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Château de Nantes, XIIIe, XVIIIe siècle.


Textes et photos ©


Plan du château au XVIIIe siècle extrait d'une étude militaire (1783).

C'est au début du XIIIe siècle que Gui de Thouars décida d'abandonner le site du château Bouffay, pour en ériger un nouveau dans l'angle sud-est de l'enceinte gallo-romaine. De cet ensemble originel (XIIIe-XIVe siècle) ne subsiste plus que le Vieux Donjon, grosse tour à vocation résidentielle couronnée de mâchicoulis bretons. Il est adossé à la courtine nord.

Une vaste enceinte pentagonale irrégulière (500 m de chemin de ronde) en granit à arases d'ardoise, cernée de douves, est flanquée à chaque angle d'une grosse tour à canon ronde ou en U. La plus imposante, la tour du Fer à Cheval, trône à la pointe ouest. Elle s'élève à une vingtaine de mètres, possède des murailles épaisses de 6 mètres et est couverte d'un joli pavillon richement ornementé. Une autre tour très similaire, quoique nettement moins trapue, la tour des Jacobins, coupe la courtine vers l'ouest. C'est également de ce côté que l'on a percé l'accès principal, entre les puissantes tours de la Boulangerie et du Pied de Biche. Elles possèdent aussi des couvertures à pavillons en tuffeau blanc et les murailles sont percées de canonnières de formes diverses. Un pont dormant amène aujourd'hui à un unique pont-levis charretier. La place est dotée de mâchicoulis bretons sur presque tout son pourtour.

Le front nord a subi d'importants dommages. La tour des Espagnols et la tour au Duc n'ont laissé que leur empreinte au sol. Cette dernière s'avère particulièrement intéressante, fournissant un plan d'une tour à canon avec casemates d'artillerie. Elle était reliée à un bastion du XVIe siècle encore en élévation par une double-caponnière.

L'austérité qui se dégage de cette construction est effacée dès que l'on pénètre dans la cour. Le Grand Logis et le Grand Gouvernement, appuyés sur les courtines ouest, s'élèvent sur plusieurs niveaux. Le Grand logis fut l'œuvre de François II et surtout d'Anne de Bretagne. La façade est percée de nombreuses fenêtres, ornées d'accolades néogothiques très bien inspirées lors de restaurations aux XIXe et XXe siècles. On remarque au niveau des toits plusieurs lucarnes sur lesquels figurent l'hermine bretonne et le porc-épic (animal symbole de Louis XII). Ces lucarnes affichent un étonnant mélange entre les derniers feux du gothique flamboyant et les premières influences italiennes. Les communications verticales sont assurées par quelques escaliers internes, mais surtout par deux étonnantes vis jumelles logées dans la tour de la Couronne d'Or. On trouve au sommet des loggias richement décorées. Le Grand Gouvernement est un bâtiment d'architecture classique, reconstruit après l'incendie de 1670. Dans la cour également s'élèvent le Petit Gouvernement, pavillon de style Renaissance (XVIe siècle), et le Harnachement, érigé par les militaires au XVIIIe siècle pour le stockage de l'artillerie.

Un modèle de restauration :

La restauration d'un Monument Historique est souvent l'objet d'interminables controverses. A Nantes, " un parti a été adopté : chaque élément a reçu un traitement particulier en fonction de la nature des modifications qui lui ont été apportées au cours des siècles. Respecter cette évolution a été considéré comme primordial afin de montrer et de transmettre l'histoire inscrite dans les murs de ce monument " (citation tirée du site du château, voir en page d'accueil). Il ne s'agissait donc pas de restituer le palais dans l'état où l'avait laissé Anne de Bretagne, encore moins de se contenter de cristalliser les vestiges sans apporter la plus petite modification, mais bien de redonner à l'ensemble son aspect à l'apogée de sa splendeur. Et le moins que nous puissions dire est que la réussite s'avère totale. En s'appuyant sur tous les documents anciens à sa disposition, l'architecte des Monuments Historiques, M. Pascal Prunet, sous l'œil vigilant de Mme Marie-Hélène Jouzeau, conservatrice du Patrimoine et directrice du château des Ducs de Bretagne, a accompli un véritable chef-d'œuvre. Les façades ont recouvré leur blancheur d'antan, la tour de la couronne d'or a retrouvé ses deux flèches, perdues depuis le XVIIe siècle. Il en va de même pour le campanile planté sur le chemin de ronde reliant les tours jumelles de l'entrée… A voir et à revoir…

Le château de Nantes la nuit par Didier Faure : clichés 21 à 26 du diaporama.




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