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Arènes de Nîmes - Amphithéâtre de Nîmes, Ier siècle apr. J.-C.


Textes et photos ©

Fondation :
  • Fin du Ier siècle apr. J.-C.
Sous le règne de :
  • Domitien (81-96), Nerva (96-98) et Trajan (98-117)
Grandes dates :
  • 569 : Les troupes du roi Mérovingien Gontran assiègent la ville.
  • 673 : Sédition du comte Paul. Le roi wisigoth Wamba se rend maître de la forteresse des Arènes.
  • 725 : Prise de Nîmes par les Arabes.
  • 754 : La ville et sa forteresse aux mains de Pépin le Bref.
  • IXe siècle : Mention du « Castrum Arenae », le château de l'Arène.
  • XIIe siècle : Début de l'ère des chevaliers des Arènes (Milites castri Arenarum).
  • 1226 : Près de cent chevaliers occupent les Arènes.
  • Vers 1390 : Le château des Arènes est abandonné. Début de l'occupation par la population peu après.
  • 1786 : Rachat des maisons qui occupent l'amphithéâtre par la municipalité.
  • 1839 : L'amphithéâtre retrouve sa vocation première de lieu de spectacle.
Principal intérêt :
  • Les amphithéâtres de cette ampleur et en un semblable état de conservation sont particulièrement rares en France, et même en Europe. Après deux millénaires d'existence, les galeries de circulation, les couloirs, les gradins, sont demeurés parfaitement fonctionnels. L'immensité de l'ensemble est stupéfiante et la promenade dans les entrailles du colosse saisissante.
Statut :
  • Classé Monument Historique en 1840. Propriété de la commune.
Bibliographie :
  • J. Granier, « Nimes ».- Monaco : Ajax, 2010.

Plan de 1809 du « quartier des Arènes ». En rose, les maisons abattues et en gris clair, celles dont la destruction est programmée. En gris foncé, les maisons qui seront détruites ultérieurement.

Nemausus est d'abord un oppidum celtique, ville principale des Volques Arécomiques (Volcae Arecomici) bâtie au sommet du mont Cavalier, l'une des sept collines bordant la plaine de la Vistrenque. Il y a là une précieuse fontaine à laquelle est vouée un culte. Les pentes du mont Cavalier sont de nos jours occupées par le magnifique jardin de la Fontaine et coiffées par la Tour Magne.

Nîmes entre, avec toute la Narbonnaise, dans l'orbite romaine autour de 120 av. J.-C. Les historiens ont longtemps estimé que l'empereur Auguste lui avait octroyé le statut très prisé de colonie romaine. Mais l'exhumation de monnaies antérieures à son avènement (27 av. J.-C.), frappées de l'inscription « NEM COL » (Nemausus Colonia), laissent penser qu'il s'agit d'un privilège plus ancien. La ville descend alors de la colline et s'épanouit dans la plaine. Elle est entourée d'une enceinte urbaine de 6 000 m, scandée de près de 80 tours et percée de plusieurs portes, dont deux seulement subsistent. La plus grande et la mieux conservée est la porte Auguste, située à l'est du centre ville. Grâce à une inscription, elle a été datée des alentours de 15 av. J.-C.

La ville en pleine croissance se dote à la fin du premier siècle de l'ère chrétienne d'un amphithéâtre capable de contenir jusqu'à 24 000 spectateurs. Il sert essentiellement pour les combats de gladiateurs ou les chasses d'animaux, divertissements sanglants particulièrement prisés par le public. Durant la très lente agonie de l'Empire, ces spectacles passent de mode. Dans toute la Gaule, les monuments de ce type sont démantelés à compter de la fin du IIIe siècle, notamment afin de récupérer les matériaux et de les utiliser pour construire une enceinte urbaine. Il n'y a pas à Nîmes de phénomène similaire et il semble que l'amphithéâtre soit très tôt transformé en forteresse.

Au VIe siècle, Nîmes est sous la domination des Wisigoths et l'amphithéâtre une énorme forteresse. Au moins les arcades du niveau inférieur ont été obstruées. Il est assiégé en 569 par les troupes du roi mérovingien Gontran, puis en 673 par le roi Wisigoth Wamba. Ce dernier lutte alors contre le duc Paul, qui souhaite la sécession de la Septimanie. La forteresse tombe le 1er septembre 673. Après une période de domination arabe, l'amphithéâtre devient le siège du pouvoir carolingien local.

Dépendants des comtes de Toulouse au XIIe siècle, les vicomtes de Nîmes s'installent dans les « Arènes ». C'est le temps des légendaires et turbulents « chevaliers des Arènes », qui ne s'achève que vers 1390. Désormais abandonnés par la noblesse, les lieux sont colonisés par le peuple et un quartier d'habitation y voit le jour. Il compte jusqu'à 600 habitants au XVIIe siècle. Il faut attendre 1786 pour que la municipalité rachète les maisons et commence à les détruire. En 1839, l'amphithéâtre est rendu à sa destination première : le spectacle. De nos jours « Les Arènes » sont le cadre de très nombreux concerts et de manifestations taurines. Elles ne sont d'ailleurs pas sans rappeler la cruauté des spectacles antiques...




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