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L'abbaye Saint-Georges de Boscherville, XIIe, XIIIe siècle.


Textes et photos ©

Fondation :
  • Vers 1050, collégiale fondée par Raoul de Tancarville, chambellan du duc de Normandie.
Sous le règne de :
  • Henri Ier en France (1031-1060).
  • Guillaume le Conquérant en Normandie (1035-1087).
Grandes dates :
  • 1113 : Des moines viennent de l'abbaye de Saint-Evroult-d'Ouche (Orne) pour remplacer les chanoines de Boscherville.
  • De 1113 à env. 1130 : Construction de la grande église abbatiale.
  • V. 1175 : Construction de la salle capitulaire.
  • XIIIe siècle : L'abbatiale reçoit ses voûtes d'ogives.
  • 1659 : Les mauristes à Boscherville.
  • 1790 : Les derniers moines sont expulsés.
  • 1822 : Début de la " période agricole ".
  • 1987 : Fin de la " période agricole ".
Principal intérêt :
  • La vallée de la Seine propose une grande variété d'établissements monastiques médiévaux. Construite environ un demi-siècle après Jumièges, Saint-Georges de Boscherville atteint par certains aspects la quintessence de l'architecture romane en Normandie et laisse apparaître en arrière-plan le savoir-faire de maîtres d'œuvre parvenus au sommet de leur art.
Statut :
  • Classé Monument Historique. Propriété de l'Etat.
Bibliographie :
  • Musset L, Normandie Romane II, La Pierre-qui-Vire.
  • Ouvrage collectif, L'architecture normande au Moyen Age, Caen, 1997.

Des fouilles archéologiques initiées dans les années 1980 ont permis de mieux connaître l'histoire du site de Boscherville. Un fanum existait en ce lieu vers la fin du Ier siècle av. J.-C. Il fut remplacé par une structure plus vaste entre le Ier et le IIIe siècle apr. J.-C. Au VIIe siècle, on transforma les vestiges en chapelle. Elle se trouvait au centre d'une vaste nécropole.

C'est vers 1050 que Raoul de Tancarville, chambellan du duc de Normandie Guillaume le Conquérant (1035-1087), décida d'implanter un collège de chanoines sur le site de ce petit oratoire, probablement déjà consacré à saint Georges. On agrandit considérablement l'édifice premier et le plan au sol de l'ensemble a été mis au jour. Elle se situait au nord de l'actuelle abbatiale.

En 1113, le sire de Tancarville jugea ses chanoines trop peu assidus aux prières et aux tâches pieuses qui leur incombaient. Il décida donc de les remplacer par des moines bénédictins. Il fit pour cela venir de l'abbaye Saint-Evroult-d'Ouche une dizaine de frères et un abbé. Les nouveaux occupants des lieux entamèrent aussitôt la construction d'un sanctuaire plus digne du statut de la richissime lignée fondatrice. Puis vinrent le cloitre, la salle capitulaire et les bâtiments conventuels. Boscherville n'accéda cependant jamais à la notoriété et au rang des autres hauts lieux monastiques de la basse Seine, comme Jumièges, Saint-Wandrille (Fontenelle) ou Saint-Ouen de Rouen. Ces établissements beaucoup plus anciens possédaient en outre davantage de reliques attirant les masses de pèlerins. La communauté de Saint-Georges ne dépassa jamais la trentaine de moines. L'ensemble architectural qu'elle légua à la postérité reste néanmoins l'un des jalons majeurs de l'architecture monastique en Normandie.

Avec la guerre de Cent Ans, puis les sanglantes guerres de Religion, Boscherville amorça un déclin qui ne s'enraya jamais. Les mauristes s'y installèrent en 1659, sans parvenir à lui redonner son lustre d'antan. Une querelle opposa les réformateurs aux anciens présents dans les murs avant leur arrivée. Elle aboutit à une forme de partition de l'abbaye et de ses dépendances. Il n'y avait plus que sept moines dans les murs à la veille de la Révolution. La dissolution de leur congrégation en 1790 sonna le glas de l'entité monastique. L'abbatiale devint église paroissiale et les autres bâtiments furent détruits ou utilisés à des fins agricoles. Les jardins servirent à la culture. Cette situation perdura jusqu'en 1987.




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