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Château de Blois, XIIIe, XVIe, XVIIe siècle.


Textes et photos ©

Fondation :
  • Avant 584 pour la ville. Avant 854 pour le castrum.
Sous le règne de :
  • Charles II le Chauve (840-877) pour le castrum.
Grandes dates :
  • 584 : les gens de Blois alliés à ceux d'Orléans, combattent les habitants coalisés de Châteaudun et Chartres.
  • 854 : le castrum est détruit par les Vikings.
  • 10e siècle : Début de cent années de luttes incessantes entre les comtes de Blois et ceux d'Anjou.
  • 1044 : le comte d'Anjou Geoffroi Martel bat définitivement son rival blésois.
  • XIIIe siècle : construction de la Salle des Etats.
  • Après 1498 : Le roi Louis XII entame la construction d'une nouvelle aile.
  • Après 1515 : François Ier poursuit les travaux à Blois. Création de l'escalier.
  • 1588 : Réunion des Etats Généraux à Blois dans la Salle des Etats. Assassinat du duc de Guise.
  • 1626 : Gaston d'Orléans, frère de Louis XIII, reçoit le comté de Blois et effectue de nombreux travaux au château.
Principal intérêt :
  • La Salle des Etats, la chapelle et l'escalier François Ier sont sans doute les éléments emblématiques du château. Mais la richesse sculpturale de l'aile Louis XII, les collections de peintures sont également particulièrement intéressantes.
Statut :
  • Classé Monument Historique en 1840. Propriété publique.
Bibliographie :
  • Pas de référence pour le moment.

L'historien Grégoire de Tours (VIe siècle) rapporte qu'après la mort du roi Chilpéric Ier (584), les habitants de Blois alliés à ceux d'Orléans entrèrent en conflit avec les populations de Châteaudun et de Chartres. Il y eut, semble-t-il, quantité de sang versé de part et d'autre avant que l'affaire ne s'apaisât sous l'égide des comtes locaux (alors simples fonctionnaires royaux).

En 835, l'empereur Louis le Pieux remit le comté de Blois à un nommé Guillaume. " Blisum Castrum " (Le château de Blois) fut ravagé par les Vikings en 854, puis confié par Charles le Chauve (841-877) à la garde de Robert le Fort (mort en 866), ancêtre des Capétiens. La forteresse, sans doute reconstruite, passa au début du Xe siècle à Thibault l'Ancien, vicomte de Tours. Son fils aîné et successeur, Thibault le Tricheur, sut par cautèle et coups d'épée, accroître substantiellement l'héritage paternel. A sa mort, en 977, il était maître des comtés de Blois, Tours, Chartres, Provins et de la vicomté de Châteaudun. Son petit-fils, Eudes II, récupéra en prime la Champagne (1018) : les comtes de Blois figurèrent désormais dans le cercle fermé des plus grands seigneurs de France.

Anjou et Blois se livrèrent une guerre terrible pendant près d'un demi siècle. Geoffroi II Martel (Anjou) triompha finalement de Thibault III (Blois-Champagne) en 1044. La Touraine bascula alors définitivement dans le camp angevin.

Le comte Etienne-Henri (mort en 1102) épousa l'une des filles du duc de Normandie et roi d'Angleterre, Guillaume le Conquérant. Le fils cadet de ce couple, Etienne, profita de la mort du roi d'Angleterre Henri Beauclerc (1135) pour s'emparer de la Normandie et de l'Angleterre au nez et à la barbe de Mathilde l'Emperesse, héritière légitime du feu souverain. Avec son mari, Geoffroi Plantagenêt, comte d'Anjou, celle-ci entreprit la conquête de la Normandie (totalement effective en 1144). Etienne de Blois mourut sans héritier en 1154 et la couronne anglaise échut au fils de Geoffroi et Mathilde : Henri Plantagenêt.

La lignée des comtes de Blois, privée de la Champagne depuis la mort de Thibault IV (1151), devint ensuite une alliée précieuse des rois de France qu'elle avait tant combattus auparavant. Son dernier descendant, Gui II de Blois-Châtillon, sans postérité, vendit Blois à Louis d'Orléans, frère de Charles VI (1392). Louis fut assassiné en 1407 à Paris. Son fils, Charles d'Orléans, connut l'infortune à la bataille d'Azincourt (1415) et passa 25 ans de captivité en Angleterre. Il composa à cette époque nombre de poèmes exprimant sa détresse et sa mélancolie.
De retour au pays (1440), il se tint relativement à l'écart de toute action politique (à l'exception du complot des princes en 1441) et constitua à Blois le centre d'une vie culturelle et intellectuelle florissante. Il initia un concours de poésie connu sous le nom de " Concours de Blois ". François Villon s'y illustra.

Son fils, Louis d'Orléans, succéda sur le trône de France au roi Charles VIII (1498). Il en épousa même la veuve, la belle Anne de Bretagne. Louis XII et Anne firent de Blois l'un de leurs séjours favoris, embellirent et agrandirent le château. Les travaux furent poursuivis sous François Ier. Claude de France, sa femme, y mourut en 1524.

Mais l'épisode le plus fameux survenu entre les murs du château de Blois fut bien entendu l'assassinat du duc de Guise (1588), sur ordre du roi Henri III (1574-1589). Henri avait réuni un peu contraint et forcé une première fois les Etats Généraux dans la grande salle du château, dernier vestige de la forteresse du XIIIe siècle, en 1576. Il s'agissait de débattre sur l'interdiction de la religion réformée. Le chef du parti catholique intégriste (la Ligue) n'était autre que Henri de Guise, dit le Balafré. On réclama l'élimination du protestantisme : le roi fit la sourde oreille. Mais Henri III se vit à nouveau obligé de convoquer les Etats en 1588. Il décida cette fois d'éliminer son dangereux rival, l'attira dans ses appartements et le laissa massacrer par ses sicaires. Devant le corps inanimé de son ennemi, le roi se serait exclamé : " Mon Dieu qu'il est grand. Il est plus grand mort que vivant. " Henri III subira le même sort quelques mois plus tard.

Le comté de Blois fut alloué par Louis XIII à son frère Gaston d'Orléans en 1626. C'est ce prince remuant qui loua les services de l'architecte Masart afin d'ajouter une aile classique au château.




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