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Château de Murol, XIIIe, XVIIe siècle.

Généralités - Historique - Diaporama

Fondation :
  • Peut-être vers 1200 pour la forteresse actuelle.
Sous le règne de :
  • Philippe II Auguste (1180-1223)
Grandes dates :
  • 1399 : Mort du cardinal Jean de Murol, évêque de Saint-Paul-Trois-Châteaux.
  • 1400 - 1420 : Reconstruction du châteaul.
  • 1423 : Guillaume de Murol autorise la construction d'un four à pain sur ses terres de Jassac.
  • Début XVIIe : Jean III d'Estaing construit le logis neuf.
  • XVIIIe siècle : le château est à l'abandon.
Principal intérêt :
  • Murol, construit en pierre de lave, constitue un bel exemple d'adaptation d'une forteresse ancienne à l'usage des armes à feu au XVIe siècle. Longtemps habitée, elle a par ailleurs subi de nombreuses modifications et témoigne donc de l'évolution des modes de vie nobles sur près de 300 ans. Il nous semble donc difficile de suivre l'avis de Prosper Mérimée, lorsqu'il affirmait sans ambages : " Je recommande le château de Murol à tous les amateurs de paysage, mais ce n'est point là qu'il faut aller étudier l'architecture militaire du moyen-âge ".
Statut :
  • Classé Monument Historique en 1889. Propriété de la commune.
Bibliographie :
  • Pas de référence pour le moment.

Historique :

Un nommé Amblard de Comptour est seigneur d'Indiciat, Ussel, Ravel, Aubière et Murol dès la fin du Xe siècle. Les terres de Murol passent à une branche cadette de la famille des Comptour-Chambe dans le courant du XIIe siècle. Une forteresse est alors attestée, mais il semble toutefois, selon Charles-Laurent Salch, qu'il s'agisse plutôt de la motte encore visible de nos jours sur les rives du lac Chambon. Le rocher basaltique n'est occupé qu'au carrefour des XIIe et XIIIe siècles. De cette époque datent les plus anciens vestiges maçonnés et l'une des nefs de la chapelle. Le château est entièrement reconstruit au début du XVe siècle par Guillaume de Murol, neveu du cardinal Jean de Murol. Le chantier s'ouvre sous la direction de l'architecte Pierre Celeyrol. Guillaume nous a également légué un livre précieux sur les usages seigneuriaux de son temps, dans lequel il détaille méticuleusement son style de vie, sa garde-robe... Le château passe par mariage à la famille d'Estaing en 1455. Il est à plusieurs reprises modifié, restauré, avant d'être définitivement abandonné au cours du XVIIIe siècle.

Description :

Le château s'articule autour d'un noyau central juché sur un rocher basaltique très saillant. Les flancs de l'éminence naturelle ont été taillés et maçonnés afin de constituer un parfait glacis. Les courtines semblent s'en arracher pour former un polygone irrégulier. Elles ont une épaisseur variant entre 1,50 mètre et 2 mètres au sommet. Le chemin de ronde est constellé d'échauguettes en cul-de-lampe datant, selon toute vraisemblance, de la première moitié du XVIe siècle. Ce chemin de ronde était autrefois crénelé sur tout son pourtour. Du côté nord trône une belle tour cylindrique. Henri Lecoq, dans la grande tradition des voyageurs du XIXe siècle, témoigne de son étonnement devant les splendeurs découvertes depuis son faîte : " Une tour ronde domine non seulement le château, mais aussi tout le pays des environs. C'est là qu'il faut monter pour avoir une juste idée des bouleversements que le feu des volcans a pu produire autrefois. "

Le cœur de la place était occupé par une cour dallée avec citerne, recueillant l'eau de pluie depuis les toitures grâce à un système de gouttières et de canalisations en plomb. Les logis, érigés au début du XVe siècle, ont subi de nombreuses campagnes de rénovation aux XVIe et XVIIe siècles. Ils comprenaient d'assez vastes appartements, une grande salle, des communs, une cuisine avec fournil. On pénètre dans la forteresse au moyen d'une porte bien protégée grâce à une petite rangée de mâchicoulis et desservie par une rampe d'accès longeant le flanc est. Une chapelle castrale se dresse encore à l'ombre de la grosse tour. Elle ne comptait à l'origine qu'une nef romane (fin XIIe-début XIIIe ?) curieusement doublée dans le même style au XVe siècle. Il nous faut également noter la présence d'une tour-maîtresse ronde dans l'angle nord-est.

Toute la colline fut cernée par un grand rempart pendant les Guerres de Religions. Cette seconde enceinte, remarquable en tous points, est flanquée de cinq tours à canon en amande. Jean III d'Estaing construisit un logis neuf au XVIIe siècle dans la basse-cour est. Il en reste principalement en élévation le pavillon d'entrée.



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