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Château de Druyes-les-Belles-Fontaines, XIIe siècle.

Généralités - Historique - Diaporama

Textes et photos ©

Fondation :
  • Castrum attesté en 1031. Possession des comtes de Nevers.
Sous le règne de :
  • Robert II le Pieux (996-1031).
Grandes dates :
  • Après 1150 : Guillaume III de Nevers débute la construction de la forteresse.
  • 1181 : Mort de Guillaume V de Nevers. Ses possessions passent à Pierre II de Courtenay.
  • 1188 : Pierre II octroie à Druyes une charte en faveur de la commune d'Auxerre.
  • 1216 : Pierre II reçoit à Druyes les ambassadeurs venus lui proposer le trône de l'Empire Romain d'Orient.
  • 1223 : Mahaut de Nevers affranchit à Druyes tous les serfs de la région.
  • 1369 : Druyes passe à la maison de Bourgogne.
Principal intérêt :
  • Druyes est une sorte de prototype annonçant les canons philippiens. Avec le château de La Robertière (Eure-et-Loir) dont il ne reste presque rien, il est le plus ancien spécimen connu en France de palais-forteresse carré cantonné aux angles de tours cylindriques. Il ne possède pas de donjon. Il démontre tout le dynamisme des architectes du XIIe siècle et leur volonté de rompre avec le schéma traditionnel des grands donjons résidentiels quadrangulaires.
Statut :
  • Classé Monument Historique en 1924. Propriété privée.
Bibliographie :
  • Pas de référence pour le moment.

Le village de Druyes est attesté à la fin du VIe siècle (Drogia), mais existait probablement depuis l'époque gallo-romaine. La région fut dévastée par les Vikings après le grand siège de Paris (885-886) et l'on peut présumer que les habitants allèrent chercher un refuge plus sûr ailleurs. En 1031, Druyes appartenait aux puissants comtes de Nevers, rattachés à la famille capétienne par plusieurs mariages. Un castrum y existait dès cette époque.

L'actuelle forteresse fut sans doute commencée dans la seconde moitié du XIIe siècle par Guillaume III de Nevers (1148-1161). Le chantier fut poursuivi par ses successeurs, Guillaume IV (1161-1168), Guy (1168-1175) et Guillaume V (1175-1181). A la mort de ce dernier, le comté de Nevers et toutes ses dépendances passèrent à sa sœur Agnès, épouse de Pierre II de Courtenay. Pierre, futur empereur latin de Constantinople (1217-1219), semblait apprécier le château de Druyes. C'est là qu'il délivra en 1188, une charte communale à la ville d'Auxerre. C'est également derrière ces murs qu'on vint lui offrir en 1216 la couronne de l'Empire Romain d'Orient. Sa fille Mahaut y résida aussi très souvent, affranchissant même les serfs de la région en 1223.

Au XIVe siècle, Druyes passa successivement aux mains des comtes de Flandre, puis de la maison de Bourgogne à partir de 1369. Certainement jugé trop désuet, le château n'était plus guère fréquenté par ses propriétaires. Rattaché à la France comme la plupart des possessions bourguignonnes en 1477, Druyes fut progressivement abandonné par ses détenteurs successifs et sombra dans l'oubli.

Le classement comme Monument Historique en 1924 le tira de sa torpeur. Des restaurations y débutèrent après 1950. Une dynamique association, les Amis du Château de Druyes, assure désormais l'entretien et l'animation du site.

Le château est planté à l'extrémité d'un plateau dominant nettement la région. Il était inséré dans une enceinte urbaine de près d'un kilomètre de long. Il subsiste notamment de cet ouvrage une tour-porte du XVe siècle avec passage sous arc surbaissé et deux étages planchéiés. Le sommet est ceinturé sur trois côtés de mâchicoulis à consoles particulièrement longues.

Le château dessine un carré de 52 mètres de côté, cantonné aux angles de tours cylindriques de faible diamètre (6 mètres) et autrefois hautes de 15 mètres. Elles commandaient les courtines qui culminaient à seulement 8 mètres sur trois côtés, 10 mètres au sud. Les murs atteignent deux mètres d'épaisseur. Les bases des constructions ne sont pas talutées.

Les courtines est et ouest sont coupées en leur milieu par une tour carrée. Celle située à l'orient abritait le chœur de la chapelle. La nef a aujourd'hui disparu. Un puits de 50 mètres de profondeur alimentait les résidents en eau.

Contre la muraille sud venait s'appuyer l'ensemble palatial. Il s'agissait d'un bâtiment rectangulaire de 49 mètres sur 12 mètres. Il s'élevait sur trois niveaux. On entreposait en sous-sol les denrées alimentaires dans le cellier. Le rez-de-chaussée était réservé au service, pendant que le premier niveau abritait les parties résidentielles : au centre une grande salle d'apparat éclairée par une série de baies géminées et deux chambres latérales.

La muraille nord est coupée par une massive tour-porte de 20 mètres de haut, probablement contemporaine de la porterie de l'enceinte urbaine. Le cousinage entre les deux édifices est patent. Ils possèdent les même mâchicoulis et une structure voisine. La voûte du passage de la tour du château est percée de trois assommoirs. Elle a peut-être remplacé un ouvrage plus ancien de même forme.

Druyes est antérieur aux châteaux philippiens, mais il en annonce les grands principes : plan géométrique simple, flanquements circulaires proéminents, bâtiments adossés aux courtines, cour intérieure dégagée pour faciliter la circulation.




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