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Château d'Arques-la-Bataille, XIIe, XVe siècle.


Textes et photos ©

Fondation :
  • Sans doute durant la minorité de Guillaume le Conquérant, entre1037 et 1047, par le comte Guillaume, comte de Talou.
Sous le règne de :
  • Henri Ier (1031-1060).
Grandes dates :
  • Vers 1052 : Guillaume le Conquérant parvient à implanter une garnison dans la forteresse éponyme de son oncle Guillaume d'Arques.
  • 1053 : Guillaume d'Arques entre en rébellion ouverte contre son suzerain. Guillaume le Conquérant assiège la place un an durant.
  • 1123 : Le roi-duc Henri Beauclerc fait édifier le gros donjon quadrangulaire.
  • 1204 : Conquête de la Normandie par le roi de France Philippe Auguste. Arques est la dernière place entre les mains de Jean Sans Terre.
  • 1367 : Charles V y effectue de nombreuses transformations.
  • 1419-1420 : Le roi d'Angleterre Henri V reprend le château.
  • 1449 : Arques revient dans l'orbite de la couronne de France.
  • 1472 : Le duc de Bourgogne Charles le Téméraire dévaste la forteresse.
  • 1589 : Henri IV repousse sous les murs du château une armée de 30 000 Ligueurs (parti catholique).
  • 1735 : Le château n'est plus qu'une simple carrière de pierre.
Principal intérêt :
  • L'énorme fossé creusé à main d'homme dans le socle de l'éperon rocheux atteint des dimensions exceptionnelles. Le donjon quadrangulaire est un jalon type du début du XIIe siècle. Le bastion de la fin du XVe siècle est un bon exemple de l'adaptation d'une place pluriséculaire à l'usage des armes à feu.
Statut :
  • Classé Monument Historique en 1875. Propriété de l'Etat.
Bibliographie :
  • Pas de référence pour le moment.

Profitant de la minorité du duc de Normandie Guillaume II le Conquérant (1035-1087), le comte Guillaume de Talou (ancienne région située au nord du Pays de Caux), fils du défunt duc de Normandie Richard II (996-1026) et donc oncle du jeune duc, érigea à Arques sans doute peu après 1037, une énorme forteresse de pierre au sommet d'un éperon rocheux. En 1040, ce Guillaume d'Arques était tellement sûr de son indépendance qu'il n'hésitait pas à s'intituler " comte par la grâce de Dieu ", remettant ainsi directement en cause le lien vassalique qui le subordonnait à son neveu. Probablement en 1052, Guillaume le Conquérant reprit la main et imposa, conformément au droit féodal normand, la présence d'une garnison à ses ordres derrière les murailles. Mais Guillaume d'Arques parvint à circonvenir les hommes du duc dès 1053 et se rendit derechef seul maître de la place. Guillaume le Conquérant réagit promptement en venant l'y assiéger et obtint sa reddition un an plus tard, après l'avoir réduit à la famine (1054).

Le château joua un rôle important dans la lutte que se livrèrent les trois fils et héritiers de Guillaume le Conquérant. Ce fut finalement le plus jeune, Henri Beauclerc (1100-1035), qui l'emporta. Il fit construire à Arques vers 1123 un gros donjon quadrangulaire à contreforts. Il était coutumier du fait et avait notamment procédé de même à Caen, Domfront et Falaise.

A chaque fléchissement de l'autorité ducale, Arques se trouva propulsé sur le devant de la scène. Durant la crise qui opposa Etienne de Blois à Geoffroi Plantagenêt (1135-1144), elle fut encore l'objet d'âpres disputes. De même entre 1194 et 1199, Richard Cœur de Lion et Philippe Auguste ne cessèrent de s'affronter pour sa possession. Lors de la conquête de la Normandie par Philippe Auguste en 1204, il fut le dernier château aux mains de Jean Sans Terre.

La Guerre de Cent Ans ne l'épargna pas davantage. Charles V y effectua des aménagements conséquents à partir de 1367. Pris par les armées du roi d'Angleterre Henri V en 1419-1420, Jeanne d'Arc y fit une étape sur la route qui la mena comme prisonnière de Compiègne à Rouen (1430). Arques ne revint définitivement à la couronne de France qu'après la prise de Rouen par Charles VII et la reddition de Somerset (1449).

Le vieux château n'en avait pas pour autant fini avec la guerre. Le duc de Bourgogne Charles le Téméraire le dévasta en 1472. Un corps avancé formant bastion fut érigé peu avant 1500. Chassé par les Protestants de Dieppe, le duc de Bouillon s'y réfugia en 1569. Mais c'est en 1589 que la place reçut son nom d'Arques-la-Bataille. Le roi Henri IV et ses troupes, solidement retranchés autour de la forteresse, y repoussèrent une armée de 30 000 Catholiques.

Vint alors le temps de la déchéance. Le château fut abandonné par les militaires en 1668 et Louis XIV le déclassa en 1708. Dès 1735, il n'était plus qu'une simple carrière de pierres. Vendu comme bien national en 1792, l'Etat en réalisa l'acquisition en 1860. Il fut classé Monument Historique en 1865.




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