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Cathédrale de Soissons, XIIe, XIVe siècle.


Textes et photos ©

Fondation :
  • Fondée vers la fin du Ier siècle avant l'ère chrétienne.
Sous le règne de :
  • Auguste (31 av. J.-C. - 14 apr. J.-C.)
Grandes dates :
  • IVe siècle : Un évêque s'installe à Soissons.
  • 486 : Victoire de Clovis sur Syagrius. Episode fameux du vase de Soissons.
  • 752 : Sacre de Pépin le Bref à Soissons.
  • 768 : Sacre de Carloman, frère de Charlemagne, à Soissons.
  • 882 : Sac probable de la ville par les Vikings.
  • 923 : Bataille de Soissons entre les armées des rois rivaux Robert Ier et Charles le Simple.
  • 1121 : Concile de Soissons condamnant l'œuvre d'Abélard.
  • 1176-1207 : Episcopat de Nivelon de Quierzy. Début du chantier de la nouvelle cathédrale.
  • 1212 : Dédicace du chœur.
  • XIVe siècle : Le gros des travaux de la cathédrale est achevé.
  • 1654 : L'évêque de Soissons Simon le Gras couronne Louis XIV à Reims.
  • 1915 : Bombardement et destruction partielle de la cathédrale.
Principal intérêt :
  • Comme la cathédrale Notre-Dame de Noyon toute proche, Saint-Gervais et Saint-Protais de Soissons est un témoin précieux des débuts de l'art gothique. Elle subit de lourdes destructions durant la Première Guerre Mondiale, mais fut superbement restaurée par les architectes de l'entre-deux guerres.
Statut :
  • Classé Monument Historique en 1862. Propriété de l'Etat.
Bibliographie :
  • Pas de référence pour le moment.

Soissons fut fondée sous le règne de l'empereur Auguste (31 av. J.-C. - 14 apr. J.-C.) peu avant le commencement de l'ère chrétienne. Elle comportait sans doute tous les équipements prisés par les populations romanisées : thermes, théâtre, forum… Elle avait rang de capitale des Suessiones. Elle se dota au Bas-Empire d'une enceinte fortifiée d'un périmètre total de 1500 m enserrant 13 ha. Un évêque s'y installa dans la foulée. Après l'effondrement total de l'Empire Romain, Soissons devint capitale du royaume provisoire de Syagrius, dernier lambeau de romanité en Gaule. Les Francs de Clovis écrasèrent son armée à proximité en 486. Le partage du butin ouvrit une querelle légendaire entre Clovis et l'un de ses guerriers.

Le vase de Soissons :

L'évêque Grégoire de Tours (VIe siècle) rapporte dans sa précieuse Histoire des Francs cette anecdote que des générations d'écoliers ont apprise par cœur : " Dans ce temps, l'armée de Clovis pilla un grand nombre d'églises, parce que ce prince était encore plongé dans un culte idolâtre. Des soldats avaient enlevé d'une église un vase d'une grandeur et d'une beauté étonnante, ainsi que le reste des ornements du saint ministère. L'évêque de cette ville envoya vers lui des messagers pour lui demander que, s'il ne pouvait obtenir de recouvrer les autres vases, on lui rendit au moins celui-là. Le roi, ayant entendu ces paroles, dit au messager : Suis-moi jusqu'à Soissons, parce que c'est là que l'on partagera le butin ; et lorsque le sort m'aura donné ce vase, je ferai ce que me demande le pape [l'évêque]. Etant arrivés à Soissons, on mit au milieu de la place tout le butin, et le roi dit : Je vous prie, mes braves guerriers, de bien vouloir m'accorder, outre ma part, ce vase que voici, en montrant le vase dont nous avons parlé. Les plus sages répondirent aux paroles du roi : Glorieux roi, tout ce que nous voyons est à toi. Nous-mêmes sommes soumis à ton pouvoir. Fais donc ce qui te plait, car personne ne peut résister à ta puissance. Lorsqu'ils eurent ainsi parlé, un guerrier présomptueux, jaloux et emporté, éleva sa francisque et en frappa le vase en s'écriant : Tu ne recevras de tout ceci rien d'autre que ce que te donnera vraiment le sort. A ces mots, tous restèrent stupéfaits. Le roi cacha le ressentiment de cet outrage sous un air de patience. Il rendit au messager de l'évêque le vase qu'il avait reçu, gardant au fond de son cœur une secrète colère. Un an s'étant écoulé, Clovis ordonna à tous ses guerriers de venir au Champ-de-Mars revêtus de leurs armes, pour faire voir si elles étaient brillantes et en bon état. Tandis qu'il examinait tous les soldats en passant devant eux, il arriva auprès de celui qui avait frappé le vase, et lui dit : Personne n'a des armes aussi mal tenues que les tiennes, car ni ta lance, ni ton épée, ni ta hache ne sont en bon état, et lui arrachant sa hache, il la jeta à terre. Le soldat s'étant baissé un peu pour la ramasser, le roi levant sa francisque la lui abattit sur la tête en lui disant : C'est ainsi que tu as fait avec le vase à Soissons. " (voir cliché 20 du diaporama)

