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Cathédrale et palais archiépiscopal de Narbonne, Xe, XVe siècles.


Textes et photos ©

Fondation :
  • 118 av. J.-C.
Sous le règne de :
  • République Romaine - Gaule Celtique.
Grandes dates :
  • Ier et IIe siècle apr. J.-C. : Construction des principaux monuments romains de la ville.
  • Bas-Empire : Construction d'une enceinte gallo-romaine restreinte.
  • IVe siècle : construction d'une première basilique.
  • Ve siècle : Description de Sidoine Apollinaire.
  • 441 : Destruction du premier sanctuaire.
  • 718 : Conquête de la ville par les Sarrasins.
  • 737 : Siège de la ville par Charles Martel.
  • 759 : Pépin le Bref prend définitivement Narbonne.
  • 858 : Probable pillage par les Normands.
  • 890 : Chantier de la cathédrale carolingienne.
  • 1209 : Croisade contre les albigeois.
  • 1214 : Narbonne confisquée au comte de Toulouse et donnée à Simon de Montfort.
  • 1272 : Chantier de la nouvelle cathédrale.
Principal intérêt :
  • Narbonne figure parmi les plus anciennes villes de France. Sa cathédrale, dont seul le chœur fut achevé, constitue un chef-d'œuvre de l'architecture gothique. Elle possède notamment un fabuleux haut-relief dans sa chapelle axiale. Le cloître est un espace de recueillement privilégié, offrant un peu de fraîcheur au cœur de l'été. Le palais épiscopal est un ensemble composite, amélioré au cours des siècles par les pontifes successifs. Parvenu à nous dans un remarquable état de conservation, il est dominé par une tour résidence du XIVe siècle.
Statut :
  • Classé Monument Historique en 1840. Propriété de la commune.
Bibliographie :
  • Pas de référence pour le moment.

Colonia Narbo Martius :

La ville romaine fut fondée en 118 av. J.-C. à quelques encablures d'un ancien oppidum celtique, sur le tracé de la via Domitia reliant l'Italie à l'Espagne. Elle se développa considérablement pendant tout le premier siècle avant notre ère et devint capitale de la province de Narbonnaise. Durant les premières décennies de son existence, elle était cernée d'un rempart en terre et en bois. Le climat de paix régnant dans le région la rendit bientôt inutile et la ville commença à s'épanouir au-delà de son enceinte primitive. Auguste en fit une capitale de province en 27 av. J.-C. Elle se dota après le commencement de l'ère chrétienne de tous les bâtiments qui faisaient la splendeur des villes romaines : thermes, amphithéâtre, théâtre, forum, temples… Narbonne disposait en outre d'un accès à la mer et possédait un actif port de commerce. Un évêque s'y installa dès le IIIe siècle et un premier sanctuaire s'éleva sans doute au IVe siècle. Le centre ville s'entoura d'une enceinte en pierre réduite (1700 m) au Bas-Empire. Elle fut largement construite avec des matériaux de remploi : pierres tombales, vestiges de monuments détruits…

Narbonne et Sidoine Apollinaire :

Au Ve siècle, Sidoine Apollinaire offre une description saisissante de la ville dans sa Poésie XXIII : " Salut, ô Narbonne, à la douce température, toi dont l'aspect flatte agréablement la vue, cité recommandable par les campagnes qui t'environnent, par tes murailles, par tes citoyens, par ton enceinte, par tes édifices, par tes portes et tes portiques, par ton forum, ton amphithéâtre, tes temples, ton capitole, tes monnaies, tes thermes, tes arcs de triomphe, tes greniers publics, tes marchés, tes prairies, tes fontaines, tes îles, tes salines, tes étangs, ta rivière, ton commerce, ton pont, et enfin par la mer qui t'avoisine. Toi seule peux vénérer à bon droit et Bacchus, et Cérès, et Palès et Minerve, grâce à tes moissons, à tes vignes, à tes pâturages, à tes oliviers. Sûre de la valeur de tes habitants, tu dédaignes les secours de la nature, et tu élèves ta tête au-dessus des plus hautes montagnes. Tu n'es entourée ni d'un large fossé, ni de remparts hérissés de piques. On ne voit sur tes murs ni marbre, ni lames d'or, ni verres transparents, ni l'écaille éclatante de la tortue des Indes, ni les plaques d'ivoire que donnent les éléphants de la Libye ; tes portes ne sont point embellies de pierres taillées en mosaïque; mais fière au milieu de ta citadelle à demi-ruinée, étalant encore les traces honorables d'anciennes guerres, tu montres tes remparts ébranlés sous les coups du bélier; ces ruines font ta gloire et ton ornement. Que d'autres villes se trouvent dans une position menaçante, et se cachent sur les hauteurs avec des forces médiocres; que d'autres murailles, assises sur des crêtes entourées de précipices, se glorifient de n'avoir jamais essuyé de revers; pour toi, tu plais malgré tes malheurs, et des attaqués si courageusement soutenues ont prouvé ta force et ta fidélité. "

Antiquité tardive - Haut Moyen-Âge :

La première église fut dévastée par un incendie en 441. On la reconstruisit promptement et la dédicace du nouvel édifice eut lieu en 445. Narbonne, placée à la porte de la péninsule ibérique, est située au carrefour de toutes les invasions. Les Wisigoths l'acquirent au Ve siècle et elle devint partie intégrante de leur immense royaume s'étendant de la Loire à Gibraltar. La victoire de Clovis à Vouillé (507) les repoussa loin vers le Sud, mais Narbonne et la Septimanie restèrent en leur possession jusqu'à la conquête sarrasine du début du VIIIe siècle. Elle vécut sous domination mauresque pendant quelques décennies.

