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Château de Langeais, Xe, XVe siècle.


Textes et photos ©

Fondation :
  • En 994 ou en 995 par le comte d'Anjou Foulques Nerra (987-1040).
Sous le règne de :
  • Hugues Capet (987-996)
Grandes dates :
  • Vers 994 : construction d'une première forteresse en terre et en bois par Foulques Nerra, aussitôt attaquée - vainement - par le comte Thibaut de Blois.
  • Avant l'an mil : Construction du donjon en pierre.
  • 1206 : Philippe II Auguste maître de la place.
  • 1427 ou 1428 : Destruction de la forteresse par les Anglais.
  • 1465 : Début de la construction d'un nouveau château sur ordre de Louis XI.
  • 1491 : Mariage à Langeais de Charles VIII et d'Anne de Bretagne.
  • 1904 : Jacques Siegfried lègue le château et ses collections à l'Institut de France.
Principal intérêt :
  • Les débris du vieux donjon sont parmi les plus anciens fragments maçonnés en élévation de forteresses médiévales conservés en France. Seuls l'aula de Doué-la-Fontaine, une partie de la Tour Thibaud de Château-Thierry et les vestiges récemment mis à jour au château de Mayenne sont incontestablement plus anciens.
  • Le château de Louis XI est un parfait fossile de l'architecture castrale au 2/3 du XVe siècle. Il ne présente étrangement aucun signe patent d'adaptation aux armes à feu.
Statut :
  • Classé Monument Historique en 1922. Propriété de L'Institut de France.
Bibliographie :
  • Pas de référence pour le moment.

Dans le cadre de sa lutte permanente contre les comtes de Blois pour la possession de la Touraine, le comte d'Anjou Foulques III Nerra (987-1040) fit édifier ou s'empara de plusieurs forteresses autour de la ville de Tours, contrôlant ainsi les principales voix d'accès à la grande cité archiépiscopale. Fondettes, Semblançay, Chérament, Amboise, Montrichard, Montbazon, Tour-Eblon, Sainte-Maure, Loches, Cornille, Montrésor, Chinon et Langeais appartiennent à cette série d'ouvrages.

L'historien Richer, auteur vers l'an mil d'une Histoire des Francs, précise à propos de ce dernier que " Foulques se jetant sur Eudes [comte de Blois, 978-995], ravagea ses terres puis y construisit non loin de Tours un oppidum qu'il fortifia. Il y plaça une garnison et la remplit de soldats. Prévoyant qu'Eudes viendrait la détruire, il alla trouver le roi [Hugues Capet, 987-996] et l'implora de le secourir. " Et effectivement Eudes ne chôma pas, tentant de monter une vaste coalition contre son ennemi. Richer toujours : " Il demande de l'aide aux Français de la Belgique et leur promet s'ils viennent de les récompenser pour leur bonne grâce. Eudes appelle aussi les Flamands [le comte de Flandre Baudouin IV le Barbu donc] et requiert leur aide, à charge de revanche s'ils ne repoussent pas sa demande. Eux aussi acceptent volontiers sa requête. Il envoie enfin aux Pirates [ainsi Richer qualifie-t-il les Normands. Il pare même le duc de Normandie Richard Ier (942-996) du titre de " pyratarum dux ", duc des pirates] pour les implorer de ne pas lui refuser des forces. On fixe à tous l'époque et le lieu de rassemblement " Avant même l'arrivée de ses alliés, Eudes de Bois se jeta sur Langeais. Il ne pouvait tolérer la présence de cette forteresse construite sur ses terres par un rival. Un château solidement bâti constituait le moyen le plus sûr de s'approprier une contrée… ou de la perdre… Foulques se sentant menacé envoya des émissaires afin de demander la paix. Il promit notamment de " détruire le château qu'il avait construit dans le fief d'Eudes et d'en évacuer la garnison. " Mais l'annonce de l'arrivée de l'ost royal bouleversa la donne. Foulques Nerra et Hugues Capet firent leur jonction. La situation se renversa et ce fut cette fois Eudes qui demanda une trêve. Elle lui fut accordée et le potentat regagna ses états sans encombre, mais Foulques conservait Langeais.

L'offensive de Foulques et la réplique d'Eudes eurent probablement lieu en 994, voire en 995. Nous pensons que l' " oppidum " évoqué par Richer était l'une de ces simples forteresses de terre et de bois, très répandues à cette époque. Le rythme des événements semble en effet bien trop soutenu pour permettre l'édification d'un gros château de pierre. En revanche, Foulques Nerra commença certainement à renforcer sa position dès le retrait du comte de Blois. De cette époque datent donc, selon toute vraisemblance, les vestiges du grand donjon encore visibles de nos jours.

Langeais continua de servir de point d'appui aux comtes d'Anjou face au comtes de Blois, jusqu'au triomphe définitif des premiers en 1044. Il subit de nouveaux sièges en 1037 et en 1038. Le 21 août 1044, Geoffroi Martel (1040-1060), fils et successeur de Foulques Nerra, écrasa le comte de Blois Thibaut III à Saint-Martin-le-Beau. Il s'empara enfin de la Touraine convoitée par ses prédécesseurs depuis un siècle et la place fondée par son père perdit toute utilité stratégique. Elle tomba entre les mains de Philippe Auguste en 1206. Prise une première fois par les Anglais pendant la Guerre de Cent Ans en 1361, elle fut presque entièrement rasée en 1427 ou 1428. Louis XI donna en 1465 l'ordre de la reconstruire. Jean Bourré, célèbre pour son fameux château personnel du Plessis-Bourré (Maine-et-Loire), fut chargé de cette tâche. C'est à Langeais enfin, qu'eut lieu le 6 décembre 1491 le mariage entre le roi Charles VIII (1483-1498) et Anne de Bretagne (1477-1514).

Relativement épargné par les outrages du temps, Langeais fut légué en 1904 à l'Institut de France par le mécène et esthète Jacques Siegfried. Ce dernier avait rassemblé dans le château une importante collection d'œuvres des XVe et XVIe siècles.




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