Une ville au carrefour de l'histoire :

La cité et ses alentours furent également le théâtre de nombreux autres évènements historiques importants. Pépin le Bref, le premier monarque de la lignée carolingienne, y prit la couronne en 752. Les Annales Royales témoignent : " Pépin fut appelé roi des Francs, oint pour cette haute dignité de l'onction sacrée par la sainte main de Boniface, archevêque et martyr d'heureuse mémoire, et élevé sur le trône selon la coutume des Francs, dans la ville de Soissons. " C'est aussi à Soissons que son fils Carloman fut sacré souverain pour la partie orientale de son royaume en 768, pendant que sont autre fils Charles (futur Charlemagne) recevait l'investiture pour la partie occidentale à Noyon. La région fut régulièrement dévastée par les Vikings dans la seconde moitié du IXe siècle et Soissons semble avoir subi le pillage en 882.

C'est encore à Soissons qu'eut lieu une bataille décisive pour l'avenir du royaume. En 923, le roi Robert Ier (ancêtre des Capétiens, voir aula carolingienne de Doué-la-Fontaine) affronta l'armée de son concurrent pour le trône, le roi carolingien Charles le Simple, qu'il avait fait destituer quelques mois plus tôt. Elle se solda par la mort de Robert, mais aussi par la défaite totale de Charles. Fait prisonnier peu après, le vaincu terminera ses jours prisonnier du comte Herbert II de Vermandois à Péronne et Château-Thierry.

A Soissons se tinrent plusieurs conciles, dont celui qui obligea Pierre Abélard à brûler son traité De l'unité et de la Trinité de Dieu (1121). Le chantier de la nouvelle cathédrale démarra au XIIe siècle, sous l'épiscopat de Nivelon de Quierzy (1176-1207), par le bras sud du transept. La dédicace du nouveau chœur eut lieu le 12 mai 1212. Les travaux de la nef se poursuivirent durant tout le XIIIe siècle. Le XIVe siècle ajouta le croisillon nord du transept et la tour-clocher sud. La guerre de Cent Ans empêcha l'édification du clocher nord. Les évêques de Soissons, premiers suffragants des archevêques de Reims, ont ainsi manifesté leur toute puissance. Nombre d'entre eux jouèrent un rôle politique éminent, comme Nivelon de Quierzy, proche de Philippe Auguste, ou Simon le Gras, d'abord aumônier du roi Henri IV. Consécration suprême, c'est lui qui sacra Louis XIV en la cathédrale de Reims, le 7 juin 1654. L'embellissement se poursuivit aux XVIIIe et XIXe siècles. C'est durant la Première Guerre Mondiale que Soissons subit sa passion. La cathédrale fut gravement endommagée par les bombardements de 1915. Elle fut après cette épreuve restaurée à l'identique.




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