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Château du Plessis-Bourré, XVe siècle.

Généralités - Historique - Diaporama

Textes et photos ©

Fondation :
  • 1468, par le financier Jean Bourré.
Sous le règne de :
  • Louis XI (1461-1483).
Grandes dates :
  • 1472 : Fin des travaux au Plessis-Bourré.
  • 1793 : Arrestation du comte de Ruillé. Seul véritable épisode guerrier de l'histoire du château.
  • 1914-1918 : Le château est transformé en hôpital militaire.
Principal intérêt :
  • Petit chef-d'œuvre de la fin du Moyen Âge, le Plessis-Bourré annonce par bien des aspects le palais de la Renaissance. Son implantation au milieu de douves en eau lui confèrent une silhouette unique.
Statut :
  • Classé Monument Historique en 1931. Propriété privée.
Bibliographie :
  • De Sauvebeuf Bruno, " Le Plessis-Bourré ", Angers, 2001.

Le lieu-dit Plessis-le-Vent est acheté par Jean Bourré en 1462. Les travaux de l'actuel château débutent en 1468 et sont pratiquement achevés en 1472. Louis XI puis Charles VIII y effectuent au moins un séjour chacun. Durant les Guerres de Religions, il est enlevé aux Ligueurs sans coup férir. Les murs du Plessis-Bourré ne connaissent réellement le feu des armes qu'une fois au cours de leur histoire : lors de l'arrestation du comte de Ruillé, en 1793. Hôpital militaire durant la Première Guerre Mondiale, le site est classé Monument Historique en 1931 et appartient aujourd'hui à la famille de Sauvebeuf qui l'entretient avec soin.

Un grand quadrilatère (68 m sur 59 m) est flanqué aux angles de quatre tours rondes. Une fausse-braie, certainement aménagée pour protéger la base des courtines de l'action érosive de l'eau, le cerne sur tout son pourtour. Elle devait servir à l'occasion de promenoir. Les douves totalement inondées du Plessis-Bourré en font une île parfaite, seulement reliée à la terre ferme au moyen d'un double pont-levis à flèches (piétonnier et charretier) logé dans une tour-porte rectangulaire couronnée d'une belle rangée de mâchicoulis. Deux fines échauguettes à toitures en poivrière parachèvent l'ensemble.

La tour trônant à l'angle sud-est surpasse largement les autres par ses dimensions et commande au reste de la place. Elle est dotée de jolis mâchicoulis décorés de subtils motifs trilobés, tels que l'on en rencontre à Chinon, Langeais, Durtal, Montsoreau, Saumur, Ponts-de-Cé ou encore, Chaumont-sur-Loire (liste non exhaustive). De tels ornements sont couramment utilisés durant la seconde moitié du XIVe siècle et tout au long du XVe siècle. Cette tour maîtresse fait office de donjon, mais ses volumes intérieurs sont intégrés aux appartements seigneuriaux (camera).

Ceux-ci s'articulent autour d'une vaste cour. A l'orient s'étire une galerie à deux niveaux reliant la chapelle coincée dans l'angle nord-est et les appartements adossés à la courtine sud. On trouve également dans l'aile sud du corps de logis la traditionnelle grande salle, lieu de vie principal du château médiéval. Les étages sont desservis par une grande vis (angle sud-ouest) et un second escalier privatif niché au sud-est.

En un temps où les armes à feu ont rendu caduques les vieilles forteresses, le Plessis-Bourré incarne à merveille l'importance de la symbolique architecturale dans une société médiévale finissante. Hautes tours, mâchicoulis et échauguettes, ne peuvent plus guère protéger que d'une petite bande armée errante. Ils ne sauraient résister à un siège d'envergure, mené dans les règles de l'art avec les moyens destructeurs modernes. Ils témoignent par conséquent essentiellement de la richesse et du pouvoir de celui qui occupe les lieux. C'est le même état d'esprit, l'attachement aux mêmes traditions, qui incitera Diane de Poitiers à doter les deux tours enserrant la porte de son château de Chaumont-sur-Loire, d'une couronne de mâchicoulis purement ornementale au beau milieu du XVIe siècle.




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