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Abbaye de Saint-Philbert-de-Grand Lieu, IXe, XIIe siècles.


Textes et photos ©

Fondation :
  • 819
Sous le règne de :
  • Louis Ier le Débonnaire (814-840)
Grandes dates :
  • 819 : Acte autorisant les moines de Noirmoutier installés à Déas à détourner l'eau de la Bologne pour alimenter leur monastère.
  • 836 : Les moines de Noirmoutier transfèrent les reliques de saint Philbert à Deas. Début des travaux d'agrandissement de l'église abbatiale.
  • 847 : Les moines quittent Deas pour Cunault, en Anjou.
  • 858 : Après un bref retour à Deas, les moines quittent définitivement Déas en emportant les reliques de saint Philbert. Le sarcophage mérovingien reste sur place.
  • 1793 : Le monastère est abandonné après le meurtre du dernier prêtre. Le sanctuaire devient une grange fourragère, avant d'être converti en lieu de culte paroissial.
  • 1870 : Construction de la nouvelle église paroissiale dans le style néogothique. L'ancienne abbatiale est abandonnée et sert de marché aux poulets.
  • 1936 : Elle est rendue au culte.
Principal intérêt :
  • L'ancienne abbatiale est au carrefour des architectures antique et romane. Sa belle facture intérieure joue notamment sur l'effet visuel procuré par l'alternance de pierre blanche et de brique. Un exemple rare bien préservé d'architecture carolingienne.
Statut :
  • Classé Monument Historique en 1896. Propriété de la commune.
Bibliographie :
  • Léon Maître, Rapport sur l'établissement de Déas, sur la translation des reliques de saint filibert et sur l'âge de l'église de Saint-Philbert de Grandlieu, dans Bulletin de la société archéologique de Nantes et du département de Loire-Inférieure, tome 35, année 1896.

L'histoire du monastère de Déas est intimement liée aux raids scandinaves sur les côtes vendéennes. Dès 799, les Vikings écument les parages de l'île de Noirmoutier et répandent régulièrement la terreur parmi les moines. En 819, la situation est telle que les moines décident, sous l'impulsion de l'abbé Arnoulf, de fonder un établissement secondaire plus éloigné des côtes, afin d'y passer la belle saison. Ils jettent leur dévolu sur la vallée de la Boulogne, cours d'eau qui alimente le lac de Grand-Lieu. En 836, la situation à Noirmoutier s'est tellement dégradée, que les moines quittent définitivement leur monastère primitif, en emportant avec eux le sarcophage de saint Philbert.

L'histoire de la translation des reliques est racontée par le moine Ermentaire : "Les religieux, profitant des facilités de navigation qu'offre l'été, se rendaient à Déas dans le monastère qui avait été construit pour leur retraite. Mais l'hiver, ils regagnaient l'île de Noirmoutier. Dès lors, leur existence, celle des habitants et de leur famille, fut agitée par des périls continuels, les Normands répandaient sans cesse l'épouvante dans l'île, leur infligeaient des pertes sensibles, et les tourmentaient de toutes manières. Nos religieux, craignant que nos cruels ennemis ne déterrassent le sarcophage de saint Filibert et ne jetassent au vent ou dans la mer ce qu'il renferme, comme ils ont fait en Bretagne, dit-on, pour les reliques d'un certain saint, voulurent se soustraire à cette dangereuse domination en prenant la fuite […]

Le 7 juin, on ouvre la sépulture, le sarcophage, avec le précieux corps qu'il renferme, est élevé au grand jour au milieu des chants de triomphe, il est placé ensuite dans un bateau poussé par un vent d'ouest qui nous porte rapidement au port de la Fourche. Là, les prêtres, les lévites et les moines le placèrent sur leurs épaules et le portèrent dans le village de l'Ampan, où ils le déposèrent dans l'église."

Les pillards rattrapent les bons moines de Noirmoutier dans leur refuge de Deas en 847, selon la Chronique de Limoges. Les religieux reprennent le chemin de l'exode et s'établissent alors à Cunault, dans l'actuel département du Maine-et-Loire entre Angers et Saumur. En 858, ils transfèrent le corps de Philbert vers ce nouvel endroit. La communauté entame, après la destruction de Cunault, un exode qui la mène à Tournus en Bourgogne. Là reposera désormais le corps du saint patron. Après la fin des invasions scandinaves, la vie religieuse reprend à Déas, mais l'établissement n'est plus qu'un simple prieuré dépendant de Saint-Philbert-de-Tournus.

Relativement épargnée par la guerre de Cent Ans, les guerres de Religion et la Révolution, elle sert tour à tour de grange à fourrage, d'église paroissiale, de marché à poulets. Aujourd'hui classée aux Monuments Historiques, cette vielle dame âgée de douze siècles étire sa longue silhouette dans un cadre verdoyant et soigneusement aménagé.




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