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Cathédrale Notre-Dame de Rouen XIIIe, XVIe siècles.


Textes et photos ©

Fondation :
  • Fin du Ier siècle avant J.-C.
Sous le règne de :
  • Auguste (38 av. J.-C. - 15 apr. J.-C.)
Grandes dates :
  • Milieu du IIIe siècle apr. J.-C. : Apparition de l'évêché.
  • Fin du IIIe siècle : la ville se dote d'une enceinte urbaine.
  • 294 : Réforme de Dioclétien. Rouen devient métropole de la province romaine de Lyonnaise Seconde.
  • 586 : Meurtre de l'évêque Prétextat.
  • VIIe siècle : Episcopat de saint Ouen. Fondation des grands monastères de la Basse Seine.
  • 841 : Premier sac de Rouen par les Vikings.
  • 911 : Traité de Saint-Clair-sur-Epte. Le roi des Francs Charles le Simple cède au viking Rollon des territoires recouvrant approximativement l'actuelle Haute-Normandie. Rouen en est la ville principale.
  • XIe siècle : Construction de la cathédrale romane.
  • 1200 : Incendie de la cathédrale romane.
  • 1204 : Après la chute du Château-Gaillard, le roi Philippe Auguste s'empare de la ville de Rouen. Fin de l'indépendance normande.
  • 1294 : Philippe IV le Bel crée à Rouen le Clos des Galées.
  • 1382 : Insurrections populaires désignées sous le nom de Harelles. Elle sont réprimées durement par le roi Charles VI et ses oncles.
  • Janvier 1419 : Le roi d'Angleterre Henri V prend la ville après un long siège.
  • 1431 : Jeanne d'Arc brûlée vive sur la place du Vieux Marché.
  • 10 novembre 1449 : Charles VII fait son entrée dans la ville.
  • 1562 : Sac de la cité par les Huguenots.
  • 1594 : Rouen reconnaît Henri IV comme roi.
  • 9 juin 1940 : Rouen aux mains des forces nazies.
  • 30 août 1944 : Libération de la ville.
  • Décembre 1999 : Grandes tempêtes sur toute la France. La cathédrale Notre-Dame subit d'importants dommages.
Principal intérêt :
  • La cathédrale constitue une encyclopédie d'architecture religieuse médiévale. Les deux tours encadrant sa façade témoignent, pour l'une, des balbutiements du gothique, pour l'autre, de ses derniers feux. Le portail de la cour des Libraires, fraîchement nettoyé, a récemment révélé toute sa splendeur. Les gisants des anciens ducs de Normandie et le tombeau des cardinaux d'Amboise figurent au rang des merveilles de l'art funéraire. Incontournable.
Statut :
  • Classé Monument Historique en 1862. Propriété de l'Etat. Classé au patrimoine mondial par l'Unesco depuis 1981.
Bibliographie :
  • Chirol E., Delécluse J., Gaspérini A., Prévost J., Le Guide de Rouen, Lyon, 1988.

Epoques gallo-romaine et franque :

C'est sans doute peu avant le début de l'ère chrétienne qu'apparaît l'antique Rotomagus, capitale de la tribu celte des Véliocasses. La ville se développe rapidement et est pourvue comme les autres agglomérations gallo-romaines d'un amphithéâtre, de temples, d'un forum et de plusieurs établissements thermaux. Les saints Nicaise et Mellon y installent un évêché au milieu du IIIe siècle apr. J.-C. A la fin de ce même siècle, sous la menace des raids germaniques, Rotomagus se dote d'une enceinte urbaine restreinte enserrant une surface d'environ 23 hectares. La réforme administrative entreprise par l'empereur Dioclétien en 294 lui confère le statut de métropole. Elle devient donc capitale de la province de Lyonnaise Seconde (Provincia Lugdunensis Secunda), comprenant les cités d'Evreux, Bayeux, Avranches, Sées (ou sa région), Lisieux et Coutances.

Le premier évêque mentionné serait saint Nicaise vers 260, mais le personnage demeure essentiellement légendaire. La figure de son successeur, saint Mellon, est à peine mieux assurée. Une première cathédrale y est construite dans la seconde moitié du IVe siècle par saint Victrice.

