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L'église
romane d'Orcival a probablement été construite
en une seule campagne principale, tant l'homogénéité
de l'ensemble est remarquable. Elle affiche des dimensions
qui font d'elle l'un des édifices les plus ambitieux
de la Limagne : sa faible longueur dans l'uvre (41,35
m, contre 65,10 à Issoire
et 37,65 m à Saint-Nectaire
par exemple) ne l'empêche pas d'atteindre 17,40 m de
hauteur pour la nef (Issoire 18,80 m ; Saint-Nectaire 14,98
m), 8,94 m pour les bas-côtés (Issoire 9,55 m;
Saint-Nectaire 7,52 m). Elle adopte le traditionnel plan orienté
en croix latine, avec quatre absidioles formant des chapelles
rayonnantes. Vu de l'Est, le chevet s'élève
gracieusement vers un clocher sans doute légèrement
postérieur à la construction de l'ensemble.
Il a été abîmé au cours de la Révolution,
ce qui lui confère un aspect quelque peu tronqué.
Les bras du transepts ont également été
dotés de très légères absidioles.
Sur le flanc sud, à bonne hauteur de la porte percée
dans le pignon du transept, sont accrochés à
la muraille des fers et boulets. L'église d'Orcival
a pour cette raison parfois reçu l'appellation de Notre-Dame-des-Fers.
Il s'agit d'ex-voto accrochés par d'anciens prisonniers
libérés. La porte Saint-Jean, percée
dans le mur sud de la nef, a conservé de très
belles pentures romanes en fer forgé. A l'occident,
le mur pignon est partiellement enterré et sa maçonnerie
a considérablement été renforcée.
L'église a en effet été bâtie contre
le flanc de la montagne qui la domine. Cette dernière
a même partiellement été creusée
pour permettre d'aménager la nef.
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On pénètre
à l'intérieur par l'une des trois portes latérales.
La nef à quatre travées est voûtée
en berceau et précédée d'un narthex puissant
portant tribune sur des piliers courts. Elle possède
deux bas-côtés en voûtes d'arêtes,
percés de fenêtres. Les bas-côtés
sont surmontés de tribunes. Les colonnes portent des
chapiteaux essentiellement décorés de motifs
végétaux. Un seul est historié et montre
le " fol dives " (le riche fou), symbolisant l'avarice,
et agrippant sa bourse soigneusement lacée autour de
son cou. Deux démons l'entourent et se tiennent prêts
à l'emporter en enfer. Le chur a été
surélevé et on y accède par un escalier
de quelques marches. Il est cerné d'un déambulatoire
avec des arcades d'une hauteur assez saisissante. Là
encore, très peu de chapiteaux sont historiés,
l'essentiel de la décoration étant fournie par
des motifs végétaux. On remarque toutefois un
très beau chapiteau avec des guerriers portant écu,
casque à nasal et lance, des démons dont l'un
chevauche un bouc. On accède par deux escaliers pentus
à une crypte épousant le même plan que
le chur.
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