270). C'est très certainement ce même Jean Ier qui donne à la forteresse l'aspect philippien qu'on lui connaît encore de nos jours.

Jean IV, premier Comte d'Harcourt, pousse la fidélité envers son suzerain, le roi de France Philippe VI de Valois, jusqu'à mourir sur le champ de bataille de Crécy (25 août 1346). Pour la petite histoire, son frère cadet, Geoffroi d'Harcourt, combat alors aux côtés du roi d'Angleterre Édouard III. Jean VI sert d'otage de 1360 à 1364 à Londres pour garantir l'exécution du traité de Brétigny. Il reçoit plus tard une confortable subvention royale et entreprend de nombreux travaux au château d'Harcourt.

Les Anglais s’emparent de la place en mars 1418, lors de l'invasion de la Normandie par Henri V d'Angleterre. En août 1449, les troupes commandées par Dunois mettent le siège devant Harcourt. L’artillerie française y est présente en force, comme l'attestent les « Vigiles de Charles VII » de Martial d'Auvergne : « le siège y fut près de huit jours et puis les engins si tirèrent si fort contre carneaulx [créneaux] et tous que les murs tout oultre percèrent ». Après 31 ans d’occupation, les Anglais abandonnent Harcourt le 15 septembre 1449.



Légende : BNF, Ms. Fr. 5054, fol. 161V° : Le siège d'Harcourt (1449) par Dunois, dans les « Vigiles de Charles VII » de Martial d'Auvergne. L'enluminure représente une forteresse idéale et ne ressemble en rien au véritable château d'Harcourt.

Époque moderne :

C’est Charles de Lorraine (le comté est passé dans cette famille en 1452), farouche catholique, qui fait subir une nouvelle fois au château les fureurs de la guerre. Entre 1589 et 1591, les troupes de la Ligue, retranchées à Harcourt, subissent les assauts des troupes royales d’Henri III, puis de celles d'Henri IV. Chaque camp prend par deux fois le château, alors fortement endommagé par l’artillerie.

À la fin du XVIIe siècle (de 1695 à 1704), Françoise de Brancas, épouse du comte Alphonse de Lorraine, transforme le château en résidence de campagne. Elle fait remplacer l'enceinte et le fossé oriental par une terrasse. La face intérieure de la vieille forteresse est habillée d'une austère façade classique.

Après la Révolution, Harcourt est mis en vente. Louis Gervais Delamarre l’achète en 1802. Il y développe un vaste domaine forestier et y plante de nombreuses essences rares, dont deux cèdres du Liban que l'on peut toujours admirer. Il crée ainsi l'embryon de l'arboretum que nous connaissons encore aujourd'hui.



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