Charles Martel l'assiégea en 737, comme le relate la Chronique du Pseudo-Frédégaire (3e continuateur) : " Le brave Charles victorieux passa le Rhône avec son armée, pénétra dans le pays des Goths, s'avança jusque dans la Gaule Narbonnaise, et assiégea la célèbre cité de Narbonne, métropole de ce peuple. Il fit construire sur les bords du fleuve Aude un rempart en forme de bélier, et enferma le roi des Sarrasins, nommé Athima, avec ses compagnons, et campa tout autour de la ville. A la nouvelle de ce siège, les seigneurs et les princes Sarrasins qui habitaient l'Espagne, rassemblèrent une armée, à la tête de laquelle se mit un autre roi, nommé Amor, et s'avançant armés de machines contre Charles, ils se préparèrent au combat. Le duc Charles alla à leur rencontre sur les bords de la rivière Berre et dans la vallée de Corbière "

C'est à Pépin le Bref que revint la tâche de chasser définitivement les Arabes de Narbonne et de la rattacher au Royaume des Francs. Les Vikings la saccagèrent peut-être en 858, lors d'un grand raid sur la Méditerranée perpétré sous le commandement du chef Hasting. Le chantier d'une nouvelle cathédrale fut lancé en 893.

Période médiévale :

La bonne fortune de la cité se poursuivit durant la période médiévale. Mais à la fin du XIIe siècle et au commencement du XIIIe siècle, l'archidiocèse de Narbonne fut secoué par une crise sans précédent : " En la province de Narbonne, où jadis avait fleuri la religion, l'ennemi de la foi se prit à parsemer l'ivraie. Le peuple tourna à la folie, profanant les sacrements du Christ, qui est de Dieu la vraie saveur et sagesse, se donnant au mensonge, dévient de la véritable sapience divine, errant et divaguant d'erreurs en erreurs jusqu'à l'abîme, marchant dans les voies perdues, et non plus dans le droit chemin " (Pierre de Vaux-de-Cernay). L'Eglise connaissait dans la région une crise profonde. Le peuple ne lui faisait plus guère confiance et se tournait massivement vers le catharisme. Le comportement des archevêques de Narbonne n'était pas étranger au phénomène. En 1209, une croisade prit la direction du Languedoc. Narbonne, contrairement à Carcassonne ou Béziers, fut relativement épargnée par les opérations militaires. Elle fut tout de même confisquée au comte Raymond VI de Toulouse en 1214, et entra dans l'orbite directe de la couronne de France. Pour redorer le blason de la foi chrétienne et affirmer leur puissance, les archevêques y entreprirent la construction d'une nouvelle cathédrale en 1272. Elle devait atteindre des dimensions colossales, mais seul le chœur fut achevé. Le projet s'arrêta faute de moyens financiers, mais aussi en raison d'un conflit opposant l'Eglise aux consuls de la ville.

Le conflit entre l'évêque et les consuls :

" La commune possédait jusqu'au XIIe siècle des conseillers qui prenaient le titre de nobiles viri ou probi homines. Alors on les appela consuls, ou plutôt cossouls. Cette commune fit en 1166 un traité de commerce avec la république de Gênes, et plus tard avec Pise, Marseille, Rhodes, etc. En 1212, Armand Amalaric, légat du pape et archevêque de Narbonne, se déclara duc, et le vicomte lui rendit hommage. Alors la ville était sous la juridiction de trois seigneurs, l'archevêque, le vicomte et l'abbé de Saint-Paul; en 1232, ces trois personnages confirmèrent les franchises et coutumes de la commune. Cependant, en 1234, les consuls de Narbonne invoquent le secours des consuls de Nîmes contre l'archevêque, et en 1255 les magistrats municipaux ordonnent que les coutumes de la ville seront traduites du latin en roman, afin de les mettre à la portée de tous. Les vicomtes, moins puissants que les archevêques, inclinent à protéger les prérogatives des Narbonnais, et c'est en présence de cette lutte croissante contre le pouvoir des seigneurs archevêques, que Gilles Ascelin construit, en 1318, l'énorme tour encore intacte aujourd'hui, et que ses successeurs font, de leur résidence, un véritable château fort, se reliant à la cathédrale fortifiée elle-même. " (Eugène Viollet le Duc).

Narbonne fut longtemps l'une des cités les plus au Sud du pays, jusqu'à l'annexion du Roussillon en 1659 par le traité des Pyrénées.




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