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Châteaux de Châlucet, XIIe, XIIIe siècles.


Textes et photos ©

Fondation :
  • Vers 1130.
Sous le règne de :
  • Louis VI le Gros (1108-1137).
Grandes dates :
  • Vers 1130 : Fondation des châteaux.
  • 1270-1280 : Construction du palais fortifié par Géraud de Maulmont.
  • 1305 : Châlucet devient forteresse royale.
  • 1376-1394 : Des routiers à la solde des Anglais occupent Châlucet.
  • 1574-1577 : Le château est un point fort des protestants.
  • 1594 : Démantèlement du château.
  • 1912 : Premiers travaux de consolidation des ruines.

Principal intérêt :
  • Au sommet de l'éperon, le Haut-Châlucet offre un superbe exemple de résidence seigneuriale de la fin du XIIIe siècle. Ses atouts guerriers, comme sa courtine-écran et son couloir de circulation, ainsi que sa tour-porte avec créneaux et mâchicoulis, sont remarquables.
    Vers la pointe, le Bas-Châlucet est l'un des rares castra fossile du Limousin n'ayant pas souffert de l'évolution de son espace urbain.
Statut :
  • Classé Monument Historique en 1875. Propriété du Conseil Général de la Haute-Vienne.
Bibliographie :
  • Christian Rémy : Châlucet, dans le secret d'une forteresse médiévale CDRom - Ultime - 2000
  • Extraits du bulletin de la Sté Archéologique et Historique du Limousin 1999-2000-2002 de P. Conte, S. Campech et Ch. Rémy sur site internet www.archea.net.

En amont des ruines, des indices archéologiques attestent d'une occupation du site vers le chalcolithique (2300-2000 ans av. J.-C.), puis à l'âge de fer (800 et 600 av. J.-C.).

C'est la Chronique de Saint-Martial, tirée des archives de l'abbaye de Solignac, qui nous renseigne sur l'existence d'un château à Châlucet. Pendant la guerre opposant le comte de Poitiers à l'évêque Eustorge de Limoges, ce dernier fonde le bas castrum vers 1130. Il reçoit dans sa lutte le soutien inconditionnel d'Adémar III, vicomte de Limoges, et l'aide de deux chevaliers de la famille des Bernard de Jaunhac. La nouvelle agglomération fortifiée, qui peut accueillir une quinzaine de familles de chevaliers, est dirigée par une communauté de co-seigneurs. Un texte datant de 1196 livre quelques noms à notre curiosité : Pierre et Géraud de Frachet, Bernard de Jaunhac, Gui de Périgord, Gui Jourdain, Bernard de Royère.

Toujours vers 1130, le vicomte de Limoges, parvenant à usurper à l'abbé de Solignac certains droits suzerains sur le castrum, fonde le second château : le Haut-Châlucet.

Durant la guerre de la vicomté (entre 1260 et 1277), Châlucet devient une base d'opérations pour les troupes du vicomte Gui VI. Celles-ci s'opposent aux habitants du château de Limoges, qui se sont mis sous la protection des rois-ducs Plantagenêts, Henri III (1216-1272) d'abord, puis Edouard I (1272-1307). A la mort du vicomte, en 1263, son conseiller, Géraud de Maulmont (ou Maumont), s'approprie les droits vicomtaux sur le haut château ainsi que les droits de certains co-seigneurs du Bas-Châlucet. Grâce à des moyens financiers importants (il est au service des rois de France Philippe III le Hardi puis Philippe IV le Bel, et touche des subsides de leur part), il fait édifier, autour du noyau castral primitif, entre 1270 et 1280, le vaste palais fortifié que nous connaissons aujourd'hui. A sa mort, en 1299, ses biens sont partagés entre ses neveux : Pierre, Guillaume et Hélie. Ce dernier, proche conseiller du roi Philippe le Bel, décède en 1305. Le roi souhaitant récupérer Châlucet force Pierre et Guillaume à échanger les châteaux limousins de leur oncle, contre des seigneuries en Aunis et en Auvergne. Par ce fait, Châlucet devient forteresse royale. Aucun souverain n'y séjournera pourtant jamais. Le roi Philippe V le Long (1317-1322), dès 1317, se sépare de Châlucet au profit d'Henri de Sully, ministre des finances et gouverneur d'Aquitaine. Au milieu du XIVe siècle, sa nièce, Marguerite de Bourbon, s'installe au château et terrorise les moines de Solignac.

En 1369, en pleine guerre de Cent Ans, la garnison de Châlucet, composée de trois chevaliers et de neuf écuyers, résiste à un siège des troupes anglaises. Mais en 1376, la forteresse tombe aux mains de routiers à la solde des Anglais. Pendant des années, ces soldats, commandés par un certain Pierre de Fontaines, dit Perrot le Béarnais, vont piller la région. Jean Froissart parle de " Perrot le Bernois, capitaine de Caluset " et nous narre dans le détail les exploits du personnage. En 1394, devant une forte expédition royale, les soudards quittent les lieux, non sans avoir au préalable perçu une forte rançon.

Après le départ du Béarnais et de ses compagnons, le château est donné à Charles d'Albret. Mais ses gascons se comportent exactement comme leurs sinistres prédécesseurs. Afin que cessent définitivement les pillages, le roi de France doit insister auprès du sire d'Albret pour que celui-ci choisisse les châtelains dans la noblesse locale.

Durant les guerres de Religion, entre 1574 et 1577, Châlucet devient une base d'opération protestante. Jacques de Maulmont, seigneur de Saint-Vitte et lointain héritier de Géraud, se prétend seigneur de Châlucet et s'y installe. Il en sera délogé le 19 octobre 1577, par une armée du gouverneur royal après un siège de cinq jours. Le château ressort de ces combats partiellement ruiné. Le coup de grâce lui est donné en janvier 1594, lorsque la ville de Limoges envoie des ouvriers pour le détruire, afin d'éviter qu'une bande de Ligueurs, ultra-catholiques militants en rupture de ban avec le pouvoir d'Henri IV, ne s'en empare.
Lors de ses voyages d'inspection (entre 1834 et 1840) Prosper Mérimée remarque Châlucet. Au siècle suivant, en 1912, une première consolidation des ruines est réalisée. Ces efforts se révèlent toutefois insuffisants : une partie du donjon du Haut-Châlucet s'effondre en 1918.

En 1996, le Conseil Général de Haute-Vienne en devient propriétaire et entame un vaste programme de fouilles et de restauration.
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