Comme toutes les autres villes de Gaule, Rouen subit au Ve siècle le flot des invasions germaniques. Elle passe sous domination franque en 480, après la victoire de Clovis sur Syagrius à Soissons. Elle est mentionnée à plusieurs reprise dans l'Histoire des Francs de Grégoire de Tours (VIe siècle). Grégoire raconte notamment avec force détails le meurtre de l'évêque Prétextat, exécuté en 586 dans son sanctuaire sur ordre de la terrible reine Frédégonde : " Le jour de la résurrection du Seigneur étant arrivé, l'évêque se rendit de bonne heure en hâte à l'église pour accomplir les offices ecclésiastiques et selon la coutume, il commença à réciter les antiennes dans leur ordre. Puis, tandis que pendant le chant il s'était assis sur son banc, surgit un cruel homicide qui, ayant tiré un couteau de son baudrier, frappa sous l'aisselle l'évêque qui reposait sur le banc. Celui-ci poussa un cri pour que les clercs qui étaient présents, vinssent à son secours ; mais il ne reçut l'aide d'aucun des si nombreux assistants. Alors, étendant ses mains pleines de sang sur l'autel, il prononça une prière et rendit grâce à Dieu. " (trad. Latouche).

La cité connaît un rayonnement particulier sous l'épiscopat de saint Ouen (641-684), qui encourage le mouvement monastique naissant. A cette époque apparaissent les grandes abbayes du val de Seine, telles Fontenelle (Saint-Wandrille) ou Jumièges. Elle joue également un rôle économique conséquent en tant que port de mer et port fluvial.

Le duché de Normandie :

A compter de 841, les Scandinaves effectuent de régulières expéditions dans la vallée de la Seine. Dès cette date ils ravagent une première fois Rouen. La Chronique de Fontenelle ne laisse planer aucun doute sur ce sujet : " L'an de l'incarnation du Seigneur 841, les Normands arrivèrent avec leur chef Oscherus et brûlèrent la ville de Rouen le 14 mai. " Les Vikings s'installent progressivement dans le secteur, jusqu'à y établir une domination de facto. Les rois francs successifs tentent vainement de les en déloger. En 911, le roi Charles le Simple comprend qu'il n'a pas les moyens d'éradiquer le phénomène et décide donc de l'utiliser. Il rencontre à Saint-Clair (Val-d'Oise) le chef Hrólfr (Rollon) et lui concède les terres " situées de la rivière Epte jusqu'à la mer ". Un capitulaire daté de 918 précise que cette cession a été réalisée au profit " des Normands de la Seine, c'est-à-dire à Rollon et ses compagnons, pour la protection du royaume ". L'embryon de ce qui sera le duché de Normandie est né. Il comprend approximativement les actuels départements de la Seine-Maritime et de l'Eure.

La Normandie (on peut dès lors l'appeler ainsi) s'accroît du Bessin et de l'Hiémois (Calvados et Orne) en 924, puis de l'Avranchin et du Cotentin (Manche) en 933. La province de Lyonnaise Seconde se trouve restituée dans ses frontières originelles, sous le sceptre de la puissante dynastie nordique. Rouen en est la ville principale. On y construit durant le XIe siècle une cathédrale romane. Au milieu du XIIe siècle, l'archevêque Hugues d'Amiens entame la construction de la tour Saint-Romain dans le nouveau style faisant fureur dans l'Ile-de-France et que nous appelons aujourd'hui gothique. La cathédrale est incendiée en 1200 et la reconstruction dans le style gothique débute sous la baguette du maître d'œuvre Jean d'Andeli.L'existence du duché de Normandie perdure jusqu'en 1204, date à laquelle le roi Philippe Auguste récupère sur ses rivaux Plantagenêts les territoires abandonnés par Charles le Simple trois siècles plus tôt. Le roi de France y imprime aussitôt sa marque en rasant les remparts et en bâtissant le château du Bouvreuil.

Une ville convoitée :

Rouen, avec ses 15 000 ou 20 000 habitants, compte alors parmi les plus grandes villes du royaume. Les Capétiens ont désormais recouvré un accès direct sur la Manche et favorisent encore le développement de la cité. Désireux de se doter d'une marine capable de rivaliser avec l'armada anglaise, Philippe IV le Bel y construit en 1294, sur la rive gauche, le fameux Clos des Galées. Cet arsenal restera actif jusqu'en 1418.

La métropole est emportée comme tant d'autres dans la tourmente de la guerre de Cent Ans. Menacée brièvement lors de la grande expédition menée par Edouard III d'Angleterre en 1346, qui s'achève par le désastre de Crécy, elle est cependant relativement épargnée durant un demi-siècle. En 1382, en même temps que les Parisiens se révoltent contre la fiscalité croissante (les Maillotins), les Rouennais leur emboîtent le pas. C'est la première Harelle, déclenchée le 24 février. Le roi Charles VI et ses oncles interviennent rapidement et répriment beaucoup plus durement la ville normande que la capitale. Les meneurs sont envoyés se balancer au bout d'une corde, une partie des fortifications est rasée, les cloches sont descendues du beffroi. Ils suppriment également la commune (municipalité), symbole d'autonomie, et la plupart des privilèges économiques qui assuraient la prospérité de la ville. Exsangue, Rouen se révolte une seconde fois le 1er août suivant (seconde Harelle). La répression qui s'ensuit s'avère plus terrible que la précédente et laisse la cité à genoux.

Après le revers d'Azincourt infligé par les troupes disciplinées du roi d'Angleterre à l'armée française (1415), la Normandie se trouve directement sous la menace des forces d'Henri V. Une opération de grande envergure est lancée en 1417 et conduit à la prise rapide de Caen. A l'été 1418, les Anglais sont sous les murs de Rouen et commencent le siège de la ville. Comme deux siècles plus tôt au Château-Gaillard, dans une situation inversée (les Français assiégeaient alors les Anglais), les bouches inutiles sont expulsées. Mais les Anglais refoulent les malheureux qui errent et meurent par centaines entre les lignes ennemies. Le 19 janvier 1419 enfin, la ville capitule et ouvre ses portes à Henri V. Jean Juvenal des Ursins, contemporain de ces événements, rapporte sobrement : " Le siege fut longuement devant Rouen, ne jamais ne l'eussent eu sinon par famine, car il y avoit vaillantes gens tenans le party du duc de Bourgongne ; mais la famine fut si merveilleuse et si grande, qu'ils furent contraints de se mettre en obeyssance du roy d'Angleterre, car d'un costé et d'autre ils n'eurent aucun secours. Le dix-neuviesme jour de janvier le roy d'Angleterre entra à Rouen. "

Jeanne au bûcher :

Par l'un de ces revirements dont l'histoire à le secret, Rouen redevient donc possession des lointains descendants de Guillaume le Conquérant et des Plantagenêts. Lorsque les Bourguignons de Jean de Luxembourg s'emparent de Jeanne d'Arc devant Compiègne (23 mai 1430), ils la vendent aux Anglais pour la somme de 10 000 livres tournois. Ceux-ci la transfèrent à Rouen et l'y enferment, la menacent de la torture au château du Bouvreuil et la jugent dans le palais épiscopal. D'abord condamnée à l'emprisonnement à vie, cette peine est commuée en peine de mort après que la jeune fille ait été jugée relapse. La Pucelle est brûlée vive le 30 mai 1431.

La ville reste sous domination anglaise jusqu'en 1449, date à laquelle les armées victorieuses de Charles VII pénètrent dans son enceinte. Le procès en réhabilitation de Jeanne d'Arc s'ouvre à Notre-Dame de Paris le 7 novembre 1453. La sentence prononcée en 1431 est symboliquement annulée dans le palais épiscopal de Rouen le 7 juillet 1456.

La destinée de Rouen se confond désormais définitivement avec celle de la France. Après une longue ère de prospérité, elle connaît à nouveau les affres du pillage durant les guerres de Religions (1562). Elle vit encore des heures terribles pendant la Seconde Guerre Mondiale. Bombardée puis occupée en juin 1940, elle subit un déluge de feu au cours de l'année 1944. La cathédrale est alors très endommagée, mais la majeure partie de son patrimoine architectural reste épargnée. Libérée le 30 août 1944, elle devient le 11e port US.

La grande tempête de décembre 1999 fait tomber l'un des clochetons de la flèche vertigineuse. Il s'abat sur les toitures du chœur et les transpercent, provoquant d'importants dégâts sur les stalles, aujourd'hui heureusement réparés